Canal+ passe à l'offensive. Relativement discrète ces dernières semaines alors qu'elle était attendue comme la bouée de sauvetage du football français après le fiasco Mediapro, la chaîne cryptée a finalement choisi le contre-pied. Dans une interview accordée à nos confrères du Figaro, le président du directoire du Groupe Canal+, Maxime Saada, a fait savoir qu'un courrier a été adressé à la LFP afin, notamment, d'encourager un nouvel appel d'offres.

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Depuis plusieurs semaines, pourtant, tout laissait penser que le diffuseur historique de la Ligue 1 finirait par s'accorder avec la Ligue afin de récupérer les droits télévisés du championnat de France, pour une somme évidemment largement inférieure aux 800 millions d'euros dépensés par Mediapro. Finalement, ce ne sera pas le cas. "Pour trois raisons", a fait savoir Maxime Saada. La première ? Canal+ est en position de force et veut le montrer. "Nous n'avons pas été traités correctement ces dernières années, a fait savoir le dirigeant. Nous n'oublions ni le report des matchs par la LFP sans concertation lors du mouvement gilets jaunes, ni l'argent supplémentaire demandé pour décaler le coup d'envoi du match du dimanche soir de 15 minutes, et encore moins les réjouissances de nombreux présidents lorsque Canal+ est rentré bredouille de l'appel d'offres de 2018."

Mediapro

Crédit: Icon Sport

J'estime que le produit L1 a été dégradé dans l'absolu

La deuxième est d'ordre juridique et la troisième, peut-être la plus importante, concerne l'aspect économique. Canal+ comme l'ensemble des observateurs ne connaissent pas la vraie valeur actuelle de la L1. Seule certitude : elle ne vaut ni le milliard ni les 800 millions d'euros évoqués par Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims. "Côté Canal+, nous pensons que la Ligue 1 est subventionnée depuis de nombreuses années, a fait savoir Maxime Saada. Aucun diffuseur n'a réussi à la rentabiliser. Ni TPS, ni Orange Sport, tous deux disparus, ni beIN Sports, ni Mediapro, ni même Canal +. La Ligue 1 est même doublement subventionnée puisqu'un club comme le PSG, qui représente incontestablement une partie substantielle de la valeur intrinsèque de la Ligue 1, investit à perte. Il n'y a qu'un moyen de matérialiser de manière objective et transparente la valeur de marché de la Ligue 1, c'est l'appel d'offres."

S'il a effectivement lieu, cet appel d'offres remettra Canal+ au cœur du jeu, alors qu'aucun autre acteur médiatique ne semble en mesure de se positionner. "J'estime que le produit L1 a été dégradé dans l'absolu", a rappelé le dirigeant, qui ne s'est d'ailleurs pas gêné pour souligner l'impact négatif provoqué par l'arrivée de Mediapro, à la fois sur les audiences mais aussi sur le piratage.

Pendant ce temps, le foot français est toujours dans l'urgence et pour l'heure, difficile de savoir où, quand et comment les spectateurs pourront regarder les matches. "Après avoir provoqué le plus grand drame de l'histoire du football français, et ne plus avoir payé aucun droit depuis le 5 août, Mediapro continue de diffuser 80% des matchs", a souligné Maxime Saada. Ce n'est pas acceptable." Et là aussi, la chaîne cryptée a un plan : "Une solution technique universelle qui permettra à tous les Français, abonnés ou non à Canal+, de suivre les matches en Pay per view (paiement à l'acte)." Un mode de diffusion très répandu aux Etats-Unis. Mais quasiment inexistant en France. Le foot français s'avance toujours plus vers l'inconnu.

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