C'est bien connu, l'argent ne fait pas le bonheur. Et en ce moment, les supporters du Stade Rennais sont en train de s'en apercevoir. L'activité détonante du club breton cet été sur le marché des transferts avec près de 80 millions d'euros mis sur la table tarde ainsi à se faire ressentir. Et c'est un doux euphémisme. Car malgré l'éclaircie du match de Ligue Europa Conférence face à Tottenham (2-2), le début de saison des Rouge et Noir est plus que poussif en L1.
Six matches, une petite victoire mais surtout deux nuls et trois revers de rang : le bilan n'est pas folichon, voire franchement décevant. Avec ces cinq petits points, le Stade Rennais pointe à une piteuse 16e place avant de retrouver Clermont, mercredi. Les attentes étaient forcément toutes autres pour un club qui a glissé sa tête parmi les équipes les plus dépensières d'Europe depuis la crise du Covid-19 selon une étude du CIES. "Le début de saison n'est pas en lien avec ce qu'on souhaitait faire et les moyens mis en oeuvre", a reconnu Bruno Genesio ce mardi. Car la sauce ne prend pas.
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Un mercato qui peut expliquer certains soucis

Ce n'est pas une question de talent des recrues. Ou de choix ratés par Florian Maurice et la cellule recrutement. Pas encore en tout cas. Il est bien trop tôt pour tirer ce genre d'enseignements. Et les Kamaldeen Sulemana (19 ans), Loïc Badé (21 ans) ou autre Gaëtan Laborde (27 ans), Birger Meling (26ans) et Baptiste Santamaria (26 ans) n'ont pas forcément le profil d'erreurs de casting. Le souci est ailleurs. Même si le mercato peut aussi expliquer certains manques. "Il y a eu beaucoup de changements", rappelle par exemple l'entraîneur breton.
Damien Da Silva parti tout comme Steven Nzonzi ou encore Eduardo Camavinga – même s'il n'a pas rayonné la saison passée -, Rennes a notamment perdu des leaders. Des piliers de sa colonne vertébrale. Sans eux, il faut retrouver une osmose avec les nouveaux éléments. Certains doivent aussi se faire leur place pour montrer la voie. Cela peut prendre du temps. Et pour le moment, ce n'est pas ça. Face à l'OM ce dimanche (2-0), l'équipe rennaise a ainsi manqué d'engagements dans les duels. D'impact pour vraiment exister. Pour rendre au final une copie bien terne.

Gaetan Laborde au duel avec William Saliba lors de la rencontre OM-Rennes / Ligue 1

Crédit: Imago

Une équipe en confiance tente des choses
"C'est très inquiétant", a d'ailleurs reconnu Bruno Genesio après la rencontre. Un constat qui en dit long. Surtout qu'il intervient une semaine après une première alerte : "Je suis très, très déçu, j'ai limite honte, pour notre public. On a ronronné, on n'a rien fait, j'ai eu l'impression qu'ils avaient peur", avait lancé le coach breton après la claque à domicile contre Reims (0-2). Les jours ont passé, le discours est resté le même. Mais l'ancien entraîneur de l'OL n'est évidemment pas étranger aux maux des Rouge et Noir.
Si l'animation rennaise se résume le plus souvent à tenter de trouver de la verticalité, le Stade Rennais ne semble avoir aucune certitude. Tant sur le plan tactique qu'en termes de collectif. Cela saute aux yeux. Et se paye sur le terrain, où cette formation bretonne propose un jeu d'une pauvreté déconcertante… "On a deux systèmes de jeu. Je l'ai dit depuis le début de la saison. Et j'ai deux joueurs qui ont la polyvalence et l'intelligence (ndlr : pour s'adapter), répond encore Genesio. "La confiance pour une équipe est très importante peu importe le système. Une équipe en confiance tente des choses". Et à l'inverse, Rennes doute.
Ca peut expliquer pourquoi on ne parvient pas à trouver une cohésion
Dans ce contexte inapproprié pour s'exprimer, les joueurs ne brillent évidemment pas sur le plan individuel. Alors bien sûr, certains sont loin de leur niveau. Notamment en défense où Alfred Gomis ne rassure personne tout comme devant lui, Nayef Aguerd et Loïc Badé. Mais ce n'est pas le seul secteur en souffrance. L'attaque des Rouge et Noir est ainsi la pire de L1 avec seulement trois buts en six journées ! "On manque beaucoup d'efficacité dans les deux surfaces de réparation", résume Genesio, qui avance d'autres arguments pour sa défense. "Aujourd'hui, on a aussi un joueur important qui est absent depuis plusieurs semaines avec Jérémy Doku. On n'a pas souvent eu notre effectif à 100%. Ce n'est pas une excuse mais ça peut expliquer pourquoi on ne parvient pas à trouver une cohésion", avance encore le coach breton, qui n'a pu ainsi compter que 8 minutes sur sa recrue croate Lovro Majer (contusion à une hanche).
Les raisons sont donc légion. L'avantage si on cherche à ne pas tout voir en noir, c'est que cela intervient tôt. Habitué à signer des séries – positives ou négatives -, le Stade Rennais sait que cette période n'est pas forcément révélatrice de la qualité de son groupe. Ce n'est bien sûr pas idéal pour mettre tout le monde dans le bain. Mais il faut continuer de travailler pour enfin montrer autre chose. "Nous ne sommes qu'à la sixième journée. Il faut casser cette spirale négative. (...) Il faut en vouloir plus que l'adversaire. (...) Et avoir un jeu plus ambitieux. Vouloir aller vers l'avant tout en étant costaud défensivement et dans le combat", annonce Gaëtan Laborde. "On ne va pas s'apitoyer sur notre sort. Ce ne n'est pas le début dont on rêvait mais il n'y a pas lieu de tomber dans une sinistrose. Pour rebondir, il faut aller de l'avant et être combattant. Travailler, faire preuve d'humilité et être sûr de nos forces", conclut Genesio. Reste plus qu'à montrer cela sur le pré...
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