Entre Marseille et Lille, on n’a pas vraiment l’habitude de se partager les points : les deux équipes ne se sont séparées que sur deux matches nuls depuis plus de six ans, dont le dernier remonte à mars 2017. On n’a pas l’habitude de s’ennuyer, non plus. Trois buts ont été inscrits lors de chacune des quatre rencontres de Ligue 1 entre les deux équipes sur les deux dernières saisons. Cette confrontation, qui devient un classique dans la lutte pour la qualification en Ligue des champions, a donc tout de la petite sucrerie du dimanche soir.

Oui mais voilà, Marseillais comme Lillois se cherchent un peu offensivement en ce début d’exercice. Quatre buts en trois matches pour les Phocéens, un par match pour les Nordistes. Le bilan n’est ni alarmant, ni spécialement réjouissant. Il est moyen, tout simplement. A titre d’exemple, seul Angers a marqué moins que ces deux équipes parmi les formations actuellement présentes dans la première partie de tableau. Et si le problème est commun, les leviers à activer sont bien différents.

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Pour l’OM, une attaque à garnir

"Ce n’est pas une nécessité vitale de recruter un attaquant". Le directeur sportif de l’OM Pablo Longoria a joué au bluff mercredi, sur le site officiel du club. Car le besoin est réel, surtout avec la Ligue des champions à disputer. Dimitri Payet sera encore un leader, Florian Thauvin démarre fort. Mais Dario Benedetto est la seule solution naturelle au poste d’attaquant dans le 4-3-3 d’André Villas-Boas. Marley Aké, destiné à gagner du temps de jeu cette saison, n’est pas un pur attaquant de pointe, même s’il a été lancé comme tel contre Saint-Etienne. Valère Germain, lui, "est un joueur pour jouer avec deux attaquants", comme l’a rappelé le technicien portugais samedi.

Quant à la solution Maxime Lopez en faux neuf, la défaite contre Saint-Etienne jeudi (2-0) a rappelé qu’elle n’était absolument pas viable sur la durée. Il ne faut pas oublier, non plus, que Benedetto s’est vite essoufflé. Sur ses onze buts en Ligue 1 la saison dernière, l’Argentin n’en a inscrit que quatre sur les neufs matches de la manche retour. Qui plus est en deux fois, puisqu’il avait vu triple contre Nîmes.

"Pipa" cherchera à ouvrir son compteur dimanche, et son retour de suspension ne pourra faire que du bien à un OM qui sait toujours se créer des occasions. Mais il a clairement besoin d’un concurrent. "J'espère si tout va bien qu’on fera venir d'ici la fin du mercato l'attaquant qu'on a choisi", a résumé AVB, beaucoup plus catégorique que son directeur sportif.

Le LOSC doit (encore) toute reconstruire

A Lille, la problématique est différente. Arrivé en fin d’année 2017 dans le Nord, Christophe Galtier sait à quoi s’en tenir : il est susceptible de perdre ses meilleurs éléments à chaque fin de saison. Victor Osimhen avait compensé les départs de Nicolas Pépé et Rafael Leao ? Le coach des Dogues doit maintenant gérer celui de l’international nigérian, qui a rejoint Naples cet été après avoir pesé treize buts en Ligue 1 pour son premier exercice dans l’élite. Celui de Loïc Rémy, aussi, parti libre après sa saison à sept buts. Ce sont près de 60% des buts lillois en championnat qui se sont envolés cet été.

Jonathan David, le nouvel atout offensif du LOSC

C’est donc avec Burak Yilmaz (35 ans) et le prometteur Jonathan David (20 ans) que Lille a décidé de rebondir. Mais les deux hommes n’ont pas encore trouvé le chemin des filets malgré un temps de jeu conséquent : trois matches sur trois pour David, deux pour Yilmaz. "Jonathan David sait qu’il est loin de son niveau, mais il sait qu’il peut compter sur moi et sur ses partenaires pour vite le retrouver, a reconnu Christophe Galtier devant la presse vendredi. Il n’a joué aucun match amical. Donc automatiquement, il est arrivé en déficit de repères, d’intensité, de connexions avec le jeu. Il a donc besoin de séances et de matchs."

Une fin de mercato incertaine

Même son de cloche du côté de Benjamin André : "On manque donc parfois d’automatismes. Mais la saison dernière, c’était un peu la même chose, ça prend du temps, a expliqué le milieu de terrain lillois. On doit trouver plus de fluidité offensive et aussi à être plus décisifs. La qualité des joueurs, on la connaît, on la voit. C’est surtout sur le plan tactique que ça prend du temps. Il faut des semaines. On a très bien travaillé, la compréhension commence à venir."

Avec un duo Ikoné-Bamba qui entame sa troisième saison commune mais également Luiz Araujo ou encore Timothy Weah, Lille ne manque clairement pas de matériel mais doit encore tout refaire, alors qu’une autre arrivée pourrait être enregistrée devant (Alfredo Morelos ?). L’inverse d’un OM appliqué à donner plus de volume à un effectif presque inchangé. Et qui aurait du mal à se remettre d’un départ majeur en cette fin de mercato.

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