C'était il y a maintenant neuf ans, quasiment jour pour jour. Le Paris Saint-Germain nommait Carlo Ancelotti pour prendre place sur le banc parisien. Quitte à limoger Antoine Kombouaré, ancienne figure légendaire du club en tant que joueur et alors leader du championnat en tant qu'entraîneur. Un choix fort. Mais la fin justifiait les moyens. L'opportunité de recruter un coach ultra-réputé au plus haut niveau et qui avait déjà gagné la Ligue des champions était trop belle. Comme un message adressé au monde entier pour afficher les ambitions du nouveau riche parisien.
Neuf ans plus tard, c'est un profil radicalement opposé à celui de l'Italien que le PSG est allé chercher. A tous les niveaux. Mauricio Pochettino, ce n'est pas vraiment le pragmatisme façon "Carletto". Ce n'est pas le parcours prestigieux du technicien transalpin, passé par la Juve, Milan et Chelsea avant de débarquer au PSG. C'est encore moins le palmarès de l'ancien milieu milanais, champion d'Italie, d'Angleterre et double vainqueur de la Ligue des champions avant de poser ses valises dans la capitale française. Quand celles de Pochettino sont encore vides de trophées.
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Encore tout à prouver

Le contraste est symbolique. Il illustre parfaitement le changement de cap opéré par le PSG depuis le départ d'Ancelotti à l'été 2013. L'Italien avait déjà tout prouvé. Tous ses successeurs, eux, avaient encore tout à prouver. De Laurent Blanc à Mauricio Pochettino en passant par Unai Emery et Thomas Tuchel. A des degrés divers, selon les palmarès de chacun. Blanc possédait quelques références après avoir dirigé les Bleus dans un grand tournoi international à l'Euro 2012 et conduit Bordeaux au titre de champion de France et aux quarts de finale de la Ligue des champions.

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Mais l'arrivée du "Président" indiquait déjà une tendance. Par rapport à une référence comme Ancelotti, nommer le Français ressemblait déjà plus à un pari. Cette tendance a été confirmée, même accentuée, avec la nomination d'Emery pour succéder à Blanc. L'Espagnol avait bien gagné la Ligue Europa à trois reprises. Mais le niveau de cette compétition est sans comparaison avec celui de la Ligue des champions, scène sur laquelle l'ancien Sévillan manquait d'expérience. Comme son successeur, Thomas Tuchel, qui n'avait gagné qu'une Coupe d'Allemagne avant de débarquer au PSG.

Les bases d’Ancelotti n'ont pas été renforcées

Aucun ne possédait un CV comparable à celui d'Ancelotti. Le seul à pouvoir vraiment être considéré comme une valeur sûre du moment par rapport aux ambitions du PSG en Ligue des champions. Cette compétition, c'est toujours l'étalon suprême pour Paris. Sa saison est systématiquement jugée sur le parcours des Parisiens dans l'épreuve reine des Coupes d'Europe. Son mercato également. Le niveau des joueurs recrutés est toujours perçu par rapport au prisme européen. C'est encore plus le cas pour celui des entraîneurs.

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De ce point de vue, Ancelotti avait montré toutes les vertus d'un coach pour qui la Ligue des champions n'a pas de secret. En un an et demi, l'Italien avait posé des bases essentielles pour hausser le niveau d'exigence requis au PSG à celui des plus grandes écuries européennes. C'était une étape indispensable faire grandir un club qui n'avait alors plus remporté de titre marquant depuis la Coupe des Coupes en 1996. La qualité du travail d'Ancelotti a été saluée, notamment par Blanc à son arrivée. Et dans l'esprit des dirigeants parisiens, il semble avoir été suffisant. Les successeurs de l'Italien se sont davantage appuyés sur les fondations qu'il a posées, plus qu'ils ne les ont renforcées.

Le pari de grandir ensemble

Recruter Ancelotti, c'était miser sur un coach qui puisse vraiment permettre au PSG de grandir. Depuis le départ de "Carletto", les choix des dirigeants parisiens indiquent plutôt l'espoir que le club et son entraîneur grandissent ensemble de manière générale, et en Ligue des champions en particulier. C'est parier que ces hommes sans titre sauront hausser leur niveau et celui du PSG pour atteindre le sommet de l'Europe. Qu'ils apprendront à gagner main dans la main. Et la décision de confier les destinées du PSG à un coach prometteur mais sans palmarès comme Pochettino confirme cette stratégie de la direction parisienne.
Elle n'a pas vraiment porté ses fruits jusqu'ici. Paris a plutôt cultivé les échecs en Ligue des champions avant d'en atteindre la finale l'été dernier, dans un contexte particulier. Mais miser sur des entraîneurs sans référence en C1 peut avoir du bon. Le Real Madrid ne dira certainement pas le contraire. Zinédine Zidane avait bien une solide expérience de joueur, mais il n'avait jamais dirigé une équipe première avant de guider le club merengue à trois sacres européens entre 2016 et 2018. C'était aussi un pari. Il s'est avéré payant. Paris n'a pas le vécu ni les bases de la Maison Blanche. Juste l'espoir d'avoir misé sur le ticket gagnant.

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