Dimanche 18 avril. Le FC Nantes s'incline 2-1 à la Beaujoire face à Lyon. Il n'a plus gagné à domicile depuis le 18 octobre. Six mois. Il pointe à la 19e place du classement. Nîmes, barragiste, est trois points devant. Lorient, 17e, compte quatre longueurs d'avance. Strasbourg et Brest, sept. En dehors d'un exploit assez invraisemblable au Parc contre le PSG (victoire 2-1), les Jaunes enchainent déprime sur déprime. La troisième relégation du club en moins de quinze ans semble presque inéluctable.
Quatre semaines et quatre matches plus tard, Nantes n'est toujours pas sauvé. Mais il va beaucoup mieux. 18e à l'aube de l'ultime journée de la saison, le club du président Kita sera, au pire, barragiste, avec une vraie chance d'éviter ce duel casse-gueule pour sa survie dans l'élite. Les Canaris avaient gagné cinq matches en 33 journées. Ils viennent d'aligner quatre victoires de plus. Dont trois à l'extérieur :
  • 2-1 à Strasbourg
  • 4-1 à Brest
  • 3-0 contre Bordeaux
  • 4-0 à Dijon
Ligue 1
Six arrestations, deux blessés légers : des hommes cagoulés gâchent la fête du FC Nantes
31/05/2021 À 09:14
On espérait monter un peu au classement
Bien sûr, le calendrier a aidé. Quatre équipes de bas de tableau. Antoine Kombouaré l'avait d'ailleurs dit au soir de la défaite contre Lyon : "Il ne faut pas se voiler la face, on avait des excuses en jouant Rennes et Lyon qui sont plus forts que nous, mais les cinq équipes qui viennent, on doit faire ce qu'il faut pour gagner, on n'a plus aucune excuse".
Malgré tout, cette série relève de la très bonne surprise qu'il était difficile d'envisager, même en étant très optimiste. Y compris sur la forme. Le FCN vient d'enchaîner trois matches en inscrivant au moins trois buts. Cela ne lui était plus arrivé dans l'élite depuis quasiment... un quart de siècle (octobre 1996). 13 buts en quatre rencontres, dont huit sur les deux derniers déplacements. A l'arrêt complet pendant des mois, Nantes a brusquement mis le turbo. Mais l'équipe de Kombouaré partait de si loin qu'elle n'est pas encore sortie d'affaire.
Dimanche dernier, au coup de sifflet final à Dijon, ce fut la seule note aigre de la soirée pour les Ligériens. Ils espéraient sortir de la zone rouge-orangée en cas de victoire. Mais devant eux, ça a beaucoup gagné : Bordeaux, Strasbourg, Lorient. "On espérait monter un peu au classement", reconnaît Imran Louza, un des hommes-clés du renouveau, avec Kalifa Coulibaly ou Ludovic Blas. Il reste un match pour parachever l'opération survie.

Kalifa Coulibaly et Nantes peuvent encore croire au maintien.

Crédit: Getty Images

Une victoire (voire un nul) pour se sauver

Dimanche, Montpellier se présente à la Beaujoire. A priori, il y avait pire adversaire. Le MHSC, 8e, n'a plus rien à jouer. C'est à double tranchant, certes. Les Héraultais peuvent finir à moitié concernés ou totalement libérés. Mais à choisir, c'est peut-être mieux que d'affronter un concurrent direct, comme ce sera le cas en Alsace entre Strasbourg et Lorient, ou de recevoir un Paris Saint-Germain encore en lice pour le titre, ce qui attend Brest.
Les rencontres de la Meinau et de Francis-Le-Blé sont d'ailleurs deux éléments de nature à renforcer les convictions nantaises. Et pour cause : Le FCN a désormais son destin en mains. S'il s'impose contre Montpellier, quoi qu'il arrive, il terminera au pire 17e du fait de l'affrontement entre Strasbourgeois et Merlus. Et en cas de défaite brestoise contre le PSG, un nul suffira aux Nantais pour se maintenir. Il y a un mois, tout le monde à Nantes aurait sans doute signé pour une telle configuration avant les 90 dernières minutes de l'année.
Antoine Kombouaré, lui, aurait même validé le simple fait de finir barragiste lorsqu'il a succédé à Raymond Domenech sur le banc début février. "La grande satisfaction, rappelait-il à Dijon, est que nous sommes au moins sûrs de jouer les barrages. En arrivant à Nantes, je signais tout de suite pour y parvenir."

Antoine Kombouaré lors de sa présentation comme nouvel entraîneur de Nantes

Crédit: Getty Images

Kombouaré, c'est 1,62 point par match

Son discours positif a souvent été raillé. On y voyait de la méthode Coué. Lui parlait de conviction. En 13 matches sous son commandement, les Jaunes ont pris 21 points (6 victoires, 3 nuls, 4 défaites). Avec 1,62 point par match sur cette période, le Néo-Calédonien vit même sa période la plus faste comme entraîneur en Ligue 1. Il fait mieux qu'au PSG (1,55 point) il y a une dizaine d'années.
La résignation a laissé place à l'espoir sur les bords de l'Erdre et, pour un peu, il faudrait freiner les ardeurs optimistes avant la venue de Montpellier. Antoine Kombouaré ne s'attend pas à une promenade. Après tout, on parle là d'une équipe qui a gagné trois matches à domicile. "Un match, dit-il, cela reste compliqué. Il peut y avoir des faits de jeu. Nous nous attendons à souffrir mais je veux bien souffrir si à la fin nous écrasons Montpellier 1-0, ce sera parfait pour nous."
Comme l'histoire n'est pas à un clin d'œil près, dimanche, sur le banc d'en face, il y aura un certain Michel Der Zakarian. Der Zak', partenaire de Kombouaré en charnière centrale chez les Canaris dans les années 80. Der Zak', l'entraîneur du FC Nantes qui, le 9 mai 2007, avait connu pour la première fois de son histoire les affres de la relégation. Parce que Nantes est déjà passé par là, puis est repassé par ici (nouvelle relégation en 2009), une troisième descente ne constituerait pas le même traumatisme qu'à l'époque. La force d'une triste habitude. Mais cela resterait un choc. Et une déception, alors que ces quatre dernières semaines ont ranimé du côté de la Jonelière un semblant de flamme.
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