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PSG-Guingamp : Di Maria, le coup de barre ?

Di Maria, le coup de barre ?

Le 18/01/2019 à 23:32Mis à jour Le 19/01/2019 à 15:05

LIGUE 1 - Irrésistible en début de saison, Angel Di Maria n'a plus marqué depuis près de trois mois avec le PSG, qui retrouve Guingamp samedi (17h00) lors de la 21e journée. Très sollicité par son entraîneur Thomas Tuchel, l'Argentin semble à la recherche d'un second souffle alors que se profilent les échéances les plus importantes de la saison pour les Parisiens.

Il commence à remonter mais Paris ne l'a pas oublié. C'était le 24 octobre dernier. Paris était sur le point de s'incliner devant Naples, de concéder une deuxième défaite en trois journées de phase de poules de Ligue des champions, et de voir son avenir européen s'obscurcir considérablement. La lumière a jailli d'un éclair d'Angel Di Maria. Au bout du temps additionnel, l'Argentin avait offert un point inespéré aux Parisiens (2-2). El Fideo ne savait pas encore qu'il venait de changer le destin de son équipe en C1. Il ne savait pas non plus que, près de trois mois plus tard, il serait encore dans l'attente de son prochain but.

Une telle période de disette était difficile à prévoir pour l'ancien Madrilène. Si un mot décrivait bien son année 2018, c'était le mot "décisif". Contre Naples, il avait inscrit son 24e but de l'année civile sous le maillot du PSG. En ajoutant ses 12 passes décisives, Di Maria était directement impliqué sur 36 buts du club de la capitale, toutes compétitions confondues. Neymar, Kylian Mbappé ou Edinson Cavani n'affichaient pas le même niveau statistique que l'Argentin. Il était le joueur le plus décisif du PSG. Mais ce constat ne s'impose plus aujourd'hui.

Deux passes décisives en deux mois et demi

Sur la lancée de son but face à Naples, Di Maria avait bien bouclé son mois d'octobre en signant deux nouvelles passes décisives à Amiens (5-0) avant d'envoyer Kylian Mbappé ouvrir la marque contre Marseille au Vélodrome (0-2) une semaine plus tard. Depuis, il y a bien eu un coup franc magnifiquement botté sur le crâne de Marquinhos à Belgrade (1-4) en Ligue des champions, puis un caviar servi à Cavani à Orléans en Coupe de la Ligue (1-2). Mais avec seulement deux passes décisives en deux mois et demi, ce n'est pas le rendement auquel Di Maria avait habitué le PSG en 2018.

Edinson Cavani et Angel Di Maria lors de Amiens - PSG en Ligue 1 le 12 janvier 2019

Edinson Cavani et Angel Di Maria lors de Amiens - PSG en Ligue 1 le 12 janvier 2019Getty Images

Le phénomène n'est pas anodin. Di Maria est réputé pour son jeu à risques. Il ne fait pas toujours les choix les plus simples et tente souvent des choses très difficiles. Ce qui entraîne fatalement un déchet important. L'Argentin perd un nombre important de ballons par match. Face à Naples, avant ce but capital, il avait perdu 18 ballons… Il a souvent rattrapé ce défaut par sa faculté à être décisif. Mais quand il ne parvient plus à l'être, comme c'est le cas ces dernières semaines, son apport est plus discutable même si les statistiques ne disent pas tout des différences qu'il peut faire dans le jeu.

Un temps de jeu énorme

Cela n'a pas empêché Tuchel de lui maintenir sa confiance. C'est peu de dire que l'Allemand apprécie énormément le profil de Di Maria. Il a d'ailleurs été déterminant dans la volonté de l'Argentin de rester au club l'été dernier, puis de signer une prolongation de contrat à la fin du mois d'octobre, jusqu'en 2021. "Il est venu me voir à Barcelone quand j'étais avec la sélection argentine et il m'a simplement dit qu'il souhaitait que je reste, qu'il n'y avait pas d'autre option", a d'ailleurs confié Di Maria dans une interview accordée à France Bleu cette semaine.

Vidéo - Di Maria sur sa prolongation : "Tuchel a été important dans ma décision"

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Cette confiance se voit dans le temps de jeu accordé à l'ancien Madrilène. Avec un total de 1944 minutes disputées depuis le début de la saison, Di Maria est le troisième joueur le plus utilisé par l'entraîneur parisien. Seuls Thiago Silva (2019 minutes) et Marquinhos (1961 minutes) ont eu un temps de jeu supérieur au sien, toutes compétitions confondues. L'Argentin n'a manqué que deux matches cette saison, celui face à Strasbourg (1-1) et contre Pontivy (0-4) en Coupe de France. Di Maria est extrêmement sollicité, ce qui peut expliquer sa baisse de régime ces derniers temps.

Les dommages collatéraux

Si Tuchel utilise autant Di Maria, c'est parce qu'il mise beaucoup sur le carré d'as que compose l'Argentin avec Cavani, Neymar et Mbappé en attaque. C'est aussi parce qu'il n'a pas trop le choix. La pénurie de milieux dans l'effectif parisien a ses dommages collatéraux. Elle notamment conduit le technicien allemand à installer Julian Draxler dans une position de milieu de terrain. Tuchel n'a plus vraiment la possibilité d'utiliser l'ancien joueur de Wolfsburg en attaque pour faire souffler un joueur comme Di Maria.

Le seul qui tienne vraiment ce rôle de doublure dans le secteur offensif du PSG, c'est Moussa Diaby. Le jeune Parisien a d'ailleurs su tirer profit de ce rôle en signant des statistiques remarquables (3 buts, 6 passes décisive) en 16 apparitions. Tuchel est aussi amené à l'utiliser quand il doit faire face à une défection en attaque. Mais si Neymar, Mbappé et Cavani ont manqué des matches pour des raisons diverses (blessures ou suspensions), Di Maria les a quasiment tous disputés. S'il s'agit bien d'un coup de barre pour l'Argentin, il est légitime.

Di Maria Xeka PSG-Lille

Di Maria Xeka PSG-LilleGetty Images

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