Son grand saut dans le monde professionnel n'aura pas duré très longtemps. Un peu plus de deux ans. Et encore, Julien Stéphan n'a même pas connu le plaisir de vivre une saison pleine sur un banc de L1. Nommé en décembre 2018 pour prendre la succession de Sabri Lamouchi, le benjamin des entraîneurs de Ligue 1 n'a pas pu aller comme le reste de ses homologues au bout de la saison 2019-2020 en raison de la pandémie du Covid-19. Et il s'en va donc à quelques mois du terme de ce nouvel exercice, forcé de quitter le navire breton avec un enchaînement de mauvais résultats et alors que les critiques de plus en plus dures se multipliaient. Qu'importe, cette démission résonne plus comme un à bientôt qu'un au revoir.
Si son premier passage dans l'élite a été court pour diverses raisons, Julien Stéphan en a profité pleinement pour se faire un prénom dans le monde du ballon rond, lui le fils de Guy Stéphan, l’adjoint de Didier Deschamps en équipe de France. De plusieurs manières. Par ses succès déjà, et c'est bien le principal. Si cette saison a été décevante alors qu'il disposait pourtant d'un effectif ambitieux, le jeune technicien breton de 40 ans restera surtout comme le coach qui a mis fin à la longue disette du Stade Rennais. Grâce à lui, Rennes a décroché la Coupe de France en 2019, son premier trophée depuis 48 ans, acquis en finale face au Paris SG ! Et la saison suivante, il est parvenu à qualifier les Rouge et Noir pour la Ligue des champions, une grande première pour la formation bretonne.
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Il a choisi son timing

Forcément, une telle réussite marque les esprits pour un coach aussi jeune, passé avant sur le banc des moins de 19 ans du club à la réserve. Il a contribué à décoller l'image de loser inlassablement associée au club rennais, où il officiait depuis neuf années. Les supporters bretons n'oublieront ainsi pas de sitôt son passage, tant ils ont vibré dans son sillage entre la Coupe, la C1 mais aussi l'épopée en Ligue Europa en 2019 et ce voyage mémorable à Séville ou encore la victoire contre Arsenal en 8es de finale aller (3-1). La L1 non plus ne risque pas de le ranger dans son placard des indésirables car ce n’est pas un simple formateur réputé qui a su saisir sa chance. C’est un vrai technicien et un meneur d'hommes qui s'est fait sa place. Et le timing de son départ, qu'il a lui-même choisi, illustre encore une fois peut-être sa connaissance fine du milieu.
Julien Stéphan a senti qu'il était temps de s'en aller du Stade Rennais. Son message ne passait plus. Il était émoussé. Et si le président breton Nicolas Holveck, le directeur sportif Florian Maurice mais aussi la famille Pinault ont essayé de le convaincre de poursuivre, il n'a pas voulu s'obstiner pour être le "problème pour le club", comme l'a glissé Florian Maurice, qui a loué sa loyauté et sa franchise. Encore une fois, il a fait les choses avec un professionnalisme louable. Et c'est aussi ce qui restera de sa grande première dans le monde pro. Durant ces deux années, le natif de Rennes a démontré qu'il avait les épaules assez larges pour le costume. A l'aise devant les médias, il n'a ainsi pas fait beaucoup de fausses notes.

Julien Stéphan lors de Rennes-Lille / Ligue 1 2018-2019

Crédit: Getty Images

Il devrait vite rebondir

Sorti gagnant de ses relations tendues avec Olivier Létang même si le départ de l'ancien président rennais n'est sûrement pas étranger aux soucis rencontrés cette saison par la formation bretonne, Julien Stéphan a longtemps su garder la tête haute, même dans les périodes de remous. En peu de temps finalement et malgré quelques critiques de plus en plus virulentes notamment sur sa gestion des cas Clément Grenier ou Mbaye Niang, il s'était même imposé comme la figure clef du club et incarnait le projet breton. Son départ va laisser un grand vide au Stade Rennais. Il n’y a pas de doute à avoir là-dessus. Mais sur le plan personnel, il ne devrait pas mettre trop de temps à rebondir.
La campagne manquée en Ligue des champions malgré les millions investis lors du mercato estival pour se renforcer dans une dimension inédite au Stade Rennais et la série noire en L1 marquée par quatre défaites et deux nuls n'ont pas terni l'image qu'il laisse même s'il n'a pas trouvé les clefs pour relancer son groupe cette saison. Dans quelques mois lors de l’intersaison et alors que les souvenirs de ces derniers mois décevants se seront un peu dissipés, son nom reviendra assurément dans les discussions si un club se sépare de son technicien. Et les défis devraient se montrer à la hauteur de son potentiel.
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