"Le président l’a toujours dit, il avait besoin de terminer son stade. C’est un projet qui a été lourd à gérer, ils l’ont très bien fait. Maintenant, le club va être capable de recruter à nouveau des joueurs avec un gros potentiel. Ça montre les ambitions et où Lyon veut se retrouver". Début 2017, Maxime Gonalons sait d’où il revient.
Le capitaine lyonnais a subi la période de vache maigre du club lyonnais, uniquement porté par une génération extraordinaire sortie de son centre de formation mais bien plus discret par ailleurs. L’accident industriel Gourcuff et la dédication des fonds à la construction du Parc OL a obligé le club à une cure sur le marché, pourtant point cardinal de la domination lyonnaise des années 2000. Une preuve ? Voici les principaux joueurs qui ont rejoint l’OL à partir de l’été 2011.
  • 2011-12 : Bakary Koné, Gueida Fofana, Mouhamadou Dabo
  • 2012-13 : Fabian Monzon, Arnold Mvuemba, Milan Bisevac
  • 2013-14 : Henri Bedimo, Gaël Danic, Miguel Lopes
  • 2014-15 : Christophe Jallet, Lindsay Rose
  • 2015-16 : Sergi Darder, Mapou Yanga-Mbiwa, Mathieu Valbuena, Claudio Beauvue
  • 2016-17 : Emanuel Mammana, Jean-Philippe Mateta, Nicolas N’Koulou, Maciej Rybus
Liga
Le voilà exaucé : Depay signe officiellement au Barça
19/06/2021 À 16:56
Alors, en ce 20 janvier 2017, Jean-Michel Aulas a raison de se réjouir : "C’est un grand jour", explique le président lyonnais aux côtés de sa recrue phare, Memphis Depay. Pour arracher le joueur à Manchester United, où il aura largement déçu, Aulas a pu compter sur le regretté Gérard Houllier et ses réseaux anglais mais a aussi su sortir son portefeuille : 16 millions + 6 de bonus. Ne cherchez pas, c’est évidemment l'élément le plus cher recruté depuis l’ancien meneur de jeu bordelais.

Memphis Depay et Jean-Michel Aulas, lors de la signature du Néerlandais à l'OL - 20 janvier 2017

Crédit: Getty Images

"On va essayer d’exploiter au mieux nos infrastructures en essayant de garder nos meilleurs joueurs issus de la formation lyonnaise et en prenant de jeunes joueurs haut de gamme, capables d’exploser à l’Olympique Lyonnais avec comme objectif de remporter la Ligue des Champions", détaille encore Aulas. La nouvelle ère lyonnaise démarre donc par Depay. À ses côtés lors de la présentation, Bruno Genesio sait que le défi qui l’attend est à la hauteur de l’investissement : relancer un top prospect européen qui s’est égaré, sans mettre à mal l’équilibre de son équipe.
Depay à Lyon, c’est aussi l’arrivée d’un personnage haut en couleurs, bien dans ses crampons et qui s’assume. Quatre ans après, c’est d’ailleurs le brassard solidement accroché au bras que le Néerlandais dispute ses derniers matches sous le maillot lyonnais. Magnifié par les responsabilités, Memphis se comporte enfin comme le leader qu’il aurait toujours dû être. Mais on ne renie pas si facilement son ADN.

Coups d’éclats multiples, déceptions récurrentes

Résumer l’aventure Memphis à Lyon, c’est sortir la boîte à souvenirs. C’est évoquer ce lob de 47 mètres face à Toulouse (mars 2017) comme première fulgurance géniale, c’est cette lucarne d’Areola nettoyée en toute fin de match pour mettre à terre le PSG (janvier 2018), cette tête renversée qui climatisa un Vélodrome pourtant prêt à rugir (mars 2018), ces six derniers mois de feu qui suivent conclu par un récital face à Nice pour envoyer de nouveau l’OL en C1 (mai 2018), c’est cette campagne 2019-2020 où ses buts auront presque systématiquement été décisifs (6 en tout) et c’est, enfin, ce capitaine magnifié par le brassard après sa désignation par Rudi Garcia à son arrivée (novembre 2019).

Memphis Depay après son lob face à Toulouse

Crédit: Panoramic

C’est aussi une rupture des ligaments croisés dont il se sera remis de manière remarquable, des gros ratés lors de matches primordiaux (le 8e de finale face au Barça de 2019 par exemple, traversé comme un fantôme), une inconstance exaspérante, des attitudes défensives pas toujours exemplaires, une incompatibilité surprenante avec Nabil Fekir et le sentiment diffus d’une sous-utilisation de ses moyens.
Depay, c’est une locomotive statistique (69 buts et 52 passes en 168 matches) sans que le train collectif arrive toujours à destination. Jusqu’à cette responsabilisation et cette libération. Depuis son retour post-confinement et donc post-blessure des ligaments, c’est un général en mission qui mène ses troupes vers la victoire. Sera-t-elle totale, avec un titre présenté place Bellecour dans un monde hypothétique, fait de fêtes et de célébrations le 23 mai prochain ?

La figure Lisandro mais une fin à écrire

Il lui faudra bien ça pour conclure en beauté une aventure qui se terminera en juin prochain, fin de contrat oblige. Dans un OL habitué à revendre ses prospects au prix fort, le voir partir libre avec de grandes écuries à ses pieds (FC Barcelone, Juventus) ressemble au résumé parfait de son aventure lyonnaise : personne ne sera venu toquer pour le récupérer moyennant une grosse somme d’argent, mais son talent et ses prestations récentes en font l’un des joueurs les plus sexys de ce marché post-Covid. Depay, c’est une sorte d’entre-deux : pas assez régulier pour devenir incontournable dans une grande écurie européenne, trop talentueux pour ne pas être le patron d’une équipe européenne aux ambitions plus modestes.

La joie de Nabil Fekir avec Memphis Depay après son but contre Dijon.

Crédit: Getty Images

Où se situera-t-il dans le panthéon moderne lyonnais au moment de quitter les bords du Rhône ? Tout dépend du 23 mai. À l’heure actuelle, son héritage ne pèse pas lourd face aux gamins du club, devenus tauliers et joueurs symboles du recalibrage de l’OL. Un Alexandre Lacazette, 4e meilleur buteur de l’histoire du club et premier à avoir trouvé les filets au Parc OL, est évidemment devant. Nabil Fekir, lui aussi passé par le centre de formation lyonnais, garde une place particulière dans le cœur des supporters. Sans parler de Karim Benzema, resté bien moins longtemps mais ayant pris toute la lumière de son époque.
Pour comparer Depay, il faut se tourner vers les figures étrangères majeures. L’intouchable Juninho et le précurseur Anderson sont hors de portée. En réalité, tant pour la durée de son passage, pour ses statistiques (14e meilleur buteur historique de l’OL) que pour son leadership, Memphis Depay se rapproche de Lisandro Lopez. Mais l’Argentin peut se targuer d’avoir remporté un trophée, chose que le Néerlandais n’a jamais su accrocher à son tableau de chasse. Il peut se vanter de meilleures statistiques individuelles mais surtout de matches rarement ratés dès lors que l’enjeu s’élevait. Lisandro n’a jamais fait défaut, là où Memphis a parfois fait débat. Mais tout n’est pas (encore) perdu dans cette quête d’éternité lyonnaise : la fin, c’est encore à lui de la déterminer. Et elle pourrait bien prendre le dessus sur tout le reste. Surtout si c’est place Bellecour…
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