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Aulas, la fausse révolution

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Jean-Michel Aulas, Rudi Garcia et Juninho

Crédits Getty Images

ParCyril Morin
15/10/2019 à 12:36 | Mis à jour 15/10/2019 à 15:46
@cyrilmourinho

LIGUE 1 - Après un été de promesses où Jean-Michel Aulas avait émis l’idée de lâcher progressivement la main, l’OL est revenu à un mode de fonctionnement bien plus connu en choisissant Rudi Garcia. Cette nomination répond davantage à un changement d’homme qu’à un changement de philosophie. Et prouve qu’à Lyon, peut-être plus qu’ailleurs, le changement n’est pas pour maintenant.

Avouons-le d’entrée : on y a cru. À Lyon, c’est un vent de nouveautés qui a soufflé en mai dernier. Dans un club longtemps resté hermétique aux bourrasques modernes, il y aurait forcément beaucoup à dire. Quatre mois et demi pour onze matches plus tard, la révolution a déjà pris fin. Sans heurt ni débordement. Simplement avec l’impression d’avoir été trompé sur la marchandise. Car dans la capitale des Gaules plus qu’ailleurs, il faut que tout change pour que rien ne change.

Rudi Garcia, nommé lundi en remplacement de Sylvinho, est probablement le tacticien le plus réputé engagé sur les bords du Rhône depuis Claude Puel. Malgré le rejet annoncé de nombreux supporters, passé marseillais oblige, l’ancien champion de France avec Lille reste l’un des meilleurs entraîneurs français actuels, capable de bien faire jouer ses équipes et d’obtenir des résultats. Rien ne dit que l’alchimie se fera. Mais le choix Garcia n'est pas de nature à tuer l'ancien mode de gouvernance lyonnaise.

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Garcia-Aulas, la guerre des mots

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Le 28 mai dernier, lors de la présentation du tandem Juninho-Sylvinho, c’est visiblement très ému que Jean-Michel Aulas annonce un changement d’ère à l’OL. Le patron depuis 1987 cédait la main : le nouveau chef à bord devenait brésilien. Surtout, il renvoyait à la période la plus dorée du club rhodanien. Que demande le peuple ?

Juninho, faux patron

Quatre mois plus tard, le retour sur terre a été brutal. Pour Juninho d’abord. Intronisé directeur sportif, il s’est fait discret. La nature a horreur du vide. Jean-Michel Aulas aussi. Dans les colonnes de L’Equipe, avant de débarquer Sylvinho "sur demande de Juni" a-t-il rappelé ce mardi, il avait admis qu’il en attendait plus de son nouveau patron. Et a repris le contrôle, presque immédiatemment.

Le choix Garcia, malgré ses déclarations, porte pourtant son sceau. Et celui de Gérard Houiller, conseiller du président. Oui, c’est Juninho qui a accueilli le nouveau coach lyonnais. Oui, le "directeur technique", selon ses termes, a eu un rôle dans la décision. Mais pas le principal. Le patron reste encore et toujours Jean-Michel Aulas. La conférence de presse de présentation de Garcia a encore été l’occasion de le vérifier. Comment Garcia a-t-il été choisi ? A l’inverse de Sylvinho, intronisé par Juninho, c’est un comité de sages qui a fait passer les entretiens. Dont Jean-Michel Aulas, évidemment. Une reprise en main légitime. Mais un choix qui fait revenir l’OL quatre mois en arrière.

Jean Michel Aulas et Juninho (Lyon) lors de Monaco - Lyon en Ligue 1 2019-2020

Crédits Getty Images

Pas du cru mais un staff connu

En choisissant un technicien français, l’OL a refermé la fenêtre censée apporter un vent nouveau. En choisissant un coach français qui devra composer avec de nombreux membres du staff déjà en place sous Genesio, il l’a même barricadée. Quelles différences entre Garcia et Genesio ? Il ne vient pas du cru lyonnais et a déjà une expérience derrière lui. Pour le reste, l’ancien coach du Mans sait à quoi s’en tenir. Il n’aura probablement jamais, à terme, la main totale sur le domaine sportif. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si "Juni" et Florian Maurice gèreront le mercato du club.

Un bien pour un mal, peut-être, au vu de son passif à l’OM. Mais un symbole tant la personnalité de Laurent Blanc, grand favori pendant un temps, et sa méthode de travail allaient à l’encontre de cette idée. L’homme fort de Lyon, celui qui l’incarne par-dessus tout ? Encore et toujours Aulas. Et pour toujours serait-on tenté d’écrire.

La courte révolution initiée cet été a donc pris fin. Dans un temps infiniment court. Et le temps, c’est de l’argent. Lyon peut donc reprendre tranquillement le chemin qu’il a tracé depuis plusieurs années. Celui d’un Arsenal des clubs français. La régularité au plus haut niveau. Mais une prise de risque impossible pour viser plus haut. Pourquoi brusquer un modèle qui rapporte des dividendes après tout ? A Lyon, comme en économie, on aime le risque de manière modérée. Quitte à ne plus en prendre du tout.

Rudi Garcia - Jean-Michel Aulas (Lyon)

Crédits Eurosport

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