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Garcia, une saison en enfer et six péchés capitaux

Garcia, une saison en enfer et six péchés capitaux

Le 22/05/2019 à 16:49Mis à jour Le 22/05/2019 à 18:26

LIGUE 1 - Rudi Garcia et l'OM, c'est désormais terminé. Le technicien, qui a annoncé son départ à la fin de la saison après deux années et demi de services, a fini par payer la saison catastrophique de l'Olympique de Marseille, au cours de laquelle sa responsabilité a presque toujours été engagée.

Rudi Garcia n'ira pas au terme de son contrat. Mais il ira au bout de la saison puisque son départ, officialisé ce mercredi par le club olympien, ne sera effectif qu'au lendemain de la 38e et dernière journée de Ligue 1. C'est peut-être une forme d'exploit : tout au long d'un exercice où l'Olympique de Marseille a empilé les désillusions, le technicien de 55 ans, lui, a cumulé les erreurs.

De juin à août 2018 : Au mercato, le pouvoir de se tromper

L'entraîneur a peut-être perdu le fil de sa saison avant même qu'elle ne débute. Conforté par l'exercice précédent, bouclé par une finale de Ligue Europa, l'entraîneur phocéen garde la main sur le mercato marseillais. Il réclame Duje Caleta-Car, recruté à prix d'or – 19 millions d'euros – et privilégie Kevin Strootman, qu'il a côtoyé à la Roma, à Valentin Rongier, qu'Andoni Zubizarreta lui propose.

Andoni Zubizarreta, Mario Balotelli et Jacques-Henri Eyraud

Andoni Zubizarreta, Mario Balotelli et Jacques-Henri EyraudGetty Images

Plus tard, France Football révèlera qu'il n'avait pas validé, non plus, les profils de Moussa Dembélé ou Wahbi Khazri, soumis par le directeur sportif pour compenser l'échec des négociations menant à Mario Balotelli. Sportivement, les conséquences sont importantes : Caleta-Car tarde à trouver ses marques, Strootman ne s'impose pas et l'absence de buteur pèse lourd en première partie de saison.

D'août à septembre 2018 : L'erreur de ne pas croire en la jeunesse

Au cœur d'une moitié d'exercice morose, Garcia refuse de faire un choix difficile. Et ne mise pas sur la jeunesse. Parfois inquiétant, comme à Monaco (2-3) où il est coupable sur les deux buts encaissés, Adil Rami n'est pas remis en cause. Dans la hiérarchie des défenseurs, Luiz Gustavo reste le deuxième homme jusqu'à la claque reçue à Lille (3-0), fin septembre. Boubacar Kamara, pourtant auteur de prestations convaincantes la saison dernière, n'est installé qu'à cette période.

Vidéo - 27e j. - Garcia : "Kamara et Ćaleta-Car, une association d'avenir"

01:00

Inquiétant durant sa période d'adaptation, Caleta-Car se contente de la Ligue Europa et doit patienter jusqu'au début de l'année civile pour enfin bénéficier d'une nouvelle chance. Barré par Strootman puis Luiz Gustavo, Maxime Lopez est relancé fin octobre. Les trois jeunes joueurs seront finalement les indéboulonnables de la meilleure série de l'OM, entre février et mars.

Novembre 2018 : La perte du vestiaire

Garcia paie ses choix estivaux sur le terrain. Et dans le vestiaire. Il accorde une confiance aveugle à Strootman, dont les performances ne sont pourtant pas étincelantes. L'automne de l'OM est catastrophique, notamment en Ligue Europa, et crée des tensions dans l'effectif.

Kevin Strootman

Kevin StrootmanGetty Images

Le milieu de terrain néerlandais les cristallise : fin novembre, L'Equipe assure que certains joueurs "jalousent" son immunité et, plus encore, son salaire, qui en a fait l'un des membres les mieux rémunérés de l'effectif. Le groupe est fissuré. Après ces révélations, Marseille enchaîne neuf matches sans victoire, toutes compétitions confondues.

De février à mai 2019 : L'abandon des cadres

L'année civile ne marque pas de renouveau. Elle débute par cinq défaites en six matches toutes compétitions et pousse Rudi Garcia à taper du poing sur la table. Luiz Gustavo, Strootman et Payet rejoignent Rami sur le banc. Le coach phocéen tente de les piquer. "J'espère que tous ces joueurs sont frustrés et qu'ils ont envie de démontrer que je me trompe et que leurs places sont dans le onze de départ".

Vidéo - Garcia : "Que certains joueurs me poussent à les faire jouer"

01:18

Sans eux, Marseille enchaîne six matches sans défaite. Mais l'électrochoc n'a pas lieu : Payet semble démobilisé voire frustré, Rami plombe les siens lors d'un match crucial contre Angers, où l'OM mène (2-0) avant d'être rejoint au score, et Strootman reste intermittent. L'équipe replonge et désormais, Garcia n'a plus de relais dans le vestiaire.

D'août 2018 à mai 2019 : Les tergiversations tactiques…

Garcia cherche, teste… et hésite. Entre une défense perméable, un milieu de terrain inconstant et une attaque dépendante de Thauvin puis de Balotelli, le technicien phocéen ne parvient pas à dessiner un onze stable.

Ce jusqu'à la réception de Lyon, lors de la 36eme journée de Ligue 1, où il opte pour… une 41e composition de départ différente, en 44 sorties toutes compétitions confondues. Sans fondation, Marseille manque de caractère et de fond de jeu et finit par le payer au classement, au point d'être bouté hors de la course aux places européennes.

… et l'absence de remise en question

Des tonnes d'explications. Mais aucune ne l'impliquant. De la première défaite de l'OM à Nîmes (3-1), où il juge son équipe "mauvaise comme rarement" aux erreurs d'arbitrage qu'il n'a cessé de pointer tout au long de la saison, Rudi Garcia trouve toujours des excuses.

Vidéo - Comment la communication désastreuse de Garcia a fragilisé l’OM

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Prolongé en novembre, l'ancien coach de la Roma n'évoque jamais la moindre remise en question de ses choix ou de sa méthode, et finit par se mettre certains joueurs à dos, comme Thauvin, qu'il pointe comme l'un des responsables de la défaite face à Lille, en janvier, après son exclusion. Les supporters sont les premiers à réclamer son départ. Ils finissent par l'obtenir.

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