Nerveux, les Parisiens ? Un petit peu. Même beaucoup trop. Et ce n'est peut-être pas l'histoire d'un match. Dimanche, Paris est certes tombé dans le piège tendu par l'OM, qui a su faire disjoncter des champions de France incapables de gérer leurs émotions (0-1). "Nous sommes une équipe avec beaucoup de Sud-Américains, une équipe avec une mentalité qui nous donne aussi des choses spéciales. Nous sommes un 'mix' très émotionnel", a ainsi tenté de justifier l'entraîneur Thomas Tuchel après une rencontre où il a vu trois de ses protégés recevoir des cartons rouges (Neymar, Laywin Kurzawa et Leandro Paredes). Mais voilà, ce "mix émotionnel" a surtout montré toute son instabilité. Et l'été parisien pourrait l'expliquer.

Il est bon de rappeler que les hommes de Tuchel ont connu des dernières semaines atypiques. Confinement, arrêt du championnat, finale de Ligue des champions, enchaînement des cas positifs de Covid-19 (sept, ce qui fait du PSG le grand club européen le plus touché par la pandémie) et une reprise décalée en L1 : Paris s'est offert de vraies montagnes russes sur le plan émotionnel. Avec comme point d'orgue, cette finale de C1 perdue face au Bayern Munich (0-1). Et c'est tout sauf un détail. Lisbonne a forcément laissé des traces.

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C1 plus Covid ? "C'est forcément bouleversant émotionnellement et humainement"

La C1 reste LE grand objectif de Neymar, Mbappé and co. Et pour la première fois, ils ont touché leur rêve du doigt avant de le voir s'envoler une nouvelle fois. Forcément, les Parisiens n'ont pas pu évacuer cet échec comme ça. Surtout qu'ils n'ont pas eu beaucoup de temps pour couper. De décompresser. Et faire le point avant de repartir. A peine plus de deux semaines… Et pour ne rien arranger, le Covid-19 s'ajoute à cela, ce qui n'a rien d'anodin là non plus.

"Les joueurs que je suis en L1 ou dans le Top 14 sont vraiment très chamboulés par la situation sanitaire actuelle", nous confirme Anthony Mette, docteur en psychologie et auteur de Préparation mentale du sportif (Vigot, 2017). "Il y a quand même beaucoup d'enjeux financiers pour eux et les clubs. Ils sont dans le doute et il y a pas mal de difficulté à surmonter, même s'ils ne l'expriment pas vraiment. C'est notamment très contraignant et restrictif vis-à-vis de leur vie sociale. Et si vous ajoutez à cela une finale perdue en Coupe d'Europe, c'est forcément bouleversant émotionnellement et humainement."

Marquinhos est le nouveau capitaine du PSG.

Crédit: Getty Images

Le départ de Thiago Silva peut jouer

Paris se retrouve avec ce surplus d'émotion à gérer. Or, le comportement de l'équipe face à l'OM laisse penser que l'atterrissage après Lisbonne a peut-être été trop violent. Alors que des doutes planent à plusieurs niveaux notamment en raison du mercato qui est loin d'être terminé, le vestiaire parisien doit trouver les bons ressorts pour se remobiliser et se nourrir de son expérience portugaise pour repartir plus fort. "Ça dépend beaucoup du staff mais aussi des joueurs clés dans l'équipe, des leaders sociaux, à réussir à amener du positif. C’est-à-dire à accepter la défaite très rapidement pour repartir vers l'avant, vers de nouveaux objectifs", nous explique Mette, spécialiste en psychologie du sport et de la santé.

L'absence dimanche de Marquinhos, qui se rétablit du Covid-19, n'a ainsi pas dû aider. Surtout après le départ à Chelsea de Thiago Silva, un capitaine qui aurait pu aider l'effectif à se relever. "Quand un pilier part, il faut le remplacer, sauf que ça peut prendre un ou deux ans pour en trouver un et qu'il puisse prendre ses marques dans un groupe", prévient Anthony Mette. De quoi laisser penser que Paris à quelques zones d'ombre à lever dans les prochaines semaines pour rassurer et démontrer que Lisbonne n'est pas un traumatisme handicapant mais une étape de plus dans sa quête.

"Si Paris galère autant, c’est aussi pour mieux gérer Neymar et Mbappé"

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