Huit supporters ont été placés lundi en détention provisoire et six sous contrôle judiciaire pour les incidents survenus au centre d'entraînement de l'OM, samedi dernier. Dans le box pour cette audience de comparution immédiate, 14 hommes, âgés de 19 à 37 ans, venant pour certains de Mâcon, de la Haute-Marne ou de la région parisienne. Sauf Dorian, qui explique n'être "pas supporter de foot pas du tout", tous reconnaissent être supporter de l'Olympique de Marseille.
"Samedi, j'étais en centre ville. J'ai croisé un copain qui m'a dit qu'il y avait une fête d'avant-match. Là-bas, quand je suis arrivé j'ai compris que ce n'était pas la même chose", raconte Faisal, 23 ans, déjà condamné pour vol avec effractions. Mohamed, saisonnier de 23 ans, était venu spécialement de Bourgogne pour "manifester, pour dire notre mécontentement contre la direction du club". "Le moral était au plus bas", plaide-t-il. Le club, dont le match contre Rennes samedi à 21h a été reporté, vient d'enchaîner trois défaites consécutives.
On veut casser le portail
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Julien, boulanger à Aix-en-Provence, jure quant à lui qu'il n'est "pas rentré une seule seconde dans la Commanderie". "Je suis pas venu pour faire quoi que ce soit, je suis venu pour chanter, dire mon mécontentement", assure-t-il, vêtu d'un sweat-shirt à capuche "Ultras Marseille, since 1984". Si la plupart ont un casier vierge, une poignée comme lui ont déjà été interdits de stade. A Mathieu, 24 ans, dont le compte Snapchat mentionnait "une grosse action à la Commanderie", la présidente glisse: "Vous nous expliquerez la prochaine fois ce que ça signifie, "grosse action"?".

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L'examen des faits a été renvoyé au 24 février à la demande d'une majorité de prévenus. En attendant cette nouvelle audience, huit ont été placés sous mandat de dépôt face à un risque de réitération des faits, a justifié la présidente alors que le PSG est attendu dimanche à Marseille. Dans le box, ils accusent le coup. Six autres ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction pour les non-Marseillais de venir dans la cité phocéenne et interdiction de manifester.
Le procureur avait requis la détention pour tous. "On veut casser le portail, on veut pénétrer, il y a des coups échangés (...) C'est une attaque en règle dès le départ, hyper-violente", avait-il fustigé, indiquant au passage chercher "d'autres auteurs" parmi les quelque 300 supporters présents samedi devant le centre d'entraînement, où 25 interpellations avaient eu lieu.

"Incompréhensibles"

Rassemblés derrière une immense banderole "Cassez Vous" et portant des drapeaux "Dirigeants Dehors", ils avaient commencé par se masser devant les grilles de la Commanderie, allumant pétards, feux d'artifice et fumigènes. Ils en ont lancé un grand nombre au-delà des murs d'enceinte et trois arbres à l'entrée ont fini calcinés. En passant par des champs voisins, une partie de ces supporters sont ensuite entrés dans l'enceinte du centre "y compris dans le bâtiment du groupe professionnel", selon l'OM.

Supporters de l'OM en août 2020 - Photo d'archive

Crédit: Getty Images

Selon les dirigeants, les dégradations dans les bâtiments s'élèvent à "plusieurs centaines de milliers d'euros". Le club a porté plainte dès dimanche. A l'audience lundi, seul Romain, 19 ans, en BTS immobilier, a reconnu être entré dans la Commanderie et s'être "acharné" contre un véhicule. Son avocat Me Christophe Pinel a reconnu "à quel point le cumul de cerveaux peut entraîner une paupérisation de l'intelligence".
Et même si la présidente a bien séparé chaque situation, Me Nicolas Besset, qui défend quatre des prévenus, a regretté en sortant des décisions "incompréhensibles". D'autant que pour lui, "ceux qui ont véritablement commis des actes répréhensibles sont encore en liberté". Ils sont pour la plupart poursuivis pour avoir "participé sciemment à un groupement, (...) en vue de la préparation (...) de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens", pour les dégradations en réunion du centre d'entraînement du club de L1, et pour la dégradation d'une voiture de police, selon la procureure Dominique Laurens. Ils encourent au maximum 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.
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