Certaines choses ne changent pas à Monaco. En particulier sa discrétion. Jusqu'ici, l'ASM avance dans un certain anonymat. A l'image d'une huitième place au classement qui symbolise parfaitement son début de saison : correct, sans plus. Le club de la Principauté n'a pas encore retrouvé cette place à laquelle il aspire dans le premier quart du tableau. Ce n'est pas illogique pour une équipe toujours en phase d'apprentissage de la philosophie de Niko Kovac, tant le Croate veut justement voir les choses changer sur le Rocher.

Arrivé cet été sur le banc monégasque, l'ancien entraîneur du Bayern a pu mesurer l'étendue du travail à accomplir pour replacer Monaco parmi les ténors de la Ligue 1. "Nous devons changer les mentalités, a-t-il reconnu dans une interview au Late Football Club la semaine passée. La mentalité de la gagne, c'est le plus important. Il n'y a qu'à observer l'état d'esprit dans les grands clubs pour voir ce qui est possible. C'est ce que nous voulons transmettre à cette équipe, à ce club et aux joueurs. Ils doivent changer leur façon de penser, de travailler et de jouer."

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L'équipe qui court le plus

Ce n'est que le début d'un long processus. Monaco n'est plus l'équipe qui avait mis fin à la suprématie du PSG en L1 et atteint les demi-finales de la Ligue des champions en 2017. Passée tout près de la relégation en 2019, coincée en milieu de tableau avant l'arrêt de la saison au printemps dernier, l'ASM ne sait plus vraiment ce que gagner veut dire. Une situation paradoxale tant la qualité de son effectif devrait lui permettre de viser le podium. Mettre fin à ce paradoxe, c'est justement le défi de Kovac.

Niko Kovac, l'entraîneur de l'AS Monaco, le 23 août 2020

Crédit: Getty Images

Le technicien croate a déjà bien avancé sur certains domaines. Le travail physique conséquent réalisé à l'intersaison commence notamment à porter ses fruits. L'Equipe relevait lundi que Monaco était l'équipe qui courait le plus en Ligue 1, avec une moyenne de 137,9 kilomètres par match. "On veut jouer avec intensité et comme ces chiffres le montrent, on est capables de le faire, s'est réjoui l'entraîneur monégasque. On est sur le bon chemin. Si on veut jouer de manière agressive, c'est important de beaucoup courir, pendant quatre-vingt-dix minutes. Mais je pense qu'on n'a pas encore atteint notre meilleur niveau sur le plan physique."

Beaucoup de tirs, pas assez de buts

La montée en puissance reste notable. Comme la cohérence du collectif monégasque dans le 4-3-3 mis en place par Kovac, en particulier quand Cesc Fabregas est aligné en position de sentinelle. L'Espagnol a retrouvé des couleurs dans une configuration qui lui convient. Avec deux milieux travailleurs dans la récupération, il a le loisir de se focaliser sur l'orientation des phases offensives. Le jeu asémiste y gagne largement en fluidité et cela se traduit par des statistiques offensives encourageantes. Avec 15,7 tirs par match, Monaco est l'équipe qui frappe le plus sur le but adverse en L1 derrière Lyon et (19,9) et le PSG (17,9) selon le site whoscored.com.

Wissam Ben Yedder (Monaco) et Nayef Aguerd (Rennes) - Ligue 1

Crédit: Getty Images

Le problème, c'est de concrétiser. Le club de la Principauté ne manque pourtant pas d'arguments dans ce domaine avec un artilleur comme Wissam Ben Yedder, co-meilleur buteur de L1 la saison passée avec 18 réalisations. L'international français reste prolifique avec 4 buts inscrits sur les 7 premières journées. Mais il paraît encore un peu seul pour assumer la responsabilité de marquer. Hormis Willem Geubbels (1 but), les autres attaquants de l'effectif monégasque n'ont pas encore trouvé le chemin des filets. Notamment Kevin Volland, même si la recrue allemande a déjà signé deux passes décisives.

"On perd 7 points"

L'efficacité, c'est ce petit détail qui fait une grande différence dans le début de saison monégasque. C'est criant en attaque, mais c'est aussi le cas en défense. Car l'ASM, en plus d'être l'une des équipes qui tirent le plus en Ligue 1, est aussi l'une de celles qui concèdent le moins de frappes (9,1 par match). Seules quatre équipes font mieux dans l'élite. Cela en dit suffisamment sur le potentiel de l'ASM. Cela symbolise surtout son manque de réalisme dans les deux surfaces.

C'est tout ce qui manque à la formation de Niko Kovac. L'entraîneur monégasque en est bien conscient. "C'est rageant car Montpellier est un concurrent pour l'Europe, disait-il la semaine passée après le nul concédé à Louis-II face à des Héraultais rapidement réduits à dix. Quand on a l'opportunité de gagner, il faut gagner. Ces points compteront à la fin de la saison. Si j'additionne Reims, Brest et aujourd'hui, on perd 7 points." Une frustration légitime. Mais elle peut être un mal nécessaire sur le chemin qui doit guider Monaco vers les sommets.

Monaco's Croatian coach Niko Kovac (C) talks to his players during a break during the French L1 football match between AS Monaco and Stade de Reims

Crédit: Getty Images

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