Allez savoir pourquoi, certains matches a priori banals marquent les esprits. 2014, par un dimanche de décembre, à quelques encablures de Noël, les supporters de l'OL reçoivent un cadeau avant l’heure. "La saison 2014-2015, notamment la première partie de saison, est magnifique. J’ai le souvenir d’une victoire 5-0 à Bordeaux où ils font un match extraordinaire", rembobine Stéphane, supporter historique et mémoire vivante de l’OL sous le pseudonyme de Phanou Herko sur Twitter. Il n’a pas tort : Un 0-5 à l’extérieur avec uniquement des buteurs maison, la fameuse génération Lacazette.
Ce vendredi, c’est à la maison que les Gones défieront les Girondins. Mais, sans doute pour la première fois depuis cette année-là, l'OL s’avance serein et surtout totalement sûr de son football. Pas si anodin à écouter Stéphane : "On a le sentiment qu’il y a une idée de jeu, un sens tactique lisible et compréhensible par rapport aux années précédentes. Je ne trouve pas encore une vraie identité de jeu comme dans les années de titre mais les moyens sont beaucoup mieux exploités par le passé".
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Genesio a marqué les esprits

Un cri du cœur retrouvé également chez Sébastien (alias "Sebtheouf") ou Kevin ("Bruno el Scout") : "Je trouve qu’on joue très bien. En tout cas, c’est cohérent, solide défensivement, on comprend l’idée de jeu, de s’appuyer sur nos forces en allant très vite devant", avance le premier. "Je trouve qu’on joue mieux que sous Genesio. Au milieu, on est plus fort, on maîtrise plus les matches. Sous Genesio, on concédait beaucoup d’occasions, c’était un peu le bordel", complète le second.
A l’époque, nous avions déjà demandé à Sébastien de détailler les problèmes posés par l’ancien coach de l’OL, resté trois ans et demi à la tête du club rhodanien, avec une moyenne de points/match la plus élevée des dernières années. Même deux ans après son départ, il n’a pas changé d’avis notamment sur l’ultra-dépendance aux individualités offensives de l’équipe : "Pour moi, ça change tout, avance-t-il. Avec mes yeux de supporters, en tout cas. Si on gagne 1-0 mais avec beaucoup d’occasions, je vais dire que l’équipe est mieux préparée que quand on gagnait 1-0 avec un coup franc de Fekir à la 90e minute. Pour moi, c’est évident. Genesio, on nous répondait 'regardez les résultats', comme si c’était très bon. Mais il était sauvé 9 fois 10 par un exploit d’un de ses joueurs".

Bruno Genesio

Crédit: Getty Images

"Il reste quelque chose d’injuste dans le bilan qu’on fait de Genesio, tente de nuancer Stéphane. Il y a eu une rupture plus liée à la communication, parfois maladroite. Ce qu’on peut reprocher à Genesio par rapport aux années Garde, c’est qu’il avait plus de moyens. Avec Genesio, il y a eu des grands matches, parfois du beau jeu mais beaucoup d’irrégularités".
Voilà le mot-clé : irrégularité. Tout ce qui semble avoir disparu à Lyon depuis la révélation de Strasbourg et cette victoire sur le fil (2-3) lançant le cycle complètement fou connu par les Gones depuis (11 victoires en 15 matches). L’OL version 2020-2021 a un fil conducteur et un niveau de jeu moyen bien supérieur à celui auquel il avait habitué ses supporters les saisons passées. "Il suffit de voir le nombre de buteurs différents (11, NDLR), de voir que même quand Aouar et Paqueta ne sont pas bien ou pas là, on ne voit pas réellement de baisse de niveau…", confirme Sébastien.

Et si l’OL avait le meilleur milieu du championnat ?

Les jeunes, éternelle attente, déception récurrente

Le tout sans oublier les fondamentaux : "J’ai beau être supporter de l'OL, il n’y a pas un style de jeu qu’on peut coller à l’histoire de l’OL, contrairement à Nantes, avoue sans souci Stéphane. Il n’y a pas une identité unique mais il y a par contre des fils rouges qu’on peut retrouver mais qui sont liés à la structure du club : le centre de formation, notamment avec l’importance des joueurs offensifs. Donc on retrouve forcément cet allant vers l’avant plus qu’une volonté défensive".
Et, sur ce point-là, pas sûr que Garcia remplisse réellement les cases voulues. Débarqué en 2019 dans la bronca générale, l’ancien coach de l'OM semble moins faire parler maintenant que les victoires s’enchaînent. Mais la relation est loin d’être idyllique. "Quand il arrive, il lance Cherki, rappelle Kevin, particulièrement attentif aux performances du centre de formation au quotidien. Même si c’était de la comm', il a fini par le faire jouer. Caqueret il a attendu deux trois matches de trop mais c’était bien aussi. Mais après janvier et la période des coupes, les jeunes ont disparu. Gouiri, Caqueret… Kalulu n’a aucune apparition dans le groupe en deuxième partie de saison mais on met Yanga-Mbiwa dedans alors qu’il est à six mois de la fin de son contrat et qu’il ne joue plus depuis de trois ans, ça n’a aucun intérêt".
Depuis le début de saison, Caqueret semble revenu en grâce, Cherki enchaîne les entrées en jeu tandis que le jeune Diomandé a même réussi à tirer son épingle du jeu. Alors, tout roule ? Pas encore. Car Rudi Garcia a beau avoir remis l’OL sur les rails, relancer des joueurs en perdition et intégrer des jeunes dans une rotation limitée, son mariage mal-né avec l'institution OL semble encore très présent dans les esprits.

La gestion de Cherki par Garcia, quelque part entre le populisme et l’ancien monde

Garcia, une personnalité clivante

"J’étais contre la venue de Rudi Garcia et je ne pleurerai pas le jour où il partira, affirme sans sourciller Sébastien. Mais il faut savoir être objectif : autant l’année dernière, je trouvais qu’il ne faisait pas du bon travail autant cette saison… Il s’est trompé au début puis il a eu la révélation du 4-3-3 et ça a marché. Mettre Kadewere à droite, relancer Toko Ekambi à gauche, relancer Mendes en sentinelle, c’est lui. Le choix de l’animation, c’est lui et ça marche. Donc, depuis qu’il a trouvé ce système, son travail est très bon".
Pour ce qui est des coulisses, la donne est différente. "Je n’aime pas trop sa personnalité, embraye Sébastien. Je le trouve un peu manipulateur dans sa communication, il travestit un peu la vérité. Sa sortie sur les jeunes qu’il avait fait exploser à Rome où il affirmait avoir lancé Florenzi alors que quand Garcia arrive à Rome, Florenzi est déjà international". "Ça doit venir de son histoire, de sa personnalité, sans doute un peu des deux, complète Stéphane, pas complètement sous le charme. Mais si on est honnête, on ne peut pas imputer à Garcia tous les mauvais résultats de l’année dernière et ne pas lui reconnaître une responsabilité dans la réussite de cette année".
Car, au fond, l'essentiel est là : être enfin à la bagarre pour le titre. "Est-ce que ça change mon opinion sur le fait que je n’aime pas trop le bonhomme ? Non parce qu’un club, ce n’est pas uniquement regarder des résultats : on a besoin de s’identifier aux gens, de les aimer, rappelle Sébastien. Mais là, on peut aller chercher le titre donc on n’est pas dans la même situation que sous Genesio ou sous son mandat l’année passée". Alors, tant qu’il y aura du jeu…

Un an après sa prise de fonction, quel bien tirer de Rudi Garcia à l'OL ?

Crédit: Getty Images

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