C'est un paradoxe dans la période que l'on vit : l'OM est patraque lorsqu'il reste chez lui. Avant d'affronter Metz, ce samedi (21h00) au Vélodrome, Marseille a aligné quatre rencontres sans gagner à domicile, disette inédite depuis cinq ans. Ce pourrait être un hasard. Une simple mauvaise passe. Mais il y a toutes les chances que ce constat-là puisse être rattaché au contexte. Finalement, le club phocéen a moins souffert de l'épidémie de Covid-19, qui a touché certains de ses joueurs en début de saison, que de ses conséquences. Sans ses supporters, l'OM n'est plus tout à fait lui-même.

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Bien sûr, on ne pourra jamais savoir s'il aurait obtenu de meilleurs résultats face à Saint-Etienne (0-2) et Lille (1-1) en évoluant devant des tribunes pleines. On peut, en revanche, estimer que les propos des Marseillais eux-mêmes ne sont pas que des excuses : "Voir le Vélodrome vide, c'est dur", assurait par exemple André Villas-Boas en conférence de presse, jeudi. "L'absence du public nous pèse, renchérissait Morgan Sanson. Ça change beaucoup de choses pour nous mais aussi pour nos adversaires ; quand ils ont le stade qui pousse pendant 90 minutes, ça devient compliqué pour eux."

Sanson : "L'absence du public nous pèse"

L'équipe marseillaise n'est pas complètement hors-sujet, elle est même capable de développer quelques séquences intéressantes dans le jeu. Mais depuis le début de saison, elle n'a jamais pu trouver d'autres ressources pour se sublimer. Seule exception : sa victoire au Parc des Princes, impossible à dissocier du climat de défiance que les Olympiens eux-mêmes avaient contribué à installer. Dans la foulée, les Phocéens se sont inclinés chez eux face à Saint-Etienne pour la première fois depuis 1979 alors qu'au coup de sifflet final, la moyenne d'âge des joueurs de champ stéphanois n'atteignait pas 22 ans.

L'OM comme tous les autres ?

La bande de minots du Forez aurait-elle maîtrisé cette rencontre en affrontant le douzième homme marseillais ? On peut le croire. Mais on a le droit d'en douter. "[La présence de supporters] nous donnait de la force supplémentaire pour aller chercher les buts et les points qui nous manquaient", rappelait Sanson. Le milieu de terrain était l'un des joueurs transportés par la fusion du Vel', le 19 décembre dernier, quand l'OM renversait Bordeaux (3-1). "Depuis que les stades ont été vidés par la pandémie, plusieurs statistiques prouvent que le 'facteur maison' se perd", a noté AVB.

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Depuis que le technicien portugais est à la tête de l'équipe, son bilan global est plus flatteur à l'extérieur qu'à domicile (10 victoires contre 8, pour le même nombre de matches joués). L'OM pourra-t-il inverser la tendance, où rééquilibrer la balance, alors que le gouvernement vient d'imposer de nouvelles restrictions à Marseille ? "C'est une chose à laquelle il faut s'habituer, a noté AVB. Ça risque d'être comme ça jusqu'à la fin de l'année." Cela pourrait encore affecter les méthodes du Portugais, qui a toujours intégré "la charge émotionnelle" à ses projections. L'OM va donc devoir faire avec. Mais il n'est pas le seul. "Ça manque aux Marseillais, abondait Claude Puel après le succès de l'ASSE. Mais vous croyez que nos supporters ne nous manquent pas à Geoffroy-Guichard ?"

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