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Ligue 1 - Bordeaux : Ricardo, place à la cuvée 2018

Ricardo, place à la cuvée 2018
Par AFP

Le 16/09/2018 à 00:07Mis à jour Le 16/09/2018 à 00:09

LIGUE 1 - Onze ans plus tard, le revoilà ! Depuis une semaine, le Brésilien Ricardo a ressorti son survêtement de manager général de Bordeaux (19e) et retrouvé "sa maison et ses habitudes" en qualité, pour l'heure, d'observateur du chantier girondin.

Sa démarche a beau être claudicante, séquelle de son deuxième accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2011, son oeil, lui, capte tout et son aura rassure par les temps qui courent au Haillan. Oublié son loquace et dynamique prédécesseur uruguayen Gustavo Poyet, l'ancien défenseur du PSG privilégie la prise de pouls et le partage des tâches, avec des rôles bien définis.

Comme lors de son premier passage entre 2005 et 2007, "il a toujours ce côté piquant", souligne son ami Éric Bedouet, l'entraîneur principal, en poste à l'époque et resté en contact téléphonique régulier avec le Brésilien depuis son départ.

"Il sort des petits mots qui sont justes et interpellent, poursuit Bedouet. Il l'a fait déjà en arrivant au club devant les joueurs, c'est quelque chose que j'avais perdu, moi, je n'avais plus ce repère-là. Il met le doigt juste où ça peut faire mal. C'est bien, c'est marrant, c'est son humour". Mais le sérieux, le travail soigné et l'organisation, ses marques de fabrique, ne sont jamais loin.

Tel un buvard

Les séances sont animées par Pierre Espagnol, technicien formateur à la voix qui porte. Bedouet, préposé à toutes les conférences de presse officielles de l'équipe, supervise le physique et quelques exercices. Car le Brésilien ne possède ni le diplôme, ni l'équivalence, ni de dérogation pour être entraîneur malgré ses 278 matches dirigés à la tête de différentes équipes de L1 entre 1996 et 2009.

FOOTBALL Former Monaco and Bordeaux coach Ricardo Gomes

FOOTBALL Former Monaco and Bordeaux coach Ricardo GomesAFP

Quant à Patrick Colleter, revenu dans les bagages de Ricardo, il s'occupe des ballons et du matériel. Ce staff, auquel il faut adjoindre deux kinés de terrain déjà là à l'époque, a profité de la trêve internationale pour prendre ses marques. Idéal pour se familiariser avec son nouveau groupe, éreinté par la campagne européenne estivale et qui n'a gagné qu'un match en quatre journées de L1.

Ricardo a emmagasiné beaucoup d'infos, regardé beaucoup de vidéos de cet effectif qu'il connaît peu, hormis ses compatriotes Otavio et Pablo, et le Tchèque Jaroslav Plasil qu'il a eu quatre matches sous ses ordres à Monaco lors de l'été 2007. Jeudi, lors du seul entraînement à huis clos organisé depuis sa nomination, il s'est montré beaucoup plus présent et actif. "Il a effectué des retouches, a arrêté le jeu si une séquence ou une situation ne lui plaît pas", témoigne le Guinéen François Kamano, unique buteur de l'équipe en L1 et fin prêt pour la réception de Nîmes dimanche.

Redistribution des cartes

Ce premier rendez-vous, Ricardo l'attend de pied ferme, comme les supporteurs restés sur l'image d'un coach catalogué comme défensif même s'il a été à l'origine des succès de son successeur Laurent Blanc. "C'est quelqu'un qui base son équipe sur une défense très solide et je partage les mêmes points de vue", rappelle simplement Bedouet. "On ne peut pas construire quelque chose si derrière, ça ne tient pas la route, et ce même si on a du talent devant. C'est comme quand on construit une maison, on fait les fondations, on met les murs et on procède par ordre. Une équipe, c'est pareil".

Au niveau des joueurs, Ricardo arrive sans idée préconçue, car "un technicien doit s'adapter à son groupe, il ne faut pas être rigide sur ce plan", dixit Bedouet. Les oubliés du début de saison pourraient profiter d'une éventuelle redistribution des cartes, qui plus est avec la Ligue Europa en plus au programme d'ici Noël.

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