Ce samedi, Hatem Ben Arfa, 33 ans, devrait retrouver les pelouses de Ligue 1. Après Lyon, Marseille, Nice, Paris, Rennes, c'est au tour de Bordeaux d'accueillir le phénomène. Avec lui, c'est toujours un peu la même histoire : une attente folle et pas mal de frustrations. A quoi faut-il s'attendre aux Girondins ?

Depuis sa saison niçoise, la plus aboutie de sa carrière (17 buts, 6 passes décisives en Ligue 1 en 2015-2016), Ben Arfa a signé dans trois clubs. Au PSG, il n'a jamais vraiment exposé son talent, la faute à des relations orageuses avec la hiérarchie qui a fini par le placardiser. Quel souvenir a-t-il laissé à Rennes et Valladolid ? Les Bordelais peuvent-ils puiser dans ses deux dernières expériences des raisons de se raccrocher à son talent ? Ou, à 33 ans, Hatem Ben Arfa est-il définitivement une cause perdue ?

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Hatem Ben Arfa lors de sa présentation aux Girondins de Bordeaux, le 8 octobre 2020

Crédit: Getty Images

Lorsqu'on interroge des suiveurs avertis ou des supporters de Rennes et Valladolid, le constat est le même : HBA a du talent certes, mais un manque d'implication certain. "Il est arrivé avec un déficit physique important mais il y avait une vraie attente autour de lui, nous renseigne Arturo Posada, journaliste pour El Norte de Castilla. Disons qu’il ne s’est pas particulièrement distingué pour son engagement physique pendant les séances. Sa première entrée en jeu de 13 minutes, il est un peu en mode touriste, il n’a pas eu un impact fou. Pareil un mois plus tard pour son deuxième match." Si en Espagne, son expérience se résume à deux titularisations et cinq matches, il a davantage pesé sur le destin du Stade Rennais lors de la saison 2018/2019. "On en attendait beaucoup plus", soupire Luis, membre de la Peña de Valladolid.

Son projet, c’est lui

Il n'a pas pour autant su emballer le peuple breton : "On garde deux, trois souvenirs sympas de lui, note Antoine, abonné au Roazhon Park depuis cinq ans. Mais on le sentait un peu au-dessus des autres, pas vraiment investi dans le projet collectif. Son projet, c'est lui." Même son de cloche en Espagne : "Valladolid est une équipe qui a besoin d’être cohérente et très solidaire. Donc c’était difficile d’entrer dans cette équipe avec son profil", se souviennent Mario et Alberto, administrateurs du compte Twitter Pasion Violeta.

Hatem Ben Arfa lors du match opposant Valence à Valladolid, le 7 juillet 2020, en Liga

Crédit: Getty Images

Pourtant, avec lui (9 buts, 6 passes décisives), Rennes a signé le meilleur parcours de son histoire en Ligue Europa (éliminé en 8e de finale par Arsenal) et soulevé son premier trophée, la Coupe de France, depuis 40 ans. Mais un épisode a marqué le divorce entre les tribunes et celui qui avait tout pour devenir son nouvel enfant chéri.

Le 28 octobre, lors d'une défaite à domicile face à Reims (0-2) quelques semaines seulement après son arrivée, il est sifflé à sa sortie du terrain après une heure de jeu. Ben Arfa ne pardonnera jamais vraiment et les deux parties ne se réconcilieront pas. Lors de la présentation de la Coupe de France aux supporters, le speaker choisit de ne pas égrener le nom des héros de peur que Ben Arfa soit la cible de sifflets.

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Une image brouillée

Pourtant, l'ancien Lyonnais signe quelques coups d'éclat. Face à Nantes en Coupe de la Ligue mais surtout à Séville en Ligue Europa. "Vous n'avez pas conscience du talent de Ben Arfa, s'enthousiasme Quique Setien, alors coach du Betis. C’est un joueur de top niveau, spectaculaire." Mais la sauce ne prend pas vraiment, la faute à une irrégularité chronique sur le terrain et des sorties médiatiques mal maîtrisées.

"On n'est pas assez ambitieux, on est peureux. Ce qu'on nous propose, niveau jeu, c'est limité quand même", tranchait-il après un match face à Guingamp en fin de saison. "Cette sortie a brouillé son image en fragilisant Julien Stephan. Mais elle était téléguidée par des personnes qui voulaient du mal au coach de Rennes, il s'est fait manipuler", nous raconte-t-on dans l'entourage du Stade Rennais.

Hatem Ben Arfa (Rennes) en Ligue 1 2018/2019

Crédit: Getty Images

Pris à partie en ville, son aventure en Bretagne tournera au vinaigre. "Il avait tout pour renaître à Rennes, note Benjamin Idrac qui l'a suivi pas à pas pour Ouest-France. Mais on a eu l'impression qu'il venait pour s'exposer lui. Il brillait sur les matches importants et pouvait disparaître. Après la qualification à Séville, soit le plus grand exploit de l'histoire du club, il a refusé de figurer dans le groupe qui affrontait l'OM le dimanche parce qu'il ne voulait pas subir une nouvelle mise au vert. Il reste donc une impression mitigée." Rennes est resté sur sa faim alors que HBA n'a même pas eu le temps d'ouvrir l'appétit de Valladolid.

"Si on est honnête, c’est une question de motivation, continue Arturo Posada. S’il se motive réellement pour se remettre au niveau physiquement et retrouver un niveau approchant de ce qu’il a connu, je crois qu’il peut redevenir un joueur déterminant." Voilà à quoi se raccroche Bordeaux aujourd'hui : à une ribambelle de "si". S'il est pleinement concerné, s'il joue le jeu du collectif, s’il reste concentré sur le terrain… Ben Arfa, il faut avoir foi en lui et croiser les doigts. Très fort.

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