C’est une exception française. Mais elle n’a pas spécialement de quoi nous rendre fiers. Elle montre surtout à quel point le football tricolore manque de maturité et d’organisation. Depuis le début de la crise du Covid-19, c’est la foire aux propositions chez les patrons de clubs.

Jean-Michel Aulas évoque une saison blanche puis se range derrière la proposition de Jean-Pierre Rivère de reprendre à la rentrée. Olivier Sadran, lui, désespère toujours de voir l’idée d’une saison blanche revenir à la mode. Et Gérard Lopez part en mission, sous l’impulsion des autres ténors du championnat mais sans l’accord de la Ligue, pour récolter des millions afin de créer un fonds de solidarité.

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23/04/2020 À 09:37

Une LFP inaudible

Qui manque-t-il dans ce panorama ? Une Ligue qui manque de résonance et surtout d’influence. Bien sûr, les communiqués de la LFP font loi, notamment celui envisageant une reprise le 17 juin. Pour le reste, c’est mystère et boule de gomme. Alors, les présidents s’en donnent à cœur joie. Une situation atypique en Europe, comme nous l’ont confirmé les versions européennes d’Eurosport.

"Ici, les présidents de clubs ne se répandent pas dans les médias, nous explique Jose-Luis Prados, journaliste à Eurosport Espagne. Javier Tebas (président de LaLiga, NDLR) et Luis Rubiales (président la fédération, NDLR) n’avaient pas été capables de s’accorder jusqu’à présent. Mais la crainte d’une crise économique dévastatrice a fini par les rassembler dans le même camp et tous les présidents de clubs suivent la ligne de la Liga".

Son de cloche similaire en Allemagne, comme nous l’explique Tom Mueller : "S’il y a des critiques, elles viennent de médecins ou de spécialistes qui estiment la reprise précipitée. Mais la Ligue (DFL) et les présidents sont sur la même page. Ces derniers sont tellement inquiets concernant la situation économique qu’ils n’envisagent pas d’aller contre la Ligue, qui va dans leur direction".

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L’Italie, cousine latine et (un peu) désunie

Si certains en Angleterre ont fait parler d’eux, comme Karren Brady (West Ham) ou Daniel Levy (Tottenham) qui ont en commun de diriger des clubs mal classés par rapport à leur budget, personne n’a songé remettre réellement en cause les décisions de la Premier League ou s’aventurer à penser à leur place. "Ici, on n’a pas de présidents ou de propriétaires qui vont dans les médias comme c’est le cas chez vous, nous renseigne Pete Sharland, d’Eurosport UK.

Finalement, il n’y a qu’en Italie, pays européen le plus touché par la crise, que les voix sont dissonantes. "La situation n'est pas si sereine et claire, nous explique Simone Pace, journaliste à Eurosport Italie, alors que la Serie A doit redémarrer entre "fin mai" et "début juin". Ces derniers jours il y a eu nombreuses déclarations opposées. Deux exemples. D’un côté, le président de la Lazio (Claudio Lotito, NDLR) insiste pour jouer et veut rapidement revenir à la normalité. De l’autre, le président de Brescia Calcio, au contraire, considérait impossible la poursuite de la Serie A jusqu'il y a quelques jours".

La différence avec la France est cependant notoire puisque l’Italie a rapidement décidé, d’une seule voix ou presque, que la reprise était une priorité. Autrement dit, les crêpages de chignon sur les potentielles hypothèses en cas de non-reprise ont vite été tués dans l’œuf. Alors que dans l’Hexagone…

Cyril MORIN, avec les rédactions européennes d'Eurosport

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