D'ordinaire, Paris se remet de ses échecs européens en se replongeant dans la routine d'un championnat qu'il a déjà plié. Mais cette fois, la pression n'est pas retombée. Cinq jours après son élimination en demi-finale de Ligue des champions, le Paris Saint-Germain reste sous pression. Vendredi, Lille a écrasé le derby du Nord et ainsi forcé le club de la capitale à ne pas perdre face à Rennes, ce dimanche (21h00) sous peine d'offrir une balle de match aux Dogues dès la prochaine journée. Une nouvelle fois, le champion de France en titre est donc au pied du mur. Tout ce qu'il déteste.
Cette saison plus que jamais, Paris perd pied lorsque les événements ne tournent pas en sa faveur. Ce fut le cas lors de sa confrontation face à Manchester City, à l'aller comme au retour. Au Parc, Idrissa Gueye a vu rouge six minutes seulement après le deuxième but citizen, pour une grosse faute de frustration. À l'Etihad, Angel Di Maria a également été exclu... six minutes après le break de Mahrez, et pour un vilain geste d'humeur. Étonnante similitude.
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D'autant que ce constat n'est pas isolé. En phase de groupes, les Parisiens avaient également dégoupillé à Leipzig, après avoir été renversés par le club allemand à la suite, notamment, d'un penalty raté de Di Maria. À ce moment-là, une défaite complexifiait franchement la tâche du vice-champion d'Europe, déjà battu par Manchester United lors de son premier match. Quand il est dos au mur, le PSG souffre. Et le mal semble être profond.

Deux fois plus de cartons rouges que les trois autres demi-finalistes réunis

"Ce peut être lié au syndrome de la 'remontada', glisse Anthony Viale, préparateur mental. C'est une trace qui est restée ces dernières années et qui est devenue une peur. D'ailleurs, que les Parisiens soient parvenus à performer lors des matches allers à chacun des tours de la phase finale avant de flancher aux retours en est une conséquence."
Interrogé à ce sujet, Mauricio Pochettino avait lui préféré balayer cette hypothèse : "Une équipe sans qualité mentale ne pourrait pas éliminer le Bayern Munich ou Barcelone et ne pourrait pas jouer à ce niveau, avait assuré l'Argentin. Soit on a le mental, soit on ne l'a pas. On ne peut pas l'avoir pendant un match et le perdre lors du suivant."

Le PSG est-il impossible à coacher ?

Cette saison, le PSG a écopé de dix cartons rouges toutes compétitions confondues. Exactement deux fois plus que Chelsea, Manchester City et le Real Madrid - les trois autres demi-finalistes de C1 - réunis. Une différence colossale que les nuances culturelles d'arbitrage en fonction des championnats ne suffisent pas à justifier.
Pire, sur ces dix exclusions, huit ont été subies lorsque Paris était mené au score. Une autre lorsque le club de la capitale a perdu le fil à Monaco, après avoir été rejoint au tableau d'affichage alors qu'il avait deux buts d'avance. Preuve que si le vieux traumatisme de la remontada peut être une piste, il n'est pas la seule explication.

Paris, pas habitué à être malmené

"À 1-1, le PSG s'est effondré sur le plan mental, notait Arsène Wenger après la demi-finale aller, sur beIN SPORTS. C'est lié au fait que cette équipe a perdu huit matches de Ligue 1 cette saison. Cela a des conséquences dans ce genre de situations. À 1-1, l'équipe se souvient qu'elle a perdu beaucoup de rencontres. Elle ne se sent pas imbattable. Sa confiance a diminué."
Depuis qu'il est passé sous pavillon qatarien, jamais le club de la capitale n'avait concédé autant de défaites en championnat. Ces dernières années, Paris a donc pris la mauvaise habitude de mener une vie tranquille en Ligue 1. Et le paie désormais dans toutes les compétitions.
"Quand ils sont malmenés, on sent qu'ils sont vraiment submergés par les émotions, ajoute Anthony Viale. Ils sont à fleur de peau. Ça se voit dans les réactions et c'est la raison pour laquelle il arrive que ça parte dans tous les sens. La manière dont cette équipe gère ses émotions est extrêmement mauvaise. C'est frappant." Mauricio Pochettino préfère y voir un problème conjoncturel : "Ce qu'on vit en ce moment est atypique par rapport à d'habitude, disait-il récemment. Ce n'est pas seulement une question d'émotions. Il y a plein de choses qu'on essaie d'optimiser pour être meilleurs."

Le cas de l'influent Neymar

En réalité, l'entraîneur argentin pourrait tenter d'éviter l'épineux cas de certaines individualités, comme ses prédécesseurs. "Certains joueurs cherchent énormément la confrontation directe, parfois même une certaine forme de violence, explique celui qui est spécialisé en psychologie du sport. On peut évoquer Neymar, mais aussi Paredes. Tout cela est très répétitif au PSG. On l'a vu en Ligue des champions mais aussi en Ligue 1, face à l'OM ou Lille."

"Aucun tir cadré, émotions mal maitrisées : Paris ne peut pas avoir de regrets"

Mais comment rectifier le tir ? "Il faut remettre un cadre pour certains des joueurs qui sont mis sur un piédestal alors que leur comportement n'est pas le bon, ajoute Anthony Viale. Paris aurait beaucoup à gagner en accordant plus de place à la préparation mentale. Je sais qu'ils ont bénéficié d'interventions de spécialistes. Mais elles ont été trop ponctuelles."
À son arrivée, Mauricio Pochettino avait promis de faire du travail psychologique l'une de ses priorités. Depuis, son discours a évolué. Et en interne, les solutions ne sont pas nombreuses. "Marquinhos est un bon capitaine, son attitude est souvent irréprochable, souligne le préparateur mental. Mais est-il un bon communicant pour transmettre ses valeurs ? Est-il suffisamment influent pour pouvoir recadrer un joueur comme Neymar ?"

Neymar discute avec l'arbitre lors du match opposant le PSG à Lille, le 3 avril 2021, en Ligue 1

Crédit: Getty Images

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