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La Ligue 1 rattrapée par le mouvement des "gilets jaunes"

La Ligue 1 rattrapée par le mouvement des "gilets jaunes"
Par AFP

Le 04/12/2018 à 21:35Mis à jour Le 04/12/2018 à 21:36

LIGUE 1 - La crise des "gilets jaunes" s'invite dans les stades du championnat de France, après le report des rencontres de samedi entre Paris et Montpellier, et Toulouse et Lyon, demandé par les autorités et annoncé mardi par la LFP. Une décision justifiée par des questions de sécurité.

Le football y avait globalement échappé jusqu'ici. Mais il a lui aussi été rattrapé par le mouvement des gilets jaunes, qui a entraîné les reports des rencontres prévues samedi entre le PSG et Montpellier et Toulouse et Lyon, pour le compte de la 17e journée de Ligue 1. Dans ses deux communiqués successifs, la LFP n'a pas livré le motif des reports. Mais la décision a été prise "à la demande de la Préfecture de police" pour PSG-Montpellier et "de la Préfecture de Haute-Garonne" pour Toulouse-Lyon, a-t-elle pris soin de préciser.

Paris a été le cadre samedi dernier de multiples incidents liés aux manifestations des "gilets jaunes", et des appels à une quatrième journée de protestation samedi prochain dans la capitale circulent. "Afin de pouvoir mobiliser l'ensemble des forces à sa disposition sur les services d'ordre en lien direct avec les éventuelles manifestations revendicatives qui se dérouleront sur Paris le samedi 8 décembre, la préfecture de Police a obtenu, avec le plein accord de la Ligue de Football Professionnel et du club du Paris-Saint Germain, le report de la rencontre prévue initialement ce samedi à 16 heures au Parc des Princes entre les équipes du Paris-Saint-Germain et du Montpellier HSC", a indiqué à l'AFP la préfecture de police de la capitale mardi soir.

Arc de Triomphe tagué et saccagé, grilles du jardin des Tuileries arrachées, véhicules incendiés, magasins pillés... Les violences du week-end dernier ont également largement concerné le XVIe arrondissement, celui du Parc des Princes. Des échauffourées ont aussi eu lieu à Toulouse, où un manifestant a été grièvement blessé samedi par un tir de flash-ball, selon les pompiers.

Jusqu'à présent, le football français avait été relativement épargné par la crise sociale qui agite le pays depuis plusieurs semaines. Seul événement notable: le bus du FC Nantes a été immobilisé par des "gilets jaunes", dans la nuit de vendredi à samedi, alors que les joueurs et le staff des Canaris se dirigeaient vers l'aéroport d'Andrézieux-Bouthéon (Loire) après un match perdu à Saint-Étienne (3-0). "Nous avons discuté avec le coach nantais qui a accepté de faire descendre les joueurs du bus. Nous avons discuté avec eux et fait quelques photos, avant de les laisser rentrer dans l'aéroport", a déclaré à l'AFP une manifestante.

Avant la C1

Dans les stades français, des marques de soutien aux "gilets jaunes" ont parfois été aperçues, comme au Vélodrome où le groupe de supporters marseillais des South Winners a déployé une banderole "Winners avec le peuple", dimanche lors de la réception de Reims. Mais la tenue de rencontres, du moins au niveau national, n'avait pas été remise en cause avant mardi.

Les Winners ont affiché leur soutien aux gilets jaunes lors de Marseille-Reims

Les Winners ont affiché leur soutien aux gilets jaunes lors de Marseille-ReimsGetty Images

Au-delà de l'évidente dimension politique du dossier, le report des deux rencontres entraîne des conséquences sportives pour Paris et Lyon, contraints de revoir leur calendrier à une semaine de matches couperet en Ligue des champions. Le PSG se rend mardi à Belgrade pour affronter l'Etoile Rouge, tandis que Lyon ira défier mercredi le Shakthar Donetsk, également dans un match déterminant pour l'accession aux huitièmes de finale de C1. "C'est une situation nouvelle qu'il faudra gérer. Notre défi sera de trouver un bon plan pour s'entraîner et se reposer, afin d'être en top forme à Belgrade. On accepte cela, pour moi la sécurité est le plus important", a réagi l'entraîneur parisien Thomas Tuchel.

Equité sportive

Le club de la capitale est contraint de disputer son dernier match de préparation dès mercredi à Strasbourg, pour le compte de la 16e journée de L1. De son côté, Lyon devra peaufiner ses automatismes contre Rennes à domicile, également mercredi. "Il faut être factuel et s'incliner devant la force des événements. C'est un peu comme Kharkiv et la loi martiale (qui a justifié une délocalisation du match que doit disputer l'OL en Ligue des champions le 12 décembre). Là, ce sont les +gilets jaunes+ et Toulouse. On va faire face et s'adapter", a réagi le président de l'OL, Jean-Michel Aulas.

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