"Les histoires d'amour finissent mal"... On connaît la ritournelle, encore plus dans le monde du football. Mais le doivent-elles vraiment ? Le départ de Christophe Galtier à Lille semble prouver qu'une fin heureuse est possible… Rudi Garcia, qui a également quitté son club, semble pourtant abonné à des fins houleuses, sur fond de tragédie et de désamour criant et crié. Son départ de l'OL, conjugué à son entretien incendiaire pour L'Equipe qui a provoqué un tollé de réactions, fait écho à celui qu'il avait déjà connu à Marseille, où il n'est guère plus apprécié qu'à Lyon. Mais, avec Rudi Garcia, c'est quoi le problème ?
Ce n'était jamais de sa faute ! Tout le temps l'arbitrage...
Pour qu'en simplement deux jours après l'officialisation de son départ, il ait pu réussir à critiquer ouvertement son directeur sportif, avant de se faire tacler sur Twitter par son président, ses joueurs passés comme présents, et ses supporters, c'est que le mal doit être profond. On fait difficilement pire comme départ que celui de Rudi Garcia à Lyon, et si tout le monde lui tombe dessus, c'est qu'il doit y avoir un problème commun. Bruno Guimaraes, son désormais ancien joueur, lui reproche son "manque de cohérence" sportive, quand son attitude est surtout pointée du doigt, tout comme sa communication, montrant son incapacité à se remettre en question.
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Nous nous étions déjà posé la question à l'approche de l'Olympico entre Marseille et Lyon il y a quelques mois, pour essayer de comprendre le rejet des supporters lyonnais comme marseillais envers son personnage. Une des réponses qui était le plus sortie de la part des supporters de l'OM concernait ce manque de responsabilité. "Ce n'était jamais de sa faute ! Tout le temps un problème avec l'arbitrage, jamais avec ses choix", regrettait-on dans les rangs olympiens. Il était également question d'une communication "foireuse" pour d'autres, voire même désastreuse à présent, et qui malheureusement ne le grandit pas, comme lorsqu'il déclare au sujet de ses relations tendues avec Juninho : "Je mets ça sur le fait qu'il soit trop épidermique, trop à fleur de peau". Un coupable dont ce ne serait jamais la faute, donc.

De bons souvenirs à Lille, premières tensions à Rome

Mais est-ce un phénomène récent ? Au Mans (2007-2008) et à Lille (2008-2013), ses deux premiers passages notoires en France, on garde de bons souvenirs de lui. Champion de France avec les Dogues en 2011, Rudi Garcia a entretenu de très bons rapports avec les supporters lillois, qui avaient d'ailleurs manifesté contre son limogeage en 2009, avec gain de cause, avant de le remercier chaleureusement par des chants en son honneur après son départ à l'AS Rome en 2013.

A Lille, Rudi Garcia a réussi à tisser un lien fort avec ses joueurs et avec les supporters

Crédit: AFP

C'est donc peut-être en Italie que l'effet Garcia a commencé à connaître ses limites. En ayant remis la Louve au premier plan italien dans le domaine sportif, c'est le caractère de l'entraîneur qui a fini par jouer en sa défaveur. Le rédacteur du site transalpin Il Mattino Marco Giordana était d'ailleurs revenu dessus pour le site Foot Mercato en 2020 : "Rudi Garcia a été un entraîneur 'double face'. Il y a eu des périodes plus compliquées au cours desquelles il n'a pas forcément su afficher les qualités de leadership nécessaires. Il n'a pas su conquérir pleinement l'environnement de la Roma et n'a pas su donner le meilleur de lui-même". Sans que le technicien de 57 n'oublie d'avoir un mot pour l'arbitrage, déjà. "Ma Roma gagnerait-elle le Scudetto avec la VAR ? Je ne sais pas...", avait-il réaffirmé pour le Corriere dello Sport à la même période.

Marseille et Lyon, ou la caricature d'un Rudi Garcia aux mille excuses

C'est donc sûrement à Marseille que le "personnage Rudi Garcia" a fini par se renfermer dans sa caricature. Malgré des performances sportives louables dans un premier temps, et la formidable épopée de Ligue Europa en 2018 avec l'OM, rien n'y a fait. Une troisième saison compliquée sur le plan des résultats, et qui a suffi à imprimer le tacticien comme trop insupportable aux yeux des observateurs de France, et surtout des Marseillais eux-mêmes. Les "je t'aime" du début ont laissé place aux "Garcia, dégage" dans les travées du Vélodrome, et ont laissé des traces de cette rupture douloureuse, en particulier chez les joueurs.
Le capitaine marseillais Dimitri Payet n'avait d'ailleurs pas eu des mots tendres pour son ex-entraîneur, expliquant que les deux hommes ne s'étaient "pas quittés en bons termes". Sa célébration agressive et son coucou vers Garcia lors du match Marseille-Lyon (2-1) des "retrouvailles" quelques jours plus tard avaient sûrement été assez explicites pour confirmer que le divorce était bien consommé entre Garcia et Marseille...

Payet et Garcia

Crédit: Getty Images

Et si les histoires "finissent mal", c'est peu de dire qu'elle n'a pas bien commencé à Lyon pour l'ancien milieu de terrain. Rejeté dès son arrivée à l'automne 2019 par une partie des supporters, Rudi Garcia n'a pas digéré cet "accueil injuste" selon lui. L'atmosphère hostile autour du club, et un personnage "trop arrogant à l'ego trop important" selon des supporters lyonnais ont, une nouvelle fois, fini par fatiguer tout le monde. Cette fois-ci, la faute n'a pas été mise sur l'arbitrage, mais sur Juninho, le directeur sportif, et même sur les journalistes il y a trois semaines. En dépit des diverses excuses qu'il aura pu trouver dans le Rhône, Rudi Garcia quitte Lyon sans les objectifs remplis avec cette quatrième place non-qualificative pour la Ligue des champions, et sans les honneurs non plus, après cette dernière saillie dans la presse où il aura choisi de tirer à balles réelles sur ses anciens collègues plutôt que de faire profil bas.
Ce qui a marché un temps en termes de communication, ne marche plus, indéniablement. Rudi Garcia, et ce qu'il représente, n'ont sûrement plus leur place dans le cœur des Lyonnais, et peut-être même plus en Ligue 1 tout court. Si le principal intéressé se dit prêt à relever un nouveau challenge, on voit cependant mal quel club en France pourrait offrir un poste à un entraîneur qui assume si peu ses propres échecs, encore plus avec de telles déclarations une fois l'aventure terminée. Il semblerait que désormais, les histoires ne se finissent que d'une seule façon pour Rudi Garcia...

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