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Payet, capitaine à la dérive

Payet, capitaine à la dérive

Le 21/12/2018 à 22:12Mis à jour Le 21/12/2018 à 22:17

LIGUE 1 - A l’image de l’Olympique de Marseille depuis le début de la saison, Dimitri Payet n’est plus que l’ombre de lui-même. Le capitaine de l’OM traverse une période creuse, très creuse, et ne semble plus capable de mobiliser ses coéquipiers sur le terrain. Les Olympiens vont pourtant devoir se ressaisir à tout prix, samedi face à Angers (21h).

Ohé ohé capitaine abandonné. Tout comme l’Olympique de Marseille, Dimitri Payet n’y est plus du tout. Le milieu offensif est très loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant la Coupe du monde, qu’il a manquée de très peu à cause d’une blessure. Mais surtout, le Réunionnais semble être atteint d’un blues difficilement définissable.

Impuissant

Et cela se voit sur le terrain, Payet (quatre buts, cinq passes décisives) ne brille plus et ne parvient plus, par un coup franc ou une passe, à mettre ses coéquipiers dans de bonnes dispositions pour faire la différence. Ni à les remotiver. Le capitaine olympien est en plein doute, à l’image du penalty et du tir au but ratés contre Strasbourg en Coupe de la Ligue, mercredi (1-1, 2 t.a.b à 4). Trois penalties ratés depuis le début de la saison, la statistique est inquiétante pour l’ancien pensionnaire de West Ham, pourtant spécialiste de l'exercice.

Thilo Kehrer et Dimitri Payet

Thilo Kehrer et Dimitri PayetGetty Images

Surtout, son discours, qui ressemble beaucoup à celui de Rudi Garcia, semble avoir de moins en moins de résonance, que ce soit avec ses coéquipiers ou avec les supporters. Le milieu offensif a pris pour lui la responsabilité de l’élimination en coupe, mais difficile de ne pointer du doigt qu'un seul joueur. Payet est conscient que son club traverse une phase difficile mais, loin de se montrer inquiet, il affirmait après la défaite contre Strasbourg avoir “connu pire depuis [qu’il est] à Marseille”.

Malgré tout, le Réunionnais ne parvient pas à mettre de mots sur le mal qui ronge l’OM : “On a quelque chose en moins par rapport à la saison dernière, a-t-il concédé vendredi en conférence de presse. Je n’ai pas vraiment de mots pour l’expliquer.

Le mal de Payet, les maux de l'OM

La perte de confiance du capitaine est symptomatique du naufrage de l’équipe. Steve Mandanda, en petite forme, ne parvient plus à rattraper les erreurs d’une défense boiteuse. Luiz Gustavo, régulateur supposé du milieu marseillais, n'est que l'ombre du patron qu'il était l'an passé… Mis à part Florian Thauvin (onze buts, deux passes décisives), les tauliers de la saison 2017-18 sont loin d’avoir le même niveau et c’est toute l’équipe qui en pâtit.

Vidéo - De Garcia à Mandanda : les chiffres qui illustrent le naufrage des cadres de l'OM

03:47

Le club traverse une véritable crise : huit défaites en onze matches, une campagne européenne désastreuse, mais, plus que les résultats, ce qui inquiète vraiment c’est le niveau et le jeu proposés par Garcia et ses joueurs, peu importe le système utilisé.

Même les adversaires de l’OM se sont bien rendus compte des difficultés des Phocéens. Thierry Laurey, l’entraîneur strasbourgeois s’étonnait mercredi : “On sent un manque de confiance, ils ont raté des gestes techniques faciles alors que ce sont des joueurs de haut niveau.

Les recrues estivales, presque exclusivement choisies par Garcia, Strootman, Caleta-Car et Radonjic, n’ont toujours pas fait leurs preuves et restent très peu utilisées. Les explications données par l’entraîneur marseillais vendredi sont pour le moins bancales : “Les trois recrues sont de nationalité étrangère. On doit leur laisser du temps pour s'adapter, au niveau du jeu, de la langue.”

Strootman Limassol-Marseille

Strootman Limassol-MarseilleGetty Images

Dysfonctionnements

Pour le moment, et en apparence, Garcia, qui vient d’être prolongé, a le soutien de son vestiaire : “Évidemment que je suis toujours avec le coach” s’est agacé Adil Rami mercredi. Le discours est le même pour Payet, et même pour la direction, malgré le bilan désastreux : “Bien sûr qu’il n’est pas menacé”, assure une source proche du club à l’AFP. Et lorsque l’on sait que son licenciement et celui de son staff coûterait entre 10 et 15 millions d’euros…

La solution ? Payet n’en voit qu’une seule : “Dans ces moments difficiles, la seule réponse qu’on peut avoir se trouve dans le travail. Il faut corriger ce qu’on fait mal et bonifier ce qu’on fait bien.” Si possible dès samedi contre Angers, histoire de retrouver un peu le sourire avant la trêve.

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