Franchir un cap passe aussi par là. Et ce n'est pas le plus évident. C'est même peut-être le plus compliqué. Loin de l'envoutante atmosphère de la Ligue des champions avec sa musique qui vous transcende et des feux des projecteurs dont la chaleur vous pousse à vous sublimer, il y a le quotidien du Stade Rennais. Avec la L1 où il faut parvenir à assumer son nouveau statut d'équipe de C1 mais aussi ses nouvelles ambitions. Le plus dur est peut-être bien là.

Quelques jours après avoir vécu sa grande première dans la plus prestigieuse compétition européenne, Rennes revient ainsi sur terre avec la réception d'Angers pour le compte de la 8e journée du championnat de France. Avec tous les freins que cela peut comporter : concentration moindre, turnover imposé, fatigue physique et mentale… Mais voilà, c'est aussi ça le nouveau défi de Julien Stéphan pour cette saison 2020-21.

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Les Rennais encore frustrés
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Martin Terrier avec Rennes - 2020

Crédit: Getty Images

Au niveau de l'intensité, c'était dur

Le Stade Rennais, qui n'a pas grandi d'un seul coup, a bien sûr l'expérience de ses aventures récentes en Ligue Europa pour surmonter au mieux cette découverte de la Ligue des champions. Mais sans lui faire injure et même si le club breton a vécu des belles soirées européennes grâce à son intermédiaire (notamment contre le Bétis Séville ou Arsenal), la C3 n'a rien voir avec la C1. C'est même deux mondes totalement différents.

Si l'enchaînement des matches peut être élevé, le niveau des rencontres offre un vrai changement de braquet. "C'est vrai, au niveau de l'intensité, c'était dur", a d'ailleurs reconnu Benjamin Bourigeaud mardi soir après le nul contre Krasnodar (1-1). Ce n'est surtout pas qu'une question d'intensité ou de qualité. Il y a aussi la pression que cette compétition engendre. Les joueurs y laissent de l'influx nerveux. De l'énergie. Et forcément, cela peut se payer à un moment ou un autre.

Un marathon et des joueurs à protéger comme Camavinga….

Pour ne rien arranger, le contexte avec la crise du Covid-19 complique encore un peu plus la tâche. En trois semaines, le Stade Rennais se retrouve ainsi avec six matches, dont le FC Séville mercredi prochain mais aussi Chelsea le 4 novembre et le PSG le samedi 7 novembre…"Il va vite falloir basculer car on est engagé dans un marathon et nous ne sommes qu’au début. Il y a le championnat qui arrive très vite. On pensera au déplacement à Séville après", annonçait d'ailleurs Julien Stéphan dès mardi soir.

Le jeune coach breton connaît les dangers qui le guettent. Il va devoir trouver les mots pour que ses joueurs n'aient pas la tête ailleurs quand les matches de L1 vont arriver dans les prochaines semaines. Il va surtout essayer de parvenir à équilibrer les temps de jeu pour ne pas griller certains de ses protégés, comme par exemple Eduardo Camavinga, dont le talent et ses multiples expériences récentes réussies (L1, Bleus…) ne doivent pas faire oublier son âge (17 ans).

Avec plus de 60 millions dépensés et sept joueurs arrivés, le board rennais, conscient de tous ces enjeux, s'est activé cet été pour offrir à son entraîneur un peu plus de solutions. Et jouer vraiment sur les deux tableaux. Car la découverte de la C1 ne doit pas faire oublier aux Bretons qu'ils sont aujourd'hui attendus en L1, où ils devront assumer leur statut s'ils veulent retrouver l'odeur grisante de la Ligue des champions dans les saisons à venir.

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