Il était remonté comme un coucou. Comme toujours ? Non. Encore plus que d'habitude. Avant le derby, Burak Yilmaz n'avait pas beaucoup apprécié la petite provocation de Gaël Kakuta. Il l'avait fait savoir, lui aussi face à la presse : "Par rapport au respect, il aurait dû garder ça pour lui." Et pour être certain que le message soit bien passé, il s'est fâché tout rouge sur la pelouse de Bollaert-Delelis pour permettre à Lille de s'imposer largement à Lens (0-3) et de faire un nouveau pas vers le titre.
Inarrêtable ces dernières semaines, le buteur turc a encore pris ses responsabilités. Avec beaucoup d'envie, de puissance et de force, autant de qualités qui le caractérisent. Mais aussi avec beaucoup d'intelligence. Avant de s'élancer pour s'occuper d'un penalty que Jonathan Bamba avait provoqué dès la 2e minute de jeu, l'attaquant de 35 ans a observé, réfléchi, pensé.
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Face à Nantes puis à Brest, il avait choisi de croiser ses tirs, comme souvent. Ce vendredi soir, il n'était pas question de changer ses bonnes habitudes. Mais il fallait du culot, de la précision et une sacrée dose de confiance pour viser la lucarne et rendre son tir imparable pour Jean-Louis Leca, qui avait probablement étudié la chose.

Mécontent d'être remplacé

Sa deuxième réalisation, un pétard de 30 mètres envoyé du pied gauche, restera comme l'un des bijoux de cette saison de Ligue 1. Et, peut-être, comme le symbole d'une épopée. Yilmaz, lui, est d'ores et déjà l'incontestable patron de ce LOSC qui, s'il n'est pas sacré champion de France, aura quand même bouclé le meilleur exercice comptable de son histoire. Et si titre il y a, il faudra féliciter le roi Burak autant que Christophe Galtier, tant il aura joué un rôle majeur dans le sprint final autant que dans les grands matches. À Montpellier, Nîmes, Metz ou encore Lyon, le buteur d'Antalya s'était occupé de tout.

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Sans lui, le bateau lillois a parfois tangué. Avec lui, l'équipe est transcendée. "C'est la personnalité, il a du charisme, disait récemment de lui Christophe Galtier. Il montre qu'il est très heureux dans les victoires mais il a une colère incroyable dans la contre-performance, individuelle et collective. [...] Il est dans les extrêmes." Voilà pourquoi il n'a pas beaucoup apprécié d'être remplacé à 15 minutes de la fin du match, ce vendredi soir, alors que le match était déjà plié.
Le choix de Galtier, pourtant, dit pourtant tout de son importance pour la fin de saison. "Il avait déjà été surpris de mon choix lors du dernier match face à Nice, a expliqué l'entraîneur après le match. Mais il est en sursis puisqu'il a deux avertissements. Et là, je l'avais prévenu. J'attendais ce 3e but pour qu'il puisse sortir." S'il avait écopé d'un carton jaune, l'attaquant aurait automatiquement été suspendu. Et si Lille n'en serait probablement pas là sans lui, c'est qu'il ne peut pas se passer de lui pour le sprint final.

Burak Yilmaz, buteur contre le RC Lens avec Lille en Ligue 1

Crédit: Getty Images

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