C'est un mal qui laisse des traces. L'OM en sait quelque chose. Samedi, Florian Thauvin a poursuivi la mauvaise série phocéenne sur penalty. Encore une fois, un tireur marseillais a vu sa tentative à 11 mètres échouer. Une bien mauvaise habitude pour cette équipe olympienne qui affiche un taux de conversion de penalties catastrophique depuis le coup d'envoi de la saison (25%, soit un sur quatre), le pire parmi toutes les formations des cinq grands championnats européens. Déjà pas forcément très séduisant dans le jeu, l'OM se complique encore un peu plus la tâche. Mais alors, comment y remédier ?
A écouter André Villas-Boas, c'est une question de profil et de confiance. "A chaque fois qu'un joueur rate deux penalties, je change. C'était le cas pour Payet avec Porto et Angers, et Flo en a raté deux aussi. Alors, on va devoir en trouver un autre", a glissé samedi le technicien portugais fataliste. Mais n'y a-t-il un meilleur moyen de se préparer au mieux pour cet exercice ? "Il est important de se rappeler que l'on peut s'entraîner et s'améliorer sur penalties, estime Ben Lyttleton, spécialiste "ès penalties" et auteur du très documenté Twelve Yards, the Art and Psychology of the Perfect Penalty. La perception dominante est qu’il s’agit d’une loterie et qu'on peut laisser les joueurs faire. Mais c’est faux !"
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L'entraîneur a rarement son mot à dire
Si un penalty peut faire tourner un match dans un sens ou dans l'autre, cet exercice n’est pas toujours très bien préparé durant les entrainements tout au long de la saison dans l'Hexagone. "De temps en temps en fin de séance, les joueurs restent un petit peu pour en tirer quelques-uns, nous raconte Pierre-Alain Frau, qui aimait cet exercice. Ou avant les matches de Coupe, c'est souvent une tradition de tirer les penalties pour se préparer aux tirs au but. Mais c'est fait à la fin de séance et on en tire cinq à six."
En clair, un peu à la va-vite. Et les joueurs s'y attellent vraiment avant un match couperet qui peut se finir aux tirs au but. Comme l'a fait d'ailleurs l'OM la semaine dernière avant le Trophée des champions. "On s'était entraînés à cause du PSG", a glissé AVB ce weekend. Pour la préparation aux penalties, c'est une autre histoire même s’il peut y en avoir à chaque match. "Cela dépend beaucoup des profils, a constaté Ben Lyttleton, qui s'est passionné pour la question après avoir été agacé par cette idée de fatalité des échecs anglais en sélection aux tirs au but. Certains aiment tenter 20 à 30 tirs après chaque séance, certains cinq ou dix. Je connais certains joueurs qui ne quittent le terrain d'entraînement qu'après en avoir marqués 10 d'affilée. Ce que j'ai remarqué, c'est que l'entraîneur a en revanche rarement son mot à dire et laisse souvent le joueur faire ce qu'il veut".

Frau : "C'est dur de travailler cela à l'entraînement"

Dans le monde du ballon rond domine encore cette impression que c'est une question de feeling plus que de travail. "Pour moi, n'importe quel joueur pro est capable de tirer un penalty sans problème, reconnait d'ailleurs Frau, l'ancien attaquant de Sochaux, Lyon ou encore du PSG. Ce n'est pas un souci technique. Le souci, c'est la gestion des émotions et c'est dur de travailler cela à l'entraînement. Les conditions de match sont tellement difficiles à reproduire. Par exemple, on ne tire pas un penalty de la même façon à 0-0 à la 90e qu'à 4-0 à la 50e. Ou si tu es attaquant et que tu as raté trois face-à-face avant, tu n'arrives pas dans les mêmes conditions. Il n'y a pas de vérité. Même si je pense que c'est une histoire d'habitude. Et que les gardiens ont aussi beaucoup progressé là-dessus".
De plus en plus de portiers s'appuient en effet sur des statistiques pour aborder au mieux ces échéances. Et réduire l'incertitude en récoltant les habitudes des frappeurs adverses. Ce qui n’est pas encore forcément vrai dans le cas inverse. "Les attaquants ne sont pas intéressés par les datas sur penalty", a pu remarquer Ben Lyttleton, qui a réalisé une newsletter cette semaine sur l'impact des stades privés de supporters lorsqu’on tire un penalty. "J'aurais plus eu l'impression que ça allait me perturber qu'autre chose", avoue d'ailleurs PAF, devenu entraineur des U19 de Sochaux et qui préférait faire confiance à son intuition. En attendant, le feeling marseillais ne porte lui pas vraiment ses fruits. Et l'OM en paye les pots cassés.
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