27 points en 36 matches, 89 buts encaissés : il n'y a plus que la médiocrité des concurrents pour maintenir encore un infime espoir de maintien. Mais les Girondins, avec quatre points de retard sur le barragiste stéphanois (qui compte un match en moins) et alors qu'il ne reste plus que deux journées, ne se bercent plus tellement d'illusion. Il faudrait que les Verts ne gagnent aucun de leurs trois derniers matchs ou, plus improbable encore, que Bordeaux ne perde aucune de ses deux dernières sorties pour finir 18e.
Voilà des mois que l'horizon des Girondins les mène à la Ligue 2. Ils n'en ont jamais été aussi proche. Cette fois, les voilà lanterne rouge après une nouvelle démission collective et spectaculaire sur la pelouse d'Angers (4-1). Pourtant, Bordeaux avait juré que, cette fois-ci, on ne l'y reprendrait plus :"Il n'y a pas d'abattement", "nous devons montrer du caractère", prévenaient les Marine et Blanc avant la rencontre. Cinq minutes après le coup d'envoi, Benoît Costil partait curieusement à l'aventure, loin de son but. Sanction immédiate, rechute intégrale, tout à reconstruire, une confiance qui s'effrite et un destin qui s'échappe.

David Guion dépité lors de la déroute de Bordeaux à Angers (4-1)

Crédit: Imago

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Costil à l'envers

"Je ne trouve plus les mots, a pesté David Guion après la rencontre. Comment avons-nous fait pour nous saborder dans ce match dont on savait l'enjeu après 5 minutes ? C'est l'histoire de notre saison, les joueurs sont incapables de surmonter leurs grosses erreurs individuelles." Après les bourdes de Gaëtan Poussin à Lyon ou face aux Verts, c'est Costil qui, cette fois, a plombé les siens. Déstabilisé par des performances en dessous de son niveau, une relation exécrable avec ses supporters et une confiance à géométrie variable de son coach, l'ancien brillant gardien du Stade Rennais n'est plus que l'ombre de lui-même cette saison.
"On voit bien que dans ce contexte, les gars ont du mal à supporter cette pression, a continué le coach. A chaque journée, on est dans ce même schéma, j'active différents leviers, je change des choses en cours de match, mais on n'avance pas". Costil n'est pas le seul responsable. Il suffit de constater la folle passivité des défenseurs sur les trois autres buts du soir pour comprendre comment les Girondins en sont arrivés là. Comment espérer s'en sortir en encaissant 89 buts en 36 matches ? 89, le chiffre est presque irréel, et tue dans l'œuf, à lui tout seul, tous les espoirs de maintien.

L'impuissance de Guion, les larmes de Plasil

Songez que personne n'a fait pire sur l'ensemble d'une saison de Ligue 1 depuis Rouen… en 1978 ! "Le collectif en souffre, il est en difficulté, note Guion, bien impuissant comme tous les autres. Il y a même encore beaucoup trop de faiblesses. Cette équipe est tirée vers le bas. De week-end en week-end, on voit nos joueurs loin de leur niveau, loin de la Ligue 1 en somme." Reliquat des grandes années girondines, qui n'ont jamais semblé aussi loin, Jaroslav Plasil ne pouvait contenir ses larmes sur le banc de touche à l'issue de la débâcle. Il sait, comme les autres, que la messe est probablement dite. Bordeaux n'a plus connu la Ligue 2 depuis 31 ans. C'est désormais une question de jours.
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