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"A l'OL, le recours aux anciens est surtout puissant dans les moments critiques"

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Grégory Coupet réconforte Anthony Lopes sous les yeux de Bruno Genesio

Crédits Getty Images

ParCyril Morin
23/05/2020 à 08:21 | Mis à jour 24/05/2020 à 12:15
@cyrilmourinho

LIGUE 1 - Mercredi, c’est à la surprise générale que Grégory Coupet a quitté son poste d’entraîneur des gardiens à l’OL pour Dijon. L’emblématique portier quitte donc Lyon par la petite porte, à la manière d’un Florian Maurice quelques semaines plus tôt. Alors, Lyon est-il en train de perdre son âme en oubliant ses anciens ? Réponse avec Stéphane, spécialisé dans l’histoire de l’OL sur Twitter.

S’il n’est pas l’historien attitré de l’OL, il s’en rapproche fortement. Sur Twitter, Stéphane est devenu la Bible des fans du club à travers son compte, Phanou_Herko, où il distille anecdotes, photos ou vidéos du passé, prestigieux ou non, lyonnais.

Alors que le club de Jean-Michel Aulas traverse une phase de turbulences marquée par le départ de nombreux anciens du club (Grégory Coupet est l’exemple le plus récent mais il n’est pas seul, NDLR), il a accepté de revenir sur le rapport qu’entretient l’OL avec ses figures emblématiques. Interview.

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Après le départ de Coupet, on a l’impression que l’OL se coupe de ses racines en écartant des anciens. Et donc de son ADN. Est-ce quelque chose qui fait historiquement partie de la culture du club ?

Phanou Herko : Les anciens à l’OL, c’est quelque chose d’important depuis le début de l’ère Aulas. C’est un marqueur fort de sa présidence. Il a construit sa réussite en partie là-dessus. A son arrivée en 1987-1988, ce n’était pas un grand spécialiste du football professionnel, il a connu quelques expériences avec des staffs différents. Puis, il a très vite compris qu’il devait faire appel à des anciens du club, sur les conseils de Claude Bèze, notamment (l’ancien président des Girondins de Bordeaux, NDLR).

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Ça marque un tournant ?

P.H : Oui car Bernard Lacombe et Raymond Domenech arrivent au club à ce moment-là. Et beaucoup de choses s’expliquent à partir de ce choix-là. Le retour de ces anciens, "lyonno-lyonnais" qui sont nés à Lyon et ont tout connu au club, a été une vraie réussite puisqu’ils ont permis au club de renouer avec la Division 1, puis avec la Coupe d’Europe. Le tout en s’appuyant sur le centre de formation et avec un recrutement intelligent, déjà…

Bernard Lacombe et Jean-Michel Aulas - OL - Août 2015

Crédits Panoramic

On a l’impression d’un paradoxe à l’OL : le meilleur joueur de l’histoire du club a les pleins pouvoirs mais les anciens partent tour à tour ?

P.H : Je mettrais une petite nuance quand même. Le rapport aux anciens depuis l’arrivée d’Aulas à l’OL est surtout puissant dans les moments critiques du club. Quand on regarde de près les moments de gloire de l’OL dans les années 2000, il n’y a pas tant d’anciens qui gravitent dans l’organigramme du club, à part Lacombe. Pour les entraîneurs, on ne fait par exemple pas appel à eux. C’est un réflexe de l’ère Aulas, surtout dans la difficulté comme aux débuts des années 2010 avec la construction du nouveau stade où il y avait moins de réussite sportive ou financière. C’est à ce moment-là qu’on se tourne vraiment vers les anciens.

Mais la situation actuelle semble correspondre à un temps faible sans pour autant que ce réflexe ne revienne…

P.H : C’est vrai qu’actuellement, c’est moins lisible. On n’arrive pas bien à savoir si on rejette le retour des anciens pour se tourner vers plus de compétence et moins d’identité. Ou s’il s’agit d’une confusion issue d’une saison particulière à tous les points de vue. Le retour de Juninho a été largement salué, on a pensé très vite que cela allait aboutir à une révolution, que le président lâcherait une vraie part de pouvoir à son directeur sportif mais on a eu du mal à mesurer la réalité de ce pouvoir-là.

Mais où est passé Juninho ?

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Si Lyon se tourne vers ses anciens dans les moments de difficulté, ça voudrait dire que Lyon envisage la suite sereinement non ?

P.H : Ça peut apparaître comme quelque chose de rassurant parce qu’à chaque fois qu’on s’est tourné vers l’extérieur, le club allait un peu mieux. Donc peut-être que c’est simplement ça. Mais, personnellement, j’ai encore un petit doute avec une gouvernance un peu floue. Il faut dire que c’est nouveau de penser à l’après-Aulas. Je connais l’histoire de l’OL, mais j’ai du mal à comprendre le présent.

On a quand même l’impression qu’à Lyon, plus qu’ailleurs, les anciens sont toujours plus intégrés et réellement influents ?

P.H : C’est une identité du club, c’est vraiment très marqué à Lyon. Je pense que cela s’explique par deux raisons. A sa naissance, l’OL est un club fragile. Il a été fondé par quelques Lyonnais mais l’histoire du foot pro à Lyon au début du XXe siècle est très compliquée. Donc au plus profond des racines du club, il y a cette volonté de s’enraciner sur le local. Le deuxième aspect, c’est l’influence sur les résultats du centre de formation. L’OL est un club formateur. Je pense que cela crée un esprit familial très fort. Bien sûr, les joueurs finissent par partir, souvent dans des plus grands clubs, mais ça crée quand même un rapport au club qui est très fort. Donc à l’OL, on fait revenir des anciens parce que ça sécurise, chacun connaît le poids du président notamment, le fonctionnement du club. Et eux-mêmes reviennent aussi un peu au bercail.

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Vous parliez formation, ça participe aussi au manque de lisibilité actuel : oui, l’OL forme encore de très bons jeunes. Mais il s’appuie beaucoup moins dessus pour son équipe-type…

P.H : Oui. C’est un mouvement qu’on avait observé aussi au début des années 2000. Le club engage moins certains jeunes dans l’équipe professionnelle et se tourne vers un recrutement malin, puis flamboyant. Mais quand vous regardez les dix ans entre 1999 et 2009, il n’y a pas tant de joueurs formés au club qui participent à cette épopée-là. En revanche, la décennie 80-90, c’est le centre de formation qui sauvé le club quand il a fallu le faire remonter en D1. C’est encore le centre de formation qui a tenu le club dans les années 2010 quand l’OL ne pouvait plus trop recruter pour construire son stade.

Ce qui a choqué certains supporters sur le cas Coupet mais de manière plus globale, c’est aussi le manque de classe de l’OL lorsqu’il dit au revoir à certains anciens…

P.H : Ça aussi, finalement, c’est quelque chose d’assez ancien à l’OL. Pas forcément avec les enfants du club. Mais, en mettant à part Juninho qui reste un cas isolé, certaines figures emblématiques ont connu des ruptures compliquées. Fleury Di Nallo, qui part avec des centaines de matches joués, ses 222 buts marqués qui est un record qui semble imbattable, quitte le club en 1974 sous les sifflets, par la petite porte, sans être retenu par ses dirigeants. Et les exemples sont nombreux, et pas forcément qu’avec Aulas. L’OL ne sait pas bien se séparer de ses anciens joueurs, de ses personnalités. Quand on voit que Armand Garrido, qui a formé les plus grands espoirs du club ces dernières années (le formateur, parti en septembre 2019, est resté 30 ans à Lyon, NDLR), a été jeté comme un malpropre…

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