Les supporters de l'OM ont bien des raisons de s'en réjouir. Ils auraient peut-être tort, aussi de s'enflammer. Depuis l'arrivée de Jorge Sampaoli, Dimitri Payet redevient, peu à peu, celui qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être. De nouveau impliqué, constamment décisif ces dernières semaines, le meneur de jeu peut garantir une fin de saison encourageante pour le club phocéen. Et pas grand-chose de plus pour la suite.
Avec l'entraîneur argentin, l'international tricolore a retrouvé toutes les constantes de son épanouissement : une position plus axiale sur le terrain, des responsabilités accrues et une confiance totale d'un coach venu avec des idées nouvelles. "Il est de plus en plus en forme mentalement, ce qui est le plus important, a noté Sampaoli avant le match opposant Marseille à Strasbourg, ce vendredi soir (21h00) dans le cadre de la 35e journée. Il joue de plus en plus près du but adverse, marque des buts, délivre des passes décisives. Il semble avoir compris le plan de jeu que l'on veut mettre en place. On espère qu'il va maintenir cette forme sur la durée."

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Le Zurdo se méfie : en tacticien omniscient, il a étudié les trajectoires de chacun de ses joueurs en long, en large et en travers avant de débarquer sur la Canebière. Il sait pertinemment que la carrière marseillaise de Payet a connu quelques pics qui ont, eux-mêmes, toujours été suivis de longs coups de mou. "Il a souvent manqué de régularité à son meilleur niveau, a analysé l'ancien coach de Séville. Il faut comprendre pourquoi, diagnostiquer, et lui donner les outils pour que ça ne se reproduise plus."

Avec Garcia et Villas-Boas, beaucoup de similitudes malgré des relations différentes

Pour l'instant, tout roule. Depuis que Sampaoli a débarqué sur le banc, le Réunionnais a cumulé trois réalisations et six passes décisives en sept matches de Ligue 1. Surprenant ? Certainement pas. Depuis son retour à Marseille, Payet a pris l'habitude d'impressionner ses nouveaux entraîneurs. Et de les frustrer à la fin de leur mandat. La preuve.
Sous Rudi GarciaSous André Villas-Boas
Les 15 premiers matches de Payet en Ligue 14 buts et 3 passes décisives6 buts et 3 passes décisives
Les 15 derniers matches de Payet en Ligue 12 passes décisives 3 buts et 2 passes décisives
Comment être sûr que ce schéma-là ne se reproduira pas, alors que Payet vient de fêter ses 34 ans et qu'il n'est donc plus franchement malléable ? "Il faut que le foot soit à la hauteur de toutes ses tentations, que ce soit sa priorité et qu'il se concentre sur le jeu, a martelé Sampaoli. Pour les footballeurs, profiter pleinement de leur activité est devenu de plus en plus difficile. Il faut leur donner des éléments pour maintenir leur niveau de concentration au-dessus du reste."
L'entraîneur olympien est le premier à anticiper une baisse de régime de son leader. Ses deux prédécesseurs, Rudi Garcia et André Villas-Boas, s'étaient eux contentés de lui accorder toute leur confiance. Avant de la reprendre, pour des raisons similaires. Payet s'implique lorsqu'il y a de l'enjeu. Il se sublime sous la pression. Mais il lui arrive aussi de s'éparpiller lorsque son équipe traverse des périodes plus délicates.

Sampaoli et l'espoir... Bielsa

À l'époque, Rudi Garcia avait fini par l'installer sur le banc des remplaçants. L'actuel coach de l'OL avait d'abord justifié son choix par des considérations tactiques avant d'évoquer, face à la presse, la méforme du milieu de terrain. "Nos rapports s'étaient détériorés, expliquait le joueur en novembre 2019. Je ne sais pas trop comment le dire, mais on a eu des moments plutôt chauds. La communication ne passait plus, il y a eu des prises de tête. Mais je parle de mon cas personnel. J'ai un caractère assez difficile, aussi."

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Payet n'est effectivement pas le joueur le plus facile à gérer. Ses humeurs sont changeantes. Ses états d'âme sont nombreux. Sous Garcia, le journal L'Equipe révélait que le joueur n'avait pas apprécié que le salaire de Kevin Strootman soit largement supérieur au sien. Sous Villas-Boas, il s'était accroché avec Florian Thauvin et avait fini par perdre la confiance du coach portugais en débarquant à l'entraînement avec beaucoup de retard, comme le révélait RMC Sport. Le Portugais, qui l'avait longtemps défendu en conférence de presse, s'était lui aussi résolu à l'installer sur le banc des remplaçants après l'avoir jugé hors de forme.
Désormais, Payet est de nouveau sur les rails. Physiquement, le changement est bluffant. Sur le terrain, les performances sont réjouissantes. Pour autant, le doute subsiste. "Aujourd'hui, le plus difficile pour un entraîneur est de maintenir le rendement d'un joueur sur la durée", a continué Sampaoli. Pour cela, l'Argentin pourra s'inspirer de son modèle, Marcelo Bielsa. Le seul qui a obtenu de Payet un meilleur rendement à la fin qu'au début. Mais à l'époque, le numéro 10 avait quitté le navire avant El Loco...
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