Comparer Jorge Sampaoli et Bruno Genesio est un exercice tentant tant les deux ont des profils bien différents. Et pour de multiples raisons. Pourtant, ils n'ont surement jamais été aussi proches qu'à l'heure actuelle. C’est une question de contexte. L'Argentin et le Lyonnais vont diriger leur premier match à la tête de leur nouvelle formation. Quelques jours après avoir été nommés sur le banc de l'Olympique de Marseille et du Stade Rennais. Et si différents soient-ils, ils auraient beaucoup de choses à se dire sur l'état de leur troupe et leurs ambitions.

Deux groupes qui coulent aux mêmes ambitions

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Les deux débarquent au chevet de deux grands malades. Le défi de Sampaoli est ainsi colossal. L'OM, qui vient de se faire sortir piteusement de la Coupe de France par Canet Roussillon (2-1), est en plein marasme tant sportif qu'en coulisses suite au départ d'André Villas-Boas et face à la facture avec ses supporters dont certains ont pris d'assaut la Commanderie. Sans victoire en L1 depuis neuf matches, le club phocéen est sous l'eau et ne cesse de s'enfoncer (8e de L1). Sur la Canebière, Jorge Sampaoli est attendu comme le sauveur pour relancer ce groupe moribond.
A Rennes, la mission de Bruno Genesio n'est pas beaucoup plus facile. Il y a même des similitudes. Comme Marseille et malgré les attentes énormes après un mercato très dépensier pour assouvir les nouvelles ambitions du club, le Stade Rennais s'est noyé en Ligue des champions avant de plonger aussi sur la scène domestique. Et le club breton coule à pic. Quatre défaites de rang, sept matches consécutifs sans victoire en championnat, les Rouge et Noir pointent aujourd'hui à la 10e place et viennent de voir s'en aller Julien Stéphan, qui avait trouvé comment décomplexer le club dont il incarnait le projet ces derniers mois. Comme Sampaoli, Bruno Genesio doit donc activer les ressorts pour faire repartir un groupe en plein doute.
Alors que Marseille et Rennes n'ont plus que la L1 à leur programme et qu'un gouffre s'est ouvert avec le Top 4, les deux ont d'ailleurs un objectif commun : la cinquième place, qualificative pour la Ligue Europa Conférence, la nouvelle Coupe d'Europe de l'UEFA dont la première édition aura lieu la saison prochaine. "Ce n'est pas gagné d'avance mais ce match de plus à jouer nous laisse encore une possibilité de nous rapprocher de cette cinquième place. Vu l'effectif qu'il y a ici, la qualité de l'effectif, collectivement et individuellement, il y a encore la place", a assuré Genesio lundi.

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Personnalités, tactiques, palmarès : les opposés

Timing d'arrivée, challenge de management, défis sportifs, voilà pour les ressemblances. Et c'est déjà pas mal. Car pour le reste, tout semble les opposer. Leur personnalité déjà. Quand Jorge Sampaoli arrive en France avec sa réputation d'entraineur volcanique au caractère bien trempé et semble avoir les atouts pour s'imposer comme le leader d'hommes dont l'OM a tant besoin, Genesio possède une toute autre image. Il est plus lisse, certains supporters lyonnais qui l'avaient vite pris en grippe, diraient même qu'il ne présente pas un grand charisme, même s'il avait su faire adhérer son vestiaire à son projet à l'OL et imposer certains choix forts.
Le refrain est un peu le même pour leur palmarès et leur philosophie de jeu. Si Bruno Genesio est toujours en quête d'un premier trophée malgré un bilan comptable plus qu'honorable à la tête de l'OL, Sampaoli, en dépit de dernières expériences aussi courtes que mitigées (Argentine, Séville, Santos), peut se targuer d’avoir réussi son passage à la tête du Chili où il aura remporté la Copa América 2015, quelques années après son premier succès avec l'Universidad de Chile, qu'il a mené jusqu'à la Copa Sudamericana en 2011.
Et si les deux se font les apôtres du jeu offensif, les méthodes diffèrent là aussi diamétralement. A l'image de son mentor "El Loco" Bielsa, l'Argentin impose à ses équipes une tactique claire. Avec des circuits de passes à respecter. Qu'importe les profils. "L'idée de ce projet est de convaincre le groupe de se battre partout, en étant protagoniste, en mettant l'attaque et le jeu au début de tout, a-t-il prévenu lors de sa première conférence de presse à l'OM. Nous allons essayer de les faire adhérer à cette philosophie. Certains joueurs s'adapteront rapidement, d'autres moins et d'autres pas du tout."
La perception du football de Bruno Genesio se veut plus pragmatique. Plus à l'écoute de ses joueurs. Mais aussi plus dépendante des profils et des talents de son groupe. "On va mettre en place un jeu de possession parce que ce groupe est fait pour ça", a expliqué l'ancien coach lyonnais à son arrivée en Bretagne. Deux hommes s'opposent donc pour des défis identiques. Reste à savoir lequel des deux réussira le mieux dans sa nouvelle mission. Les paris sont ouverts.

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