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Le calvaire Henry rappelle celui de Deschamps : "Ça aurait pu bousiller sa carrière d'entraîneur"

Le calvaire Henry rappelle celui de Deschamps : "Ça aurait pu bousiller sa carrière d'entraîneur"

Le 11/11/2018 à 09:31Mis à jour Le 11/11/2018 à 20:34

LIGUE 1 - Entraîneur depuis cinq rencontres (trois défaites et deux nuls), Thierry Henry vit un cauchemar pour ses débuts avec l'AS Monaco. L'ancien attaquant peut se réconforter en pensant à Didier Deschamps, autre champion du monde 1998 qui a vécu la même galère lors de sa première expérience sur un banc avec Monaco. Même si, pour Jean Petit, cela n’a rien à voir.

Thierry Henry vit un calvaire. Les matches s'enchaînent et les revers s'accumulent. Mardi, il a même touché le fond. Il a vu son club enregistrer la plus lourde défaite de son histoire à domicile en Ligue des champions en s'inclinant face à Bruges (0-4). Les doutes sont de plus en plus nombreux. Sur l'avenir de Monaco. Et sur la capacité de Thierry Henry à redresser la barre. Logique. On parle d'un jeune entraîneur, qui découvre le métier. Le passé pousserait cependant à garder espoir.

Un exemple exige même à ne pas le condamner trop vite. Il faut remonter au début du 21e siècle. Et se pencher sur la situation d'un certain Didier Deschamps. Le sélectionneur des Bleus a lui aussi débuté son aventure dans le monde des entraîneurs sur le banc de l'AS Monaco, une saison après un titre de champion de France. Et comme Henry, ses premiers pas se sont transformés en un long supplice. Les cinq premiers matches de Didier Deschamps sur le banc monégasque ? Trois défaites cinglantes, deux nuls et surtout zéro victoire. Ça ne vous rappelle rien ?

Le désarroi de Thierry Henry

Le désarroi de Thierry HenryGetty Images

" Ça a été une année calvaire au jour le jour"

Après avoir connu le même bilan que DD pour ses cinq premiers matches, il faut souhaiter à Henry de vivre une carrière aussi belle que son illustre prédécesseur. Mais pour le bien de Monaco, il ne faudrait pas que son année se calque sur la saison 2001-2002 de Deschamps. Car sa première année n'a pas été de tout repos. Et c'est un doux euphémisme de le dire. Entre un conflit avec certains joueurs (Marco Simone notamment), la présence un peu trop pesante de Jean-Louis Campora - le président monégasque -, Deschamps a été gâté pour son premier exercice, terminé à la 15e place, à quelques points de la relégation.

"Ça a été une année calvaire au jour le jour. Il a presque eu à faire à un complot contre lui. Ça aurait pu bousiller sa carrière d'entraîneur de débuter comme ça", se souvient Jean Petit. Devenu l'adjoint de Didier Deschamps trois mois après le début de la saison 2001-2002, il se rappelle d'ailleurs que DD a dû écarter au final des "gros calibres". "Les mêmes qui voulaient déjà la peau de Claude Puel la saison du titre et qui l'avaient fait sauter l'année d'après". "Didier aurait pu se décourager. Mais c'est un battant et il voulait réussir", assure encore Jean Petit, figure historique de l'ASM.

Didier Deschamps et Jean Petit à Monaco en 2004

Didier Deschamps et Jean Petit à Monaco en 2004Getty Images

En 2001-2002, "l'équipe avait de l'expérience et nous savions que nous n'allions pas descendre"

Pour sa première expérience, Henry, qui n'a jamais joué le maintien et ne connait plus les spécificités d'une L1 quittée en 1999, peut se rassurer en repensant aux débuts de son ancien coéquipier. Jusqu'à s'en inspirer ? "Le contexte n'est pas le même, prévient Jean Petit. Didier commence la saison. Alors que quand Thierry arrive, il joue à Strasbourg trois jours après et enchaîne ensuite à Bruges."

Thierry Henry a en effet récupéré une formation qui était déjà dans une belle galère alors que Deschamps avait été nommé en juillet 2001, avant le coup d'envoi de la saison. Si DD avait aussi des stars dans son groupe (Marcelo Gallardo, Marco Simone, Oliver Bierhoff, Shabani Nonda…), les soucis ne sont pas identiques. Henry doit par exemple gérer la C1 et de nombreuses blessures.

Pour Jean Petit, l'histoire ne bégaie d’ailleurs clairement pas. "La différence, c'est que l'année où Didier arrive, il y a peut-être une mauvaise ambiance, des clans… mais l'équipe avait de l'expérience et nous savions que nous n'allions pas descendre", note l'ancien milieu de terrain de l'AS Monaco, témoin privilégié de l'ASM. En clair, Henry, débarqué sur le Rocher avec un staff qui découvre la L1, est face à un sacré défi. A lui de transformer ce calvaire en expérience enrichissante. Comme l'a si bien fait Didier Deschamps.

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