Depuis deux mois, on n'entendait que lui : quand Salin est sur le terrain, c'est un flot continu de consignes, de rappels, d'encouragements, de félicitations qui rend un peu de vie aux stades vides. "C'est un gardien de but très expressif. Déjà l'année dernière, quand il jouait, même avec 30 000 personnes, il avait cette activité vocale-là", explique son entraîneur Julien Stéphan. "Il a besoin de ça pour rester dans son match. Après, il faut demander aux joueurs si cela ne leur fait pas trop mal à la tête".
Passé par la Ligue 2 et le Portugal, Salin a été la doublure d'Edouard Mendy l'an dernier, avant d'assurer un premier intérim convaincant lorsque ce dernier est parti à Chelsea, puis de reprendre du service quand le nouveau N.1, Alfred Gomis, s'est blessé fin novembre. Mais alors que Gomis était rétabli début janvier, Stéphan a laissé Salin dans les cages. Question de "dynamique", assurait-il.
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Sueurs froides

Le longiligne gardien de 36 ans a donc continué à donner de la voix, tandis que Gomis, recruté en urgence à Dijon pour plus de quinze millions d'euros, se morfondait sur le banc. Sa lecture du jeu, ses interventions dans la profondeur et plusieurs arrêts importants ont souvent permis à Salin de se montrer décisif. Mais ses lacunes dans le jeu aérien ont aussi coûté cher à Rennes, en particulier contre Lyon (2-2) et Lille (0-1).

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Ce dernier match, la première défaite de Rennes en huit rencontres, a brisé la "dynamique". Moins bavard, plus fébrile, coupable de relances hasardeuses et capable de s'aventurer ballon au pied jusqu'au milieu de terrain, Salin a donné des sueurs froides aux supporters.
Verdict : "C'est Alfred qui jouera samedi", a annoncé Stéphan jeudi. Depuis le début du mois, le gardien sénégalais a montré "un haut niveau de performance dans les séances d'entraînement. Maintenant, c'est à lui de transformer ça pendant les matches". Arrivé blessé, Gomis n'avait pas brillé en octobre et novembre, à l'exception d'une prestation magistrale en Ligue des champions à Séville, où il a longtemps maintenu à bout de bras des Rennais complètement dépassés, finalement battus 1-0.
Le vrai Alfred
Mais il a eu la malchance de débuter quand Rennes, peinant à jongler entre Ligue des champions et Ligue 1, enchaînait les contre-performances. D'où un bilan peu flatteur pour les matches où Gomis officiait : six défaites, deux nuls et une seule victoire. Passé lors du début de saison tonitruant de Rennes et revenu juste avant le rebond de cet hiver, Salin compte lui neuf victoires pour quatre nuls et quatre défaites.

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"On n'avait peut-être pas vu complètement le vrai Alfred Gomis sur les 2 ou 3 premiers mois parce qu'il était arrivé tardivement et qu'il avait eu quelques soucis physiques. Là je peux vous assurer qu'il est en grande forme", a assuré Stéphan. "Il est complètement libéré". Excellent dans le domaine aérien et sur sa ligne - les deux points faibles de Salin -, Gomis affiche beaucoup moins de maîtrise dans la relance et le jeu au pied. "Il va s'adapter", a promis Stéphan.
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