Si Rayan Cherki a célébré à la manière de Kylian Mbappé mardi face à la Serbie (3-0), c’était uniquement pour remplir une promesse faite à la star française après une discussion lors de PSG-OL (2-1). Cherki n’est pas Mbappé mais les similitudes entre les deux existent, dans leur faculté à briller de manière spectaculaire notamment. Dans leur début de carrière aussi. Deux ados superstars attendus en haut de suite, sans paliers progressifs. Deux ados qui trépignent aussi, d’enfin prendre le pouvoir.
Le mimétisme épouse même le calendrier : le 12 octobre 2016, Wilfried Mbappé prenait la parole dans L’Equipe pour réclamer plus de temps pour son fils à Monaco. Cinq ans et trois jours plus tard, Cherki est dans la même situation à l’OL, sans que la cote d’alerte n’ait encore atteint la couleur rouge. Car, grâce aux Espoirs, le prodige lyonnais a vu la vie en rose cette semaine. Et en a fait voir de toutes les couleurs à ses adversaires directs.
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Surclassé par Sylvain Ripoll qui voulait davantage de joueurs au profil provocateur, Cherki a joué sa carte à fond. Ce fut un succès et un régal visuel. Entré en jeu à l’heure de jeu face à l’Ukraine (5-0), il a d’abord ouvert son compteur après une prise de balle somptueuse et une frappe au cordeau. Il a ensuite humilié un pauvre défenseur ukrainien, sur les fesses après un flip-flap éclair. Le tout avant de s’offrir le doublé de manière chanceuse. De nouveau entré en jeu mardi face à la Serbie (3-0), il a refait parler la poudre pour clore en beauté son premier passage chez les Espoirs.

126 minutes de jeu à l’OL

"Je lui ai demandé de beaucoup tenter, de jouer dans son registre, confiait Ripoll avant le deuxième match, ravi d’avoir trouvé un facteur X à même de bouleverser les fins de match des siens. Parfois, il faut rester dans l'efficacité, mais comme il a eu de la réussite, il a continué. Il a toujours la volonté de déséquilibrer l'adversaire, une qualité très intéressante pour notre groupe. C'est un garçon atypique". Autrement dit, un garçon au profil rare et aux promesses encore infinies, surtout dans ce rôle d’impact player qui colle parfaitement à ses caractéristiques.
En deux entrées en jeu, Cherki a disputé 63 minutes de jeu en Espoirs. Soit pile la moitié de son temps de jeu effectif avec l’OL depuis le début de saison. Titulaire lors de la première journée, Cherki n’a plus jamais connu pareille fête depuis, se contentant d’entrées en jeu sporadiques mais pourtant souvent impactantes, comme face au PSG. A tout juste 18 ans et dans un club comme Lyon, il n’y a rien d’infâmant.

Rayan Cherki (Lyon)

Crédit: Getty Images

Le souci est ailleurs : malgré les blessures de Moussa Dembélé, Tino Kadewere, Islam Slimani, malgré l’acclimatation compliquée de Xherdan Shaqiri et les débuts de saison marathons de Lucas Paqueta ou Karl-Toko Ekambi, on imaginait un Cherki bien plus présent dans la rotation. Ce fut presque l’inverse. Une situation qui a semblé le piquer plus que l’affecter après sa virée en Espoirs.
"J'avais à coeur de marquer pour bien aboutir mon stage, a-t-il expliqué à Canal +. On va rentrer en club, j'espère que ça paiera. Dès samedi, j'espère pouvoir marquer mon premier but en Ligue 1 cette année. J'étais venu en Espoirs pour prendre de la confiance, je repars en club les dents aiguisées avec 3 buts. J'espère avoir ma chance en club. Je suis quelqu'un d'assez simple, je ne me pose pas énormément de questions quand je rentre sur le terrain".

Bosz pas encore conquis

Des questions, Peter Bosz s’en pose lui aussi assez peu jusqu’à présent. Pourtant réputé pour sa gestion des jeunes, notamment lors de son passage à l’Ajax, le coach néerlandais semble encore insensible au charme de Cherki, à l’inverse d’un Malo Gusto qui a gravi les échelons à vitesse grand V en l’absence de Léo Dubois. Après la préparation, certains échos médiatiques avaient laissé entendre que les méthodes du coach n’étaient pas encore pleinement intégrées par le jeune feu-follet.
La preuve, interrogé fréquemment à son sujet, Bosz prône la patience. "On ne peut pas tout demander à un joueur de 17 ans tout de suite, avait-il expliqué en septembre. Il a déjà beaucoup de qualités, et il a aussi beaucoup de choses à travailler. Mon rôle c'est de prendre les joueurs sous mon aile pour les aider, les faire progresser". Mais dans l’urgence des résultats, le Néerlandais a rapidement privilégié l’expérience. Sans pour autant insulter l’avenir.

Rayan Cherki (OL)

Crédit: Getty Images

Car l’OL a besoin de Cherki autant que Cherki a besoin de l’OL. Après le départ canon en Ligue Europa (6 points sur 6), les chances de voir le jeune prodige plus régulièrement aligné dans la compétition sont réelles. Et, en championnat, la cadence folle de certains risque d’ouvrir la porte en plus grand.
Ça tombe bien, samedi, face à Monaco, club contre qui il a marqué son premier but dans l’élite, l’OL devra faire sans Dembélé mais aussi sans Paqueta, qui sera à peine revenu de son périple brésilien. La candidature de Cherki pèse un peu lourd désormais après cet alléchant break international. "Rayan est une option", a d'ailleurs reconnu Bosz jeudi en conférence de presse. Alors Peter, après ce formidable teasing, difficile de résister à l’appel du long-métrage non ?
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