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Possession, jeunesse, Mourinho : Villas-Boas à l’OM, vraiment une bonne pioche ?

Possession, jeunesse, Mourinho : Villas-Boas à l’OM, vraiment une bonne pioche ?

Le 28/05/2019 à 09:41Mis à jour Le 28/05/2019 à 19:38

LIGUE 1 - André Villas-Boas est le nouvel entraîneur de l’Olympique de Marseille. Le Portugais ne semble pourtant pas remplir toutes les cases du tacticien idéal pour le club phocéen.

Les dirigeants marseillais ont été rapides. C'est désormais officiel, André Villas-Boas est le nouvel entraîneur de l'Olympique de Marseille. Le Portugais tenait la pole position auprès d'Andoni Zubizarreta, le directeur sportif, qui avait fait de sa venue une priorité. Difficile de comprendre la logique des dirigeants marseillais derrière ce possible recrutement, AVB n’ayant pas entraîné un club du Big Five depuis sept ans.

  • The Special Two, vraiment ?

Villas-Boas a fait ses gammes auprès d’un entraîneur de choix, José Mourinho. A Porto, où il était en charge des U19, mais aussi à Chelsea de 2004 à 2008 puis à l’Inter, il devient l’assistant de “The Special One”. Les deux hommes ont un parcours très similaire, ce qui lui vaut ce surnom de “The Special Two”.

Andre Villas Boas and Jose Mourinho (Reuters)

Andre Villas Boas and Jose Mourinho (Reuters)Eurosport

"Je sais que la comparaison [avec Mourinho, NDLR] va me suivre toute ma vie”, regrettait-il en 2011. Malheureusement pour lui, elle va le suivre, et sera même détournée... en "The Special rien du tout". Il réalise une année 2010 exceptionnelle à la tête de Porto en faisant le quadruplé Supercoupe-championnat-coupe-Ligue Europa… comme le “Mou” en 2004 à deux détails près : Mourinho n’avait pas remporté la Supercoupe mais la Ligue des champions. Ses expériences à Chelsea (2011-12) et Tottenham (2012-2013), sont entachées de crises dans le vestiaire, de résultats décevants et d’évictions prématurées.

Il renoue avec les résultats en s’exilant à l’Est, en Russie. En mars 2014, il rejoint le Zenit Saint-Petersbourg. Mais ses bons résultats en Première ligue russe (une troisième place en 2015-2016) ne lui permettent pas de devenir incontournable en Europe. En compétitions européennes, son équipe ne décolle pas : il est reversé en Ligue Europa en 2014-2015, et est éliminé en 8es de Ligue des champions en 2015-2016. Son expérience en Chine avec le Shanghai SPIG est aussi une petite réussite (2e du championnat), mais toujours pas assez significative pour les grands championnats européens.

Selon Alexander Netherton, journaliste pour l’édition britannique d’Eurosport, les résultats mitigés de Villas-Boas restent à relativiser : "Ses méthodes ont été efficaces au Portugal et en Russie qui ne sont pas des championnats faciles où exercer. Le seul endroit où il a vraiment dû lutter, c’était à Chelsea, où les joueurs avaient un pouvoir considérable."

Andre Villas-Boas

Andre Villas-BoasGetty Images

  • Quel jeu ?

Voilà qui ne devrait pas déplaire aux supporters de l’Olympique de Marseille : Villas-Boas semble partisan d’un jeu qui se porte vers l’avant et qui presse beaucoup. "Vous devez provoquer [les adversaires] balle au pied, les forcer à s’avancer, à venir sur les côtés, et ouvrir des espaces. Mais peu d’équipes font ça. Je ne comprends pas, d’ailleurs. Il faut utiliser le ballon comme une carotte", confiait-il en 2009 dans le cadre d’une thèse, reprise en 2011 par The Telegraph.

Une certaine idée du jeu qui ressemble à celle d’un certain Marcelo Bielsa. Et qui ne passe pas forcément par la possession de balle : "Il ne faut pas nécessairement dominer pour gagner. (...) Certes, le contrôle du ballon est devenu la référence pour les équipes de haut niveau, mais c’est arrivé parce qu’elles ont des joueurs de bien meilleure qualité que les autres équipes, et qu’il serait idiot de ne pas tirer partie de ces qualités individuelles." Son style de jeu s’est démarqué par le nombre de buts marqués, mais aussi le nombre de buts encaissés (65 buts marqués, 46 encaissés avec Chelsea, 66 marqués, 46 encaissés avec Tottenham). Un jeu physiquement "très exigeant et qui demande énormément de concentration, mais c’est une approche qui a été efficace", précise Alexander Netherton.

Andre Villas Boas

Andre Villas BoasGetty Images

  • Un atout pour la jeunesse, mais un effectif à reconstruire de A à Z

Sa connaissance et sa gestion des jeunes joueurs peuvent être un véritable atout du côté de la Canebière. Dès Porto, le Portugais a fait le pari de la jeunesse. A Chelsea, il a également utilisé certains jeunes comme Romelu Lukaku mais son péché a sûrement été de ne pas parvenir à faire la transition avec les plus vieux.

Dans le Sud de la France, Villas-Boas va avoir l’occasion d’entraîner des jeunes joueurs, certes, mais il ne les aura pas choisis - ou presque. Les finances de l’OM sont au plus bas et difficile - sauf en cas de grosse vente - d’imaginer le club recruter de jeunes pépites. Et c’est là où ça peut coincer selon Sergio Pocas, journaliste portugais pour A Bola : "Je pense qu’”AVB” comprend très bien le jeu, mais qu’il a besoin d’un gros investissement pour que ça fonctionne."

Premier League Tottenham Villas BOAS 2013

Premier League Tottenham Villas BOAS 2013Panoramic

Il y a également un paramètre non négligeable à prendre également en compte à Marseille : l’effectif va être profondément renouvelé. Florian Thauvin, Dimitri Payet, Luiz Gustavo, Steve Mandanda... autant de noms et de joueurs qui pourraient s’en aller dès cet été. Le Portugais a auparavant eu la chance de jouer avec des effectifs déjà construits, avec des tauliers, comme Didier Drogba ou John Terry à Chelsea, ce qui ne sera peut-être pas le cas à Marseille.

Pour notre collègue d’Eurosport, repartir de zéro pourrait être une bonne chose pour AVB… à une seule condition : "S’il parvient à travailler avec les dirigeants et le propriétaire pour faire venir des joueurs en qui il a confiance, ou dont le style de jeu lui correspond, ça peut fonctionner." Une analyse confirmée par Vincent Tanguy, journaliste pour Footballski, qui évoque l'exemple du Zenit Saint-Petersbourg : "Il a été chercher des joueurs assez coûteux comme Hulk ou Witsel qui lui ont permis de s’affirmer rapidement. Il n'est pas sûr qu’il retrouve ça à l’OM qui n’a pas prévu de faire des folies. (...) C’est la première fois qu’il sera confronté à ça car même en Chine il pouvait s’appuyer sur des joueurs comme Oscar ou Elkesson."

  • Prêt à baisser son salaire ?

Villas-Boas est le genre d’entraîneur à ne pas faire de cadeau d’ordre financier. Le tacticien, sans club depuis décembre 2017 et son départ du Shanghai SIPG, touchait entre 12 et 15 millions d’euros par an en Chine, et 8,5 millions d’euros au Zenith Saint-Petersburg.

Des sommes que l’Olympique de Marseille n’est clairement pas en mesure d’aligner, d’autant plus que le club doit payer son divorce avec Rudi Garcia, estimé entre 10 et 15 millions d’euros. L’ancien entraîneur du LOSC touchait environ 4 millions d’euros bruts annuels. Selon France Football, le salaire de Villas-Boas devrait avoisiner les 600 000€ mensuels.

Sur le papier, AVB pourrait être l'entraîneur idéal, en pratique, difficile de se faire un avis sur un tacticien qui n'a pas officié dans le Big Five depuis plus de sept ans. L’été s’annonce chaud sur tous les points pour l’Olympique de Marseille qui va devoir, après le chantier de l’entraîneur, s’occuper de celui de ses joueurs, alors que l’incertitude règne sur ses capacités à acheter.

Frank McCourt, propriétaire de l'OM, et son président Jacques-Henri Eyraud

Frank McCourt, propriétaire de l'OM, et son président Jacques-Henri EyraudGetty Images

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