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Et tant pis pour l'émotion

Et tant pis pour l'émotion

Le 22/04/2019 à 16:05Mis à jour Le 22/04/2019 à 18:34

LIGUE 1 – Le huitième sacre du PSG est tout sauf une surprise. A force de se creuser, l'écart entre le champion de France et la concurrence ne cesse de dévaluer la Ligue 1 et de la vider de sa raison d'être : l'émotion.

Il n'y a plus de saison. Mais là, le réchauffement climatique n’y est pour rien. Un champion de France couronné à peine la mi-avril passée, cela devient tout doucement une habitude. Si la course au titre en Ligue 1 a perdu tout son sel dès ce 21 avril, c'est d'abord et avant tout à cause d'un déséquilibre profond qui rend tout suspense caduc dès le mois d'août. Le PSG est champion de France depuis cette date dans les faits. Après dix journées, il comptait déjà 8 points d'avance sur son dauphin lillois. Autant dire que l'affaire était entendue depuis bien longtemps. Il faut saluer la constance et le sérieux avec lequel les hommes de Thomas Tuchel ont marché sur la L1, ne surtout pas les banaliser, mais ce fossé immense qui se creuse entre eux et les autres ne rend service à personne.

Ni au PSG, qui souffre du manque de compétitivité dans l'Hexagone dès qu'il s'agit de sortir de ses frontières, ni aux autres pour lesquels le titre de champion n'est même plus une illusion, ni à une compétition privée de sa substantifique moelle. Saison après saison, la Ligue 1 perd une bonne partie de sa raison d'être. En même temps que le PSG remplit les stades, il vide de sens le championnat.

Kylian Mbappé (PSG)

Kylian Mbappé (PSG)Getty Images

Pas de souvenirs

Le nœud du problème : l'absence d'émotion. Ses titres sont devenus des formalités. Il n'y a rien de pire. Personne ne vibre face à l'évidence et sans incertitude, la compétition perd sa raison d'être. Que retiendra-t-on de cette saison parisienne en L1 ? Le quadruplé éclair de Mbappé face à l'OL (en 13 minutes). Et sinon ? Pas de pic de fièvre, tout est attendu, programmé. Si elle ne fabrique plus de souvenirs, que lègue aujourd’hui la L1 hormis une course à deux vitesses qui essouffle notre intérêt pour elle ?

Faut-il blâmer le PSG ? Sûrement pas. Son évolution n'est que la conséquence d'une vague de fond qui a submergé l'Europe. La concentration des forces est un mal qui ronge en profondeur le vieux Continent. Elle offre une Ligue des champions passionnante et des championnats nationaux redondants, en France, en Italie et, le plus souvent en Allemagne, sauf rares exceptions. Seules la Premier League, et dans une moindre mesure, la Liga ont conservé plusieurs équipes capables de se battre pour le titre. Il n'est d’ailleurs pas certain que le sacre de la Juve ait soulevé plus d'enthousiasme en Italie que celui du PSG en France.

Vidéo - Malgré le titre, est-ce la pire saison du PSG version QSI ?

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La défaillance des adversaires

Les adversaires du PSG ont aussi leur part de responsabilité. Et notamment l'irrégularité qui les plombe saison après saison. Depuis que le PSG a remporté son premier titre de champion avec QSI, Lyon compte en moyenne 21 points de retard sur lui, Marseille 25 et Monaco, quand il n'est pas champion, 23. L'OL est capable de perdre contre n'importe qui, le projet de l'OM n'a de "Champions" que le nom et Monaco a, depuis bien longtemps désormais, fait du sportif la conséquence de ses choix économiques. Et non l'inverse.

Kylian Mbappé et Marco Verratti lors de OM-PSG / Ligue 1

Kylian Mbappé et Marco Verratti lors de OM-PSG / Ligue 1Getty Images

Quand une équipe parvient par miracle à lui chiper un sacre, l'ASM en 2017, elle choisit de capitaliser sur son titre en vendant ses joueurs au top de leur valeur marchande plutôt qu'en entretenant la dynamique sportive. Et ça, Paris n'y est pour rien. Pour le reste, le PSG version QSI a terminé champion avec, en moyenne, 16 points d'avance sur son dauphin et jamais moins de 8. Il n'y a donc jamais de suspense. Au contraire de Lyon, l'autre grand club français du XXIe siècle, qui a gagné ses trois premiers titres avec un, deux et trois points d'avance sur ses premiers adversaires. Avec Paris, la concurrence n'existe plus. Et les fins de saison n'ont jamais été aussi longues.

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