Il y a bien longtemps que l'OM a fait de lui la variable d'ajustement. Ses comptes pris à la gorge économiquement avant même le début de la pandémie, Marseille avait placé Morgan Sanson parmi les fusibles susceptibles de sauter pour rééquilibrer la balance dès la fin de l'année 2019. Il y a quelques semaines, André Villas-Boas révélait que le milieu de terrain avait eu "des affaires" l'été dernier mais qu'il avait fini par rester, "pour disputer la Ligue des champions" avec le club phocéen.
Quelques mois plus tard, la parenthèse européenne s'est refermée et l'OM a toujours des fonds à trouver. Parce que le trou dans la caisse est encore béant et que les conjonctures actuelles, sportive et économique, n'aident pas franchement à le combler. Aussi, les dirigeants olympiens ont planifié d'autres éventuels investissements à venir, avec l'option d'achat assortie au prêt de Pol Lirola par la Fiorentina, et celle liée à la probable arrivée d'Arkadiusz Milik. Dans ce cadre, Marseille a ouvert les portes à Morgan Sanson. Question d'argent. Et de profil.
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L'ancien montpelliérain fait partie des rares joueurs "monétisables" au sein d'un effectif marseillais où les éléments aux plus gros CV sont soit vieillissants (Payet, Mandanda) soit en fin de contrat (Thauvin). Hormis Boubacar Kamara voire Duje Caleta-Car, aucun autre joueur ne jouit d'une valeur marchande supérieure à celle de Morgan Sanson. Surtout, le joueur de 26 ans "est un joueur qui est bien coté en Angleterre", comme l'a justement rappelé Villas-Boas en conférence de presse, lundi.

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Sanson n'est pas qu'un milieu de plus

Un an après l'arrivée controversée de Paul Aldridge, engagé par le président Jacques-Henri Eyraud afin de représenter l'OM sur le marché anglais, le nom du milieu de terrain a été soufflé aux quatre coins du Royaume. Il y avait eu Wolverhampton l'année dernière. West Ham cet hiver. Selon Téléfoot, c'est désormais Aston Villa qui tient la corde.
Pour se résoudre à perdre Sanson, le club phocéen a fait ses petits calculs : là où les transferts de Kamara et Caleta-Car auraient été difficiles à compenser sportivement, le départ du relayeur est déjà amorti par un secteur fourni en nombre. En plus de "Bouba", Pape Gueye, Valentin Rongier et Mickaël Cuisance peuvent occuper les deux postes restants dans le 4-3-3 cher à Villas-Boas. Et dans un 4-2-3-1 que le technicien portugais a régulièrement testé ces dernières semaines, Dimitri Payet s'ajoute à l'équation. Voilà pour la théorie.
Mais en pratique, le constat diffère : si Sanson plaît tant à la Premier League, c'est justement grâce à son profil. "Il percute beaucoup, même s'il est beaucoup plus un '8' qu'un numéro 10, analysait Villas-Boas à son sujet le mois dernier. Il est précieux quand il faut se rapprocher de l'attaquant, dans les combinaisons, les deuxièmes ballons, ou quand on cherche à avoir plus de présence autour de la surface adverse. Il a un timing excellent."

Et s'il était la clé ?

Sanson n'est pas un international et n'en a pas encore l'envergure - même s'il aurait pu faire partie des noms de réserve l'année dernière. Mais il demeure un joueur précieux. Surtout au sein du onze marseillais, où il a parfois fait basculer des matches, comme à Strasbourg le 6 novembre dernier (0-1) ou face à Bordeaux il y a un peu plus d'un an (3-1).

La frappe qui amène le but de Morgan Sanson lors de Strasbourg - Marseille, le 6 novembre 2020, en Ligue 1

Crédit: Getty Images

Peut-être est-il même la clé capable de déverrouiller le jeu phocéen. Alors que Payet et Thauvin n'évoluent plus à leur meilleur niveau, que Cuisance n'a toujours pas trouvé sa place et que Gueye et Rongier manquent encore de mordant offensivement, Sanson dispose des qualités pour dissiper la stérilité olympienne. Derrière les deux internationaux français, il est d'ailleurs le joueur marseillais distribuant le plus de passes amenant une occasion de but.
Et si la mauvaise série de l'OM (une victoire lors des sept derniers matches) a mis en exergue les difficultés de l'équipe à se créer des occasions de buts, elle coïncide aussi avec la période de convalescence de l'ancien Montpelliérain, touché aux ischio-jambiers le 12 décembre dernier. Un simple hasard, peut-être. Ou une sacrée coïncidence.

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