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5 mars 2006, le jour où Pape Diouf s’est mis Marseille dans la poche

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Pape Diouf au Vélodrome en 2006

Crédit: Getty Images

ParMaxime Dupuis
01/04/2020 à 08:22 | Mis à jour 01/04/2020 à 22:26
@maximedupuis

Pape Diouf est mort mardi, terrassé par le coronavirus. Aux commandes de l’OM entre 2005 et 2009, il avait signé le premier gros coup de sa présidence en mars 2006 quand il avait décidé d’envoyer une équipe de minots au Parc pour un désaccord en raison de l’allocation des places visiteurs. Ce jour-là, les jeunes avaient tenu le PSG en respect (0-0), Diouf réussi son pari et Marseille avait adoré.

Pape Diouf était un homme de mots, qui maniait la langue comme peu d'autres. Pape Diouf était aussi un homme de parole, qui se tenait à ce qu'il disait. Et n'avait pas peur de faire des paris. Christophe Hutteau, qui l'a bien connu alors qu'il gérait la carrière de Mathieu Valbuena, nous l'a rappelé mardi, quelques minutes après l'annonce du décès de l'ancien président de l'Olympique de Marseille. Djibril Cissé, par un tweet, a aussi évoqué cette facette du regretté.

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La carrière phocéenne de Pape Diouf aura duré quatre ans. Ce qui est à la fois une éternité dans un club soumis aux turbulences comme l'Olympique de Marseille, et trop court, tant l'ancien journaliste de La Marseillaise avait replacé l'OM au centre de l'échiquier du football français, jusqu'à le mettre en orbite vers un premier titre depuis dix-sept ans.

On ne s'amuse pas avec la vie des gens

Avec Bernard Tapie, il est l'un des rares présidents de l'Olympique de Marseille à avoir gardé un lien charnel avec le public phocéen et une cote de popularité certaine. Ce n'est pas en raison de son palmarès, puisqu'il n'a jamais pu savourer l'accomplissement ultime. Mais en raison de son attachement à la ville, au club, de ses compétences mais, aussi, d'un épisode qui marqua le début de sa présidence. Et l'érigea en homme fort de l'OM.

Le 5 mars 2006, l'Olympique de Marseille a rendez-vous avec le Paris Saint-Germain au Parc des Princes. C'est la première fois de la présidence Diouf que l'OM se rend en terre parisienne. Quelque chose chiffonne l'ancien agent : il voulait 2000 places pour ses supporters. Le PSG n'accède pas à sa requête. Et décide d'en vendre une partie à ses supporters. Si bien que les fans de l'OM qui doivent se rendre au Parc sont partis pour se retrouver avec des supporters parisiens au-dessus de leur tête. Dans le contexte très tendu de l'époque entre supporters des deux camps, c'est inconcevable. Il dit non. José Anigo lui souffle alors une idée pour éviter le boycott.

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"L'équipe première de Marseille ne viendra pas à Paris. Nous voulons démontrer, aussi bien aux dirigeants du PSG qu'aux instances du football, que nous étions contre leurs décisions. Que vaut le sport devant de potentiels drames humains ? Nous ne sommes pas des guignols. On ne s'amuse pas avec la vie des gens", annonce Diouf dans la semaine qui précède le match. Une position qui semble difficilement tenable et qui parait inimaginable en 2020.

Tout le monde croit au bluff. Et personne ne prend tellement au sérieux une menace qui priverait la L1 de sa plus belle affiche et mettrait potentiellement l'OM (5e de L1) en position de prendre une sérieuse raclée au Parc et pourrait même voir le rival lui passer devant au classement. Osé. Et pourtant, malgré les pressions de la Ligue de Football Professionnel, de Canal Plus, ou encore les injonctions de Jean-François Lamour, qui demande aux deux clubs, "surtout l'OM" de s'engager "dans la voie de la sagesse", Diouf reste droit dans ses bottes.

Le vendredi, c'est décidé. C'est même confirmé dans l'émission Téléfoot le dimanche matin. A 17 heures, ce n'est pas l'équipe première de l'OM qui lancera les hostilités mais une formation constituée de minots de CFA "complétée" par quelques pros, tels que Carrasso, Delfim, Civelli, André Luis ou Gimenez. Albert Emon dirigera tout ce petit monde. Ce dimanche-là, huit joueurs disputent leur premier match en pro. Mis à part Garry Bocaly, aucun ne fera carrière. Mais jamais ils n'oublieront ce 5 mars, jour où ils ont tenu tête au PSG au Parc des Princes (0-0) dans l'un des PSG-OM les plus surréalistes de l'histoire.

Pierre Blayau, effaré par la prestation de ses joueurs, déclare : "J'ai honte de la prestation des joueurs. Au nom du club, je présente mes excuses solennelles au public du Parc des Princes." Pape Diouf, lui, jubile. Le coup de poker est un coup de maître. Sportivement et politiquement. Le président de l'OM a gagné ses lettres de noblesse et s'est mis Marseille dans la poche. Elle n'en est jamais ressortie.

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