Si on avait dit cet été à Jean-Michel Aulas et à ses supporters que l’Olympique Lyonnais ne serait qu’à deux points du Paris Saint-Germain (et de Lille) après 20 journées, ils auraient sans aucun doute signé des deux mains. De fait, tout va bien pour l’OL en championnat depuis le début de la saison, malgré la récente défaite face à Metz (0-1). Rudi Garcia a trouvé son onze de départ, son 4-3-3 fonctionne et les hommes associés dans le cœur du jeu comme en attaque répondent présent. Pour autant, tout n’est pas parfait pour les Rhodaniens, dont les remplaçants manquent parfois d'impact. Surtout dans le secteur offensif, fragilisé par les départs l’été dernier de Martin Terrier, Amine Gouiri et Jeff Reine-Adelaïde, seulement compensés par le seul Tino Kadewere.

Les seuls remplaçants décisifs sont titulaires

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Si le banc est massivement fourni sur le plan défensif avec Di Sciglio, Bard, Diomandé ou encore Benlamri, ainsi qu'au milieu avec Guimares et Caqueret, premier remplaçant en règle générale, c’est loin d’être la même chose en attaque, avec seulement deux joueurs à vocation offensive sur le banc, Rayan Cherki et Islam Slimani, ou Moussa Dembélé avant lui. Et, malgré les promesses de l’un et les certitudes théoriques entourant l'autre, l’OL a le plus grand mal à tirer quelque chose de son banc. Depuis le début de la saison, seul Dembélé a marqué en venant du banc, face à Reims (3-0) dans un match déjà plié. Des statistiques faméliques qui pénalisent forcément Lyon dans sa course au titre pour laquelle Rudi Garcia aura besoin de toutes les forces vives possibles.

Rayan Cherki face à Montpellier

Crédit: Getty Images

L’entraineur lyonnais a pourtant su exploiter son banc à plusieurs reprises cette saison. On se souvient notamment de son coaching gagnant lors du derby aller, finalement remporté (2-1) par l'OL, ou bien à Montpellier (défaite 1-2) ou encore face à Brest (2-2). Les cinq buts marqués par l’OL dans ces trois matchs l’avaient été par des joueurs remplaçants au départ. Preuve que Lyon a un banc ? Pas vraiment. C’est même tout le contraire. Face aux Stéphanois, c’est Kadewere, rentré en jeu mais habituel titulaire, qui s’était offert un doublé sur des passes de Maxwell Cornet, autre titulaire régulier entré en jeu.

Même chose face à Brest et Montpellier avec des buts de Depay (deux fois) et Cornet. A chaque fois que Rudi Garcia essaie de faire tourner, on se rend compte de la différence, les titulaires étant souvent obligés de venir sauver la mise en seconde période. Jusqu’ici, cela n’avait pas trop joué sur les résultats -plutôt très bons – de l’OL. Mais cela pourrait changer à tout moment.

Un manque qualitatif comme quantitatif

Face à Metz (0-1) dimanche dernier, les trois attaquants lyonnais Depay-Toko Ekambi-Kadewere n’étaient pas dans leur réussite habituelle et Rudi Garcia aurait bien eu besoin de forces offensives venues du banc pour apporter de la fraîcheur et de la justesse. Sauf qu’il n’a pas vraiment eu le choix des hommes à utiliser et que ceux-ci peinent à être convaincants. Toujours enthousiasmant et brillant par ses percussions, Rayan Cherki peine encore à se montrer décisif et juste dans le dernier geste. A 17 ans, c’est plutôt normal et le souci serait plutôt qu’il est l’option offensive numéro 1 sur le banc.

Arrivé en janvier, Islam Slimani est encore loin d’être physiquement prêt et, s’il pourrait toujours apporter plus que Dembélé, encore faudra-t-il pour cela qu’il pense à frapper lorsqu’il est servi idéalement dans la surface, au lieu de chercher un coéquipier plus mal placé que lui, comme cela a été le cas face à Metz. Et derrière, c’est le néant. Lyon n’a tout simplement aucune autre force vive sur laquelle compter, à l’exception de Yaya Soumaré, régulièrement appelé mais qui ne compte qu’un ballon et trois minutes de jeu en Ligue 1.

La gestion de Cherki par Garcia, quelque part entre le populisme et l’ancien monde

C’est trop peu pour une équipe qui espère bien décrocher son premier titre de champion de France depuis 2008. Une tout autre époque où l’OL comptait pas moins de dix joueurs offensifs (contre cinq cette saison) dans son effectif. Si la situation économique n’est plus la même et que les besoins quantitatifs sont tous autres qu’à une époque où Lyon rêvait de Ligue des champions et des quatre trophées, le club rhodanien aurait tout de même intérêt à se renforcer dans la dernière ligne droite du mercato hivernal. Au moins pour renforcer quantitativement un effectif qui en aura bien besoin pour viser le titre.

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