Lanterne rouge il y a à peine une semaine, Lorient sort (enfin) la tête de l'eau grâce à ses deux victoires probantes face à Dijon (3-2) et surtout au Paris Saint-Germain (3-2). Si les Merlus respirent, après un début de saison très compliqué, Terem Moffi n'est clairement pas étranger à cette renaissance.
Arrivé pour huit millions d'euros hors bonus en provenance du KV Courtrai, le Nigérian est l'une des très bonnes surprises depuis la reprise. Jusqu'à s'affirmer comme l'un des hommes du renouveau côté lorientais. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la trajectoire de Moffi est pour le moins atypique.
Ligue Europa Conférence
Tottenham touché par plusieurs cas de Covid-19 avant le match face à Rennes
IL Y A 19 HEURES

Des débuts dans la rue et dans l'entrejeu

Avant de devenir une promesse au poste d'attaquant, Terem Moffi a fait ses gammes au milieu de terrain. Habitué du football de rue jusqu'à sa pré-adolescence, le natif de Calabar a évolué jusqu'à ses 12 ans au cœur du jeu. Trop paresseux, le jeune Nigérian bascule rapidement devant. Avec le coup de pression du père en bonus. "Il m'a dit : 'tu ne peux pas jouer comme ça, tu dois presser et être agressif'. Au centre de formation de ma ville, le coach disait aussi : ‘Si tu ne travailles pas, tu ne joueras pas dans l'entrejeu’. Et après un certain temps, il a estimé que j'étais fait pour évoluer devant", confiait-il au magazine belge Sport/Foot Magazine, il y a un an.
Ce n'est que lors de sa dernière année chez les jeunes qu'il se stabilise définitivement au poste de numéro 9, lors de son année en Angleterre. "A l'école, mon coach m'a convaincu que j'étais un sprinteur et il a fait de moi le joueur le plus rapide du club", poursuivait-il.

A 21 ans, déjà un beau CV de globetrotter

Car oui, le jeune avant-centre est déjà un sacré baroudeur. A 21 ans seulement, Terem Moffi a connu quatre clubs chez les professionnels. Parti à 17 ans de son Nigeria natal, le buteur a d'abord posé ses valises en Angleterre où il a terminé ses études à la Buckswood Football Academy, comme il l'explique à nos confrères de Ouest-France. "J’ai réussi à entrer dans une école en Angleterre à l’âge de 17 ans, grâce au football. (...) J’ai choisi cette vie, je voulais réussir dans le foot. Dans la vie, il ne faut pas rester dans sa zone de confort mais il faut aller chercher les choses. Prendre des risques."
Oser, c'est en tout cas une part de l'ADN du jeune joueur. Illustration quelques mois à peine après son arrivée sur le Vieux continent, lorsqu'il s'engage au FK Kauno Žalgiris, en D1 lituanienne, avant de rallier le voisin du FK Riteriai. Entre les deux clubs, c'est surtout des problèmes de visa qui vont éloigner Moffi des terrains. Dix-huit longs mois d'attente passés entre le Nigéria et l'Afrique du Sud (faute d'ambassade lituanienne à Lagos) qui ne l'empêcheront pas de claquer 20 buts en 31 matches pour son retour avec le club balte, entre l'été 2018 et janvier 2019.
Ses performances tapent alors dans l'œil de Courtrai, qui attire le joueur en Belgique en janvier 2020. Malgré l'arrêt du championnat à cause de la pandémie de coronavirus, Moffi prend le temps de marquer les esprits et les observateurs avec 5 buts en 9 matches de Jupiler League. Avant que Lorient ne flaire la belle affaire.

Terem Moffi face à Wesley Hoedt, lors de Coutrai-Anvers, en Coupe de Belgique 2020

Crédit: Getty Images

Une efficacité chirurgicale

Alors que le club espère encore beaucoup de Adrian Grbić, la recrue la plus chère de l'histoire du club, Terem Moffi n'a lui pas attendu pour se faire remarquer. Buteur et passeur pour sa première en championnat, à Reims, le Nigérian a pourtant traversé une belle période de disette. Avant de remettre le bleu de chauffe juste avant les fêtes de fin d'année. Buteur lors de ses cinq dernières sorties en Ligue 1, le natif de Calabar a effacé des tablettes des joueurs comme Majeed Waris et Kévin Gameiro, qui avaient scoré lors de quatre matches consécutifs, du livre d'or des Merlus, rien que ça.
Plus qu'une arme offensive, Terem Moffi n'en demeure pas moins un joueur d'une efficacité quasi-absolue, surtout depuis son arrivée dans l'Hexagone. Car le Nigérian est tout simplement un buteur né et fait mouche à chaque fois qu'il se présente face au but. Avec six buts marqués sur les huit tirs qu'il a cadrés, l'ancien joueur de Courtrai a confirmé toutes les promesses entrevues depuis son ascension et ce, partout où il a joué. En Jupiler League, il tournait déjà à un but marqué toutes les 116 minutes...

Un papa passé par la D1 nigériane et ancien coéquipier de Jay-Jay Okocha

Si le jeune Terem brille, c'est aussi grâce à son héritage familial. Chez les Moffi, le ballon rond est plus qu'une institution et toute la famille vit au rythme du cuir. Surtout, le père, Leo, est un ancien joueur professionnel au pays. Gardien de but, il a notamment porté les couleurs du club de sa ville natale, le Calabar Rovers, des Warriors d'El Kanemi, mais surtout celles des Enugu Rangers, septuple champion du Nigéria. C'est d'ailleurs chez ces derniers que "papa Moffi" a côtoyé un certain Jay-Jay Okocha, l'un des modèles de Terem.

Proche de Alex Iwobi

Passé par l'Université du Nigeria en parallèle de sa carrière professionnelle, Leo Moffi a également rencontré Chuka Iwobi, père de Alex, avec qui il a notamment disputé le championnat universitaire local. Les deux patriarches sont devenus très proches et in fine, l'actuel joueur d'Everton et l'attaquant des Merlus ont grandi ensemble. Et comme le destin ne s'arrête jamais, Alex Iwobi n'est ni plus, ni moins que le neveu de Jay-Jay Okocha.

Okocha, Osimhen, van Persie, Lukaku ; des modèles à la pelle

Athlétique, rapide, tranchant et efficace lors de ses prises de balles, Terem Moffi a sorti l'étendue de sa palette lors de ses dernières sorties. Son but face aux Parisiens en est l'illustration. Des dispositions qui rappellent quelques anciens joueurs nigérians, certains passés par l'Hexagone, et dont le joueur ne manque pas de s'inspirer, comme il l'explique à Ouest-France. "J’ai grandi en regardant jouer Jay-Jay Okocha, Obafemi Martins, Nwankwo Kanu, puis Victor Osimhen. Je regarde beaucoup ce dernier jouer, on a joué ensemble, c’est un vrai modèle. Je suis aussi très fan de Robin Van Persie. C’était le meilleur, pour moi."
Le puissant Nigérian n'a également jamais caché son admiration pour un autre avant-centre, plutôt performant ces dernières saisons, le Belge Romelu Lukaku. C'est d'ailleurs avec l'ancien joueur d'Anderlecht que les comparaisons vont bon train depuis l'arrivée de Moffi en Europe.

SuperLigue ou SuperChampions ? "Ca n'a rien de super, ça ne sert qu'à rapporter du fric"

Il est fan de Chelsea

Il y a pourtant un autre avant-centre qui a grandement influencé le natif de Calabar, et pas des moindres. Élevé dans une famille fan de Chelsea, surtout sa mère, Terem Moffi a grandi au rythme des exploits du club londonien et notamment ceux de Didier Drogba. "Quand on sait que Drogba est passé par la D2 française, on se dit : pourquoi pas moi ? C'est possible. On se met ça en tête, on n'arrête pas d'y penser et on travaille dur", expliquait-t-il à l'hebdomadaire belge Sport/Foot Magazine, l'hiver dernier.
Il y a quelques semaines, Moffi avait tapé dans l'œil de Jean-Louis Gasset. Même si les Girondins avaient disposé des Bretons, l'entraîneur bordelais n'avait pas manqué de souligner la performance du jeune avant-centre juste après la rencontre. "Ce soir, on a vu un gamin de 20 ans nous jongler."
Ardemment désiré lors du dernier mercato estival par Christophe Pélissier qui ne manque jamais de souligner "sa puissance, sa technique et son agilité face au but", Moffi rayonne depuis Noël. Un cadeau idéal en somme pour le FCL qui aura bien besoin de son attaquant pour son opération sauvetage. Une mission qui continue ce mercredi, à Rennes, pour un derby breton déterminant.

Terem Moffi buteur pour sa première en Ligue 1 face à Reims, félicité par Jérémy Morel

Crédit: Getty Images

Ligue 1
"N'importe quoi", "Pas les mots" : A Saint-Etienne, une rouste aux airs de cauchemar
05/12/2021 À 15:19
Ligue 1
0-5, triplé de Terrier : Rennes est sublime, les Verts et Puel dans les abîmes
05/12/2021 À 13:47