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L'Europe va rejouer, la Ligue 1 se consoler

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Jean-Michel Aulas, le président de Lyon - 2015

Crédit: AFP

ParGlenn Ceillier
29/05/2020 à 21:39 | Mis à jour 30/05/2020 à 06:33
@GlennCeillier

LIGUE 1 – Si la Ligue 1 reste à l'arrêt pendant que les autres grands championnats vont reprendre en Europe, ces reprises sont aussi une bonne nouvelle pour les clubs français. Jean-Michel Aulas et les autres dirigeants du football français ont en effet aussi des raisons de se réjouir de voir les clubs acheteurs reprendre un peu du poil de la bête.

Jean-Michel Aulas va pouvoir trouver quelques raisons d'avoir le sourire. Certes, la Bundesliga a repris. La Premier League, la Liga et la Serie A vont en faire de même. Pendant ce temps-là, la Ligue 1 va rester à quai, au grand dam du patron de l'Olympique lyonnais. Mais la reprise des quatre championnats les plus puissants du Vieux Continent est une bonne nouvelle pour… le football français. Oui, oui. Et notamment pour la Ligue 1.

Alors bien sûr, le retour du football pro dans ces pays met encore un peu plus en exergue les maux du football français. Eux ont su trouver un consensus entre clubs, instances du foot et autorités pendant que les dirigeants des clubs hexagonaux ont été incapables de mettre leurs intérêts personnels de côté pour faire avancer la cause commune. La L1 va perdre beaucoup d'argent avec cet arrêt net (Bernard Caïazzo a encore évoqué pour nous la somme de 600 millions d'euros). Et de la visibilité aussi pendant que les autres vont retrouver la lumière des projecteurs pour faire leur publicité à travers un monde avide de sport. Cela risque d'avoir des conséquences non négligeables sur le court et long terme. Pourtant, il y a aussi de quoi un peu se réjouir un peu.

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Le foot français n'est plus à un paradoxe

Si on s'arrête juste au plan économique, voir la Bundesliga, la Serie A mais surtout la Liga et la Premier League aller au bout de leur saison n'a rien d'anodin. Ces championnats vont pouvoir ainsi récupérer leurs droits TV et renflouer un peu leurs caisses, sérieusement touchées par cette crise engendrée par la pandémie du Covid-19. Cela peut paraître paradoxal de se réjouir de voir des concurrents directs reprendre du poil de la bête mais la bonne nouvelle est pourtant bien là pour les clubs de L1.

La raison est simple. Les pensionnaires de l'élite française sont très dépendants de l'activité des transferts, devenue "une composante déterminante de l’équilibre financier des clubs mais aussi une part intégrante de leur modèle économique", comme s'en félicitait la DNCG dans son dernier rapport. Ce n'est pas pour rien que la LFP a choisi de faire la promotion de la L1, en l'appelant la "Ligue des Talents."

L'argent injecté par les autres championnats durant les fenêtres de mercato est devenu vital. Tout simplement. "Depuis une dizaine d'années, le foot français assure son équilibre par le trading de joueurs. Notamment lors des deux dernières saisons, nous confirme encore Luc Arrondel, économiste et auteur du livre L'argent du football. Si vous regardez les résultats d'exploitation ou l'excédent brut d'exploitation, ils sont globalement déficitaires mais arrivent à l'équilibre avec le trading de joueurs".

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La Ligue évite la "vraie catastrophe"

La reprise de ces quatre championnats, les quatre principaux acheteurs pour la L1 – notamment pour la Premier League -, a tout pour être une petite bouffée d'oxygène dans cette période de doute. "Quand tu es le plus gros fabricant de ciment d'Europe, tu ne peux pas espérer que tes clients à l'étranger soient à l'arrêt !", estimait ainsi début mai, Bernard Caïazzo (Saint-Etienne), président du syndicat Première Ligue regroupant la majorité des écuries de l'élite "La vraie catastrophe, ce serait que les championnats acheteurs majeurs n'aillent pas au bout. Le marché anglais, c'est un enjeu extrêmement fort. Pour que notre économie du football tienne, elle a besoin autour d'elle de championnats forts." Sa crainte devrait finalement être levée.

Quand le mercato va rouvrir, la Ligue 1 pourrait ainsi retrouver des acheteurs un peu moins touchés que ce que l'on pouvait craindre. La crise va évidemment forcément impacter le monde du mercato avec des montants des transferts qui seront moindres. C'est une certitude. Il n'y aura pas cette folie des dernières années. Mais le marché ne sera peut-être pas en "mode pause cet été", comme le craignait Jean-Michel Aulas, qui pourrait trouver quelques acheteurs pour signer des transferts aptes à renflouer un peu ses comptes. Comme quoi tout n'est pas noir.

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