Il fut un temps, pas si lointain, où les derbies dessinaient le destin d’une saison. Pour celle en cours, pas sûr que cela change grand-chose. Car avant ce choc de la 21e journée de L1, les objectifs de chacun pour les semaines à venir ne risquent pas de changer : lutter pour le maintien à Sainté, enquiquiner un maximum le PSG pour l’OL. Deux missions bien distinctes.
Il fut un temps, pas si lointain, où un échec dans le derby scellait des sorts. Sylvinho ou Oscar Garcia récemment ne diront pas l’inverse. Pour celle en cours, pas sûr que cela change grand-chose non plus. Car l’issue de la rencontre ne déterminera pas la suite pour Claude Puel et Rudi Garcia. A court terme, certes. Mais à moyen terme, paradoxalement, le Lyonnais envie son voisin stéphanois.
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Puel, le divorce impossible

Le contexte : 19 petits points pour une 16e place indigente. Beaucoup de coachs auraient les oreilles qui sifflent et le rythme cardiaque qui s’accélère face à pareil bilan. Mais pas Claude Puel, intouchable, ou presque, manager des Verts. Installé au directoire du club, épaulé par Jean-Luc Buisine à la cellule recrutement, il a épousé à merveille les contours du poste de "manager" à l’anglaise pour se rendre indispensable au secteur sportif, bien aidé par un duo de présidents qui n’a pas bronché à l’époque. Même si le départ de Xavier Thuilot de son poste de directeur général a été vu comme un petit désaveu, Puel reste le patron.
Résultat ? L’unique incarnation du projet stéphanois, c’est lui. Par sa capacité à faire grandir les jeunes, à avoir une voix qui porte dans le paysage français et sa promesse de mettre en musique une politique sportive et financière délicate à concilier en font le seul espoir à moyen terme du club. Sans lui, c’est le chaos qui prendra la place. Mais la vraie raison est aussi à chercher ailleurs, dans des caisses stéphanoises bien vides : avec un salaire mensuel estimé à 250 000 euros bruts et un contrat qui s’étire jusqu’en 2022, Puel est en position de force. Déjà à l’agonie, le club ne peut se permettre de payer des indemnités de licenciement dorées à son coach. Jusqu’où l’argent guidera-t-il les choix de l’ASSE ? C’est toute la question.
Son bilan depuis son arrivée :
  • 52 matches
  • 16 victoires
  • 14 nuls
  • 22 défaites
  • Point/match : 1,19
  • Une finale de Coupe de France
Ce qu’il en dit, auprès du Progrès : "Les spéculations autour de mon cas ? J’ai passé l’âge. C’est le club qui est fragilisé pour toutes les raisons énumérées, pas moi. Je ne définis pas un projet et l’applique comme il me semble. Le club est impacté financièrement par la pandémie, par cette histoire de diffuseur et ne peut pas être acteur sur le mercato. Il faut faire avancer l’ASSE sur le court terme et préparer le futur à moyen terme. Avec les dirigeants, on essaie de gérer le présent le mieux possible sans obérer le futur. Il n’y a pas d’autre projet malheureusement ou heureusement parce qu’on retourne aux sources de l’ASSE, en s’appuyant plus fortement sur sa formation et au niveau des principes de jeu même si c’est difficile."

Claude Puel, entraîneur de l'AS Saint-Etienne

Crédit: Getty Images

Garcia, la pression jusqu’au bout

Le contexte : On n’avait plus vu ça depuis 2008. Avant la défaite face à Metz dimanche dernier (0-1), l’OL avait célébré un titre honorifique qui dit beaucoup du niveau atteint par les hommes de Rudi Garcia cette saison : celui de champion d’automne. Le tout avec une ligne offensive destructrice, un milieu joueur et une défense enfin sereine. Non, vous ne rêvez pas, c’est bien de l’inconstante équipe lyonnaise ces dernières années dont on parle.
Voilà donc le tour de force de Garcia : avoir réussi à donner une identité, voire une âme, à cette troupe lyonnaise, si souvent dépendante des éclairs de ses joueurs offensifs. Avoir su, aussi, ravaler son schéma en 5-3-2 de l’été, qui aura permis au club de retrouver un dernier carré européen abandonné depuis 2010, pour intégrer un Lucas Paqueta dont il ne comprenait pas clairement le recrutement et en faire le cerveau d’une équipe aguicheuse et tueuse.

Garcia : "Il ne faut pas réduire les performances de l'équipe à Paquetá"

Difficile de faire mieux ? Peut-être mais rien ne dit qu’il sera encore en place la saison prochaine. Avec un contrat se terminant en juin 2021, il vit sous la menace d’une fin de saison ratée et d’une fin de bail qu’il sera facile de ne pas prolonger pour Juninho et Jean-Michel Aulas. Arrivé en bouée de sauvetage, Garcia avance sur des œufs à Lyon où le pouvoir politique se dilue entre de nombreuses têtes pensantes (Vincent Ponsot voire Bruno Cheyrou viennent compléter un casting pléthorique) et où une prise de pouvoir complète semble inconcevable. Surtout avec son passé récent à Marseille. Pas de doute : pour Garcia, c’est la Ligue des champions ou la porte.
Son bilan depuis son arrivée :
  • 56 matches
  • 30 victoires
  • 12 nuls
  • 14 défaites
  • Point/match : 1,82
  • Une finale de Coupe de la Ligue
  • Une demi-finale de Ligue des champions
Ce qu’il en dit, auprès du Progrès : "On commence à avoir de la bouteille. Il ne faut pas être trop inquiet. C’est un métier de plus en plus difficile. Et moi qui suis resté au repos neuf mois entre Rome et Marseille, et un peu après Marseille, alors que je pensais que ça allait durer plus longtemps, franchement, ça ne fait pas de mal d’avoir des périodes de repos… Les pages de calendrier tournent, les cheveux deviennent de plus en plus gris et, du coup, ce n’est pas si mal que ça d’avoir des moments pour se ressourcer. On verra. S’il faut se ressourcer, on se ressourcera, et si ça continue, ce sera super".

Un an après sa prise de fonction, quel bien tirer de Rudi Garcia à l'OL ?

Crédit: Getty Images

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