Depuis octobre 2019, Claude Puel est le seul maître à bord à Saint-Etienne. Il définit, porte et incarne un projet qui a mené les Verts à la dernière place du championnat. Embarqué un soir de fête des voisins, et de victoire (1-0), contre Lyon en octobre, il pourrait bien être débarqué deux ans plus tard, presque jour pour jour, en cas de déconvenue face aux Gones. "L’objectif, c’est la Ligue des champions, viser la 5e place ne m’intéresse pas", nous confiait-il en mars 2020. "Le club allait dans le mur", prévenait-il en octobre 2020. La Ligue des champions n'a jamais semblé aussi lointaine et le mur jamais aussi proche.

Puel : "L’objectif de Saint-Etienne, c’est la Ligue des champions"

En vingt-quatre mois, le Castrais, qui siège au Directoire du club, a mené les Verts de la 19e à la 20e place, les sauvant in extremis à chaque fin d'exercice. Le bilan, malgré une finale de Coupe de France, est peu réjouissant (1,16 point par match, la plus mauvaise moyenne de sa carrière) et Claude Puel en est le principal responsable. Si son contrat l'a longtemps protégé d'un licenciement, il s'achèvera en juin et la situation catastrophique du club pourrait pousser les présidents à agir. Bien sûr, l'ancien coach de Lille a dû composer avec les finances exsangues d'un club qui a subi de plein fouet les crises sanitaire et des droits TV. Mais il a remodelé le club et l'équipe à sa façon et les résultats actuels, et passés, sanctionnent son échec. Car depuis deux ans, l'ASSE, c'est lui.
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De la 19e à la… 20e place : Puel, deux ans d’un trop long calvaire
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M'Vila, Ruffier, Kolodziejczak, Khazri, Boudebouz passés à la moulinette

Puel n'est pas un homme de compromis. Il fait à sa façon et se soucie peu des résistances, pour ne pas dire crispations, que suscite sa méthode. "Si je considère qu'il faut faire des orientations et des évolutions d'effectif, donner du temps de jeu à des joueurs parce qu'ils représentent l'avenir du club, je le ferais parce que c'est la bonne direction. Même si je suis le seul à le penser", nous confiait-il en mars 2020. Chez les Verts, son spectaculaire ravalement de façade a mis tout un club sur la brèche. Certaines de ses décisions ont mis les Verts dans le rouge. Meilleur joueur des Verts au XXIe siècle avec Loïc Perrin, Stéphane Ruffier a été prié d'aller voir ailleurs au prix d'un bras de fer long et épuisant. Et son successeur, Jessy Moulin, n'était pas taillé pour prendre sa succession.

Claude Puel, coach de l'ASSE

Crédit: Getty Images

Des cadres ont vu leur autorité sapée. Yann M'Vila, Timothée Kolodziejczak, Wahbi Khazri et Ryad Boudebouz ont été écartés pour de bon ou temporairement. Une politique de la terre brûlée qui a fragilisé ceux qui avaient mené les Verts en Ligue Europa avec Jean-Louis Gasset. Sous Puel, il n'était plus question de statut et un jeune débarqué du centre de formation valait autant qu'un crack de Ligue 1. Parfois, grâce au talent de certaines pousses de l'Etrat, les Verts s'en sont sortis. Mais une fois Saliba et Fofana partis, ils se sont rendus compte que le gisement de talents n'était pas inépuisable. Et cette saison, symbolisée par les mauvaises prestations de Lucas Gourna ou Mahdi Camara, rappelle que la jeunesse se définit aussi par son inconstance. Le pari de Puel était très risqué. Trop ?

Le symbole Aouchiche

Bien sûr la situation financière de l'ASSE a réduit sa marge de manœuvre mais les erreurs commises lors des quatre derniers mercato coûtent chères. Notamment au poste d'avant-centre. Jean-Philippe Krasso, venu d'Epinal, n'a pas su pallier les limites d'un Charles Abi trop tendre pour le haut niveau. Et l'arrivée d'Ignacio Ramirez, cantonné au banc de touche après un match complètement raté face à Bordeaux, se solde pour le moment par un échec. Il ne faut pas chercher plus loin pourquoi les Verts ont la pire attaque du championnat. Mais c'est surtout Adil Aouchiche qui incarne l'échec de l'opération Puel.
Recruté contre une prime à la signature de 4 millions d'euros et un salaire (80 000 euros mensuels) qui ne correspond ni à son statut ni à son rendement, l'ancien Parisien symbolisait le rajeunissement de l'effectif et ses ambitions. Depuis son arrivée à Saint-Etienne à l'été 2020, il ne s'est jamais vraiment imposé. Trop léger dans les duels, peu décisif, il n'est plus titulaire. Il n'a que 19 ans et il ne s'agit pas de le condamner. Mais l'ASSE et Puel n'ont plus de temps. Le projet ne correspond plus à l'urgence du moment.

Adil Aouchiche (ASSE)

Crédit: Getty Images

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