Après la tempête médiatique, les premières sanctions ? L'ex-responsable de la cellule nationale de recrutement du centre de formation Marc Westerloppe, celui de la cellule Ile-de-France Pierre Reynaud, l'ancien directeur sportif adjoint Olivier Létang ainsi que le directeur général délégué Jean-Claude Blanc, vont connaître mardi le verdict de l'instruction menée par l'organe disciplinaire du foot pro français après les révélations sur des pratiques de fichage ethnique.

Si d'éventuelles sanctions - il n'y a pas de barème type prévu dans ce genre d'affaire - sont prononcées sur le volet éthique et sportif, le club parisien n'en aura toutefois pas fini. Le PSG est sous le coup d'une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris il y a deux mois, notamment pour des soupçons de "discrimination fondée sur l'origine, l'ethnie ou la nationalité". Les investigations portent également sur des faits présumés de "traitement de données à caractère personnel sans autorisation", "enregistrement ou conservation de données personnelles faisant apparaître directement ou indirectement les origines raciales ou ethniques" et "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite".

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"Français", "Maghrébin", "Antillais"

Le 8 novembre, un collectif de médias européens, dont Mediapart et Envoyé Spécial en France, a révélé que de 2013 au printemps 2018, la cellule de recrutement du PSG avait mentionné des critères ethniques dans ses fiches d'évaluation de jeunes joueurs. Ceux-ci étaient classés comme "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain".

Après ces révélations, la Ligue des droits de l'homme (LDH) avait porté plainte contre X pour "discrimination" et pour "collecte et traitement de données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques". Le PSG avait plaidé pour sa défense que le fichage ethnique en son sein avait été le fruit d'une "initiative personnelle du responsable" de la "cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France", dirigée à l'époque par Marc Westerloppe, parti en début d'année civile au Stade Rennais (où Letang est aujourd'hui président).

Mais le quotidien L'Equipe a produit un document selon lequel des critères ethniques apparaissent aussi sur des fiches de la cellule Ile-de-France. Dans la foulée des révélations, le PSG avait déclenché une enquête interne dont les conclusions ont été présentées au ministère des Sports. Le club avait conclu qu'il n'y avait "pas eu de cas avéré de discrimination", malgré l'existence d'un fichage ethnique, et annoncé "des mesures visant à renforcer les pratiques éthiques" en son sein.

Antero Henrique et Nasser Al-Khelaifi

Crédit: Getty Images

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