C'est souvent une histoire de concours de circonstances. Pour démarrer en Ligue 1, un jeune gardien le doit autant à son talent qu'à sa bonne étoile. Dimanche, c'est parce qu'il n'avait pas le choix que Claude Puel a titularisé Etienne Green. Le Stéphanois doit ses débuts à une hécatombe au poste : Stéphane Ruffier parti, Jessy Moulin (ischios) et Stefan Bajic (cheville) sur le flanc, l'entraîneur des Verts n'avait qu'un de ses quatre gardiens professionnels (Boubacar Fall était lui en quarantaine) en état de jouer. La suite, en revanche, Green ne la doit qu'à lui seul.
Un clean sheet, un penalty stoppé, des interventions bien senties, le titre de joueur du week-end décerné par nos internautes et la victoire la plus importante de la saison (0-2, à Nîmes) pour les Verts : il ne pouvait rêver meilleur baptême du feu. Etienne Green, prénommé ainsi parce que Saint-Etienne manquait à sa mère exilée en Angleterre, a écrit l'une des plus belles histoires de la saison, lui qui défend le maillot des Verts depuis ses neuf ans. Tout y était parfait, au fil d'un scénario que personne n'aurait osé imaginer.
Ligue 1
Du caractère, une victoire et, quasiment, un maintien : Les Verts peuvent respirer
02/05/2021 À 16:55

Etienne Green (Saint-Etienne) a arrêté le penalty de ripart (Nîmes) pour sa première avec les Verts

Crédit: Getty Images

Landreau, trajectoire opposée

"Sa performance ne m'a pas surpris, a réagi Claude Puel après la rencontre. Je le savais capable de faire un tel match. Il a été énorme. Il est posé, intelligent. Il n'est plus introverti. Il est libéré, c'est bien. Qu'il savoure." Comme les autres gardiens du club ne sont toujours pas sortis de l'infirmerie, Green aura droit à une deuxième titularisation consécutive dimanche face à Bordeaux. Passée l'euphorie, il lui faudra confirmer. Que peut-il espérer désormais, à 20 ans, alors qu'il a forcé le destin des Verts dimanche dernier ?
Célèbre gardien de Ligue 1 à avoir arrêté un penalty pour son premier match, Mickaël Landreau n'avait plus jamais lâché sa place ensuite. Mais les circonstances étaient bien différentes. Certes le numéro 1, Dominique Casagrande, était blessé. Mais Landreau avait déjà pris le dessus sur la doublure, Eric Loussouarn, incroyablement fébrile quand sa chance lui fut donnée. Finaliste de la Gambardella, international dans toutes les catégories d'âge, Landreau avait des bases solides. Les circonstances ont sans doute précipité un destin qui semblait tracé. Celui de Green est loin d'être aussi rectiligne.
Landreau, cadre de Nantes chez les jeunes

Doublure chez les jeunes, écarté du groupe en Gambardella

Héros dimanche, il n'a jamais semblé en mesure d'incarner jusqu'ici l'avenir des Verts. Au centre de formation, il n'a jamais été numéro un. En U17, il est barré par Nathan Crémilleux, titulaire avec les Bleuets lors de l'Euro. En U19, il ne figure même pas dans le groupe en Gambardella. Stefan Bajic, grand espoir du club au poste, et Crémilleux lui sont systématiquement préférés jusqu'à la victoire finale. La saison passée, il ne dispute que les deux premières journées de championnat avec la réserve en National 2. Bajic, Crémilleux et Vermot lui sont préférés.
Plus jeune que lui, Bajic goûte au banc des pros un an et demi avant que Green y ait droit. L'avenir s'obscurcit assez clairement, d'autant que son contrat s'achève en juin 2021. Le match à Nîmes peut-il tout changer ? "C’est un joueur qui avait énormément de manques, qui avait besoin de prendre confiance en lui, a réagi Claude Puel après le succès à Nîmes. Je voudrais remercier son entraîneur, André Biancarelli, qui a été énorme pour lui. C’est un garçon très intelligent. C’est un premier match. C’est énorme et super pour un gamin."

Moulin et l'exemple qui refroidit

Suffisant pour obtenir une prolongation de contrat, mais sans doute pas pour s'inscrire dans les pas de Landreau. Pas tout de suite au moins. Signer une première réussie, sans complexe et sans pression, c'est une chose. S'imposer, avec constance et autorité, comme le numéro 1 des Verts en est une autre. Jessy Moulin en a fait l'amère expérience.
Exceptionnel la saison passée lors de deux victoires capitales à Nîmes et face à Lyon quand Stéphane Ruffier soignait ses bobos, il ne connaît plus la même réussite et vit une année médiocre depuis qu'il a été installé titulaire. Derrière lui, la saison prochaine, la logique voudrait qu'une transition s'opère en douceur entre lui et Bajic. Et Green dans tout ça ? Il n'a jamais été programmé pour prendre la relève de Moulin. Mais parfois, les concours de circonstances…

Jessy Moulin, à la peine face à Nice

Crédit: Getty Images

Ligue 1
Bordeaux soulagé, Rennes frustré
02/05/2021 À 12:51
Ligue 1
Quatre clubs, quatre journées, une opération survie : Qui va s'en sortir ?
01/05/2021 À 14:40