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Fichage ethnique : Maracineanu "consternée", la LICRA saisit la justice

Maracineanu "consternée", la LICRA saisit la justice
Par Eurosport

Le 08/11/2018 à 19:59Mis à jour Le 08/11/2018 à 22:08

FOOTBALL LEAKS - Après les révélations de Mediapart de la mise en place d'un fichage ethnique pour la détection de jeunes talents, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, ainsi que la LICRA ont vivement réagi à celles-ci.

Roxana Maracineanu et la LICRA n'ont que peu apprécié les nouvelles révélations des Football Leaks relayés ce jour par Mediapart. En effet, la ministre des sports a exprimé sa "consternation" jeudi après la révélation de pratiques de fichage ethnique dans le recrutement du PSG et a demandé à la Fédération française de football (FFF) et à la Ligue (LFP) "d'examiner ce dossier". "Si ces faits de discrimination sont avérés, ils sont passibles de sanctions disciplinaires voire pénales. On ne peut pas tolérer que des personnes soient identifiées, recrutées selon leur couleur de peau ou leur origine", a affirmé la ministre.

Selon un nouveau dossier des "Football Leaks", des recruteurs du PSG ont fiché ethniquement des jeunes joueurs scrutés par le club, avec les mentions "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain". Dans une déclaration, Roxana Maracineanu explique avoir "demandé au président de la Fédération française de football", Noël Le Graët, "ainsi qu'à la présidente de la Ligue de football professionnel (LFP)", Nathalie Boy de la Tour "d'examiner ce dossier dans les plus brefs délais et plus largement, de faire des recommandations pour changer les mentalités et combattre ce type de comportements sur et hors des terrains de sport". "L'Etat se réserve la possibilité de donner toutes suites utiles à cette affaire", a-t-elle conclu. "En France, collecter ou traiter des données à caractère personnel faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques des personnes est interdit par la loi, et un délit passible de cinq ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende", a rappelé de son côté la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa.

" "Nous ne pouvons pas en rester là et les responsabilités doivent être établies""

Même son de cloche de la part de la LICRA. L'association de lutte contre le racisme et l'antisémitisme en France a ainsi fait savoir qu'elle saisissait la justice puisque le PSG "a reconnu l'existence au sein de son centre de recrutement de fichiers 'illégaux' sur une base ethnique".

Le PSG a confirmé officiellement dans l'après-midi "que des formulaires avec des contenus illégaux ont été utilisés entre 2013 et 2018 par la cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France". Le club a dénoncé une "initiative personnelle du responsable de ce département". Soit, Marc Westerloppe, ciblé par Mediapart et parti cette année au club de Rennes.

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