L'idée était osée, saugrenue, pour ne pas dire suicidaire. Faire de l'ancien entraîneur le plus détesté de France, Raymond Domenech, le coach du président le plus clivant de Ligue 1. Et, par la même occasion, faire de l'ancien défenseur rugueux de l'OL, le cerveau du club qui a érigé en étendard le beau jeu, le FC Nantes. Dès le commencement, l'idylle était mal née. Mais quelle mouche a donc piqué Waldemar Kita ? Comment a-t-il pu promouvoir un homme qui n'avait plus entraîné depuis dix ans et qui considère le jeu à la nantaise d'abord par le prisme de l'intensité physique ?

Déjà dépassé il y a dix ans, Domenech est-il la pire idée de l'ère Kita ?

La nomination de Domenech aurait pu être lue comme une nouvelle provocation de Kita, une volonté de liquider définitivement l'héritage du FC Nantes. Le raccourci serait malvenu. Ses choix, celui-ci en particulier comme celui d'Antoine Kombouaré, ressemblent surtout à des coups. Des coups de tête, des coups de cœur et des coups de sang, voilà comment on pourrait résumer la stratégie au sommet du club. Franck Kita, fils de Waldemar et directeur général délégué du club, n'était par exemple pas emballé par le piste Domenech. Les choix de Kita père remettent Nantes au centre de l'attention à défaut d'engager le club dans une voie claire et vertueuse.
Ligue 1
Lopez d'accord avec les propriétaires des Girondins de Bordeaux pour le rachat du club
IL Y A 2 HEURES

Kita choisit au feeling puis brûle

Et c'est tout le problème. Kita, et donc, Nantes ne suivent aucune logique, marchent au feeling. Le président des Canaris ne réfléchit jamais sur le long terme, n'utilise aucune grille de lecture propre à son club ou à un quelconque plan élaboré en amont. Pas question de bâtir. Il choisit à l'instinct, construit sur du sable. Et puis, il brûle. Résultat, 15 coaches en 13 ans pour une seule vraie réussite (Sergio Conceiçao) et des fiascos mémorables.

Waldemar Kita, président du FC Nantes

Crédit: Getty Images

Domenech ne fait pas exception. Si le vestiaire, après s'être coupé de Christian Gourcuff, n'a pas forcément accueilli d'un mauvais œil l'arrivée d'un Domenech paternaliste, l'ancien sélectionneur n'a rien insufflé. Aucun esprit de révolte, aucun fond de jeu, aucune patte Domenech. Sur le terrain, ce fut d'abord un néant offensif. Quelques éclairs à Montpellier ou Saint-Etienne mais beaucoup d'insuffisance aussi. Et surtout, sept matches sans victoire et une plongée spectaculaire au classement jusqu'à la place de barragiste. La défaite face à Lille fut celle de trop.

Il n'a rien vu venir

La réaction, épidermique comme toujours, du patron n'a pas tardé. Un licenciement un jour de match, là-encore, seul Nantes et Kita pouvaient l'imaginer. Lui qui décide dans ses bureaux parisiens et tranche, sans contre-pouvoir notamment à la Jonelière, sur des coups de tête. Cet échec, c'est aussi le sien. Alors que le football ne cesse de se professionnaliser, multiplie les garde-fous avec les nominations de directeurs sportifs et de directeurs généraux, Nantes reste, comme d'autres clubs de Ligue 1, otage des humeurs et des choix d'un président.
Domenech n'a rien vu venir. Court-circuité par une presse mise au parfum bien avant qu'il ne le soit, il a coaché à distance le 32e de finale face à Lens (2-4) alors même que l'annonce de son licenciement tombait dans les médias locaux et nationaux. Une situation ubuesque, un brin humiliante tout de même pour lui, qui en dit long sur le mode de fonctionnement du club.

Une belle ouverture du score puis une déroute : le résumé du naufrage nantais face à Lens

Domenech incarne plus que jamais l’échec

Domenech n'aura réussi qu'un exploit, mais non des moindres : devenir le plus gros fiasco de l'ère Kita. Aucun entraîneur du FC Nantes, hormis les intérimaires, n'était resté aussi peu de temps sur le banc des Canaris. Pas même Jean-Marc Furlan, resté un peu plus de deux mois et neuf matches. S'il assure ne pas être revenu pour restaurer son image ou prouver qu'il était encore dans le coup, son aventure à Nantes clôt sans doute de la pire des manières sa carrière d'entraîneur.
Sept matches et puis c'est tout, c'est un terrible camouflet. En termes d'image bien sûr, il n'y a qu'à voir les réactions amusées de tous ceux qui voulaient le voir échouer, et ils sont nombreux. Mais aussi pour la suite : comment imaginer un club miser sur celui qui incarne plus que jamais l'échec ? Plus qu’en 2010 encore. Ça aussi, c’est un sacré exploit.
Ligue 1
PSG-OM, OL-PSG... Le calendrier de Ligue 1 commence à se dévoiler
IL Y A 3 HEURES
Ligue 1
L’OM pourrait tenter le coup Gameiro
IL Y A 3 HEURES