Sur le papier, il est l'un des plus jolis coups du mercato de Ligue 1. Dans les chiffres, il est aussi l'un des joueurs les plus atypiques. Jugez plutôt : 169 cm de taille, 75 kg sur la balance, 60 cm de tour de cuisse et 44 cm de tour de mollet. Xherdan Shaqiri, puisque c'est de lui dont il s'agit, est un excellent footballeur avec les cuisses d'un pistard, les mollets de Roberto Carlos et les trapèzes de Dwayne Johnson. La nouvelle recrue de l'OL, qui pourrait faire ses grands débuts face à Strasbourg ce dimanche (20h45) dans le cadre de la cinquième journée de Ligue 1, est une sorte d'OVNI.
Déjà peu communes pour un joueur de foot, ses mensurations et sa musculature, massive, ne sont surtout pas celle que l'on imagine pour un élément évoluant à son poste, c'est-à-dire un ailier. Il y avait eu Hulk, le Brésilien révélé à Porto, ou encore Adama Traoré, l'Espagnol évoluant à Wolverhampton. Mais le premier mesure dix centimètres de plus que l'international suisse et le second, huit. Des différences qui, à ce niveau, sont tout sauf négligeables.
Ligue 1
Lyon confirme son rebond
HIER À 20:52
Pourtant, cela n'a pas empêché le joueur né à Zhegër de se révéler grâce à son talent mais aussi sa vitesse et sa vivacité, à Bâle. De quoi tordre le cou à certains préceptes. Qui ne pourraient être que des idées reçues, selon l'ancien préparateur physique de l'OL, Paolo Rongoni : "La réflexion selon laquelle on devient lent en faisant de la muscu est complètement périmée, nous explique-t-il. Aujourd'hui, ça correspond à la vision d'un sportif de bar. À ceux qui pensent ça, il faudrait demander pourquoi les plus grands sprinteurs font de la muscu du matin au soir. Et leur expliquer que la puissance et la vitesse sont directement liées à la force. Avoir une musculature développée, ça aide à être fort et explosif. Et dans le football moderne, c'est quelque chose de plutôt positif."

Un atout... mais aussi un défaut ?

Couplée à une technique fine et un vrai sens du jeu, cette puissance musculaire, qu'il aurait développée grâce à un attrait pour les sauts durant sa jeunesse, lui a permis de devenir l'un des meilleurs joueurs de l'histoire de la sélection suisse. Mais peut-être a-t-elle été, aussi, un frein à son épanouissement en club.

Le Brésil injuste avec Neymar ? "S’il veut être respecté, il doit gagner la Coupe du monde"

Passé par le Bayern Munich, l'Inter ou encore Liverpool, le joueur de 29 ans n'est jamais parvenu à s'imposer durablement parmi ces références européennes. L'une des causes ? Les blessures à répétition. Il en a eu une quinzaine depuis le début de sa carrière au très haut niveau. Cinq ont directement touché ses mollets. La plupart des autres ont affecté ses cuisses.
À Liverpool, ces lésions l'ont éloigné de... quarante matches des Reds. L'équivalent de près d'une saison. Jürgen Klopp, qui appréciait franchement son profil, avait fini par se lasser. "Il est un joueur très spécial dans différents compartiments, avait-il dit en 2020. Son physique est différent de tous ceux que j'ai vus jusqu'à présent. Ses muscles sont incroyables. Il n'a jamais eu de blessure vraiment importante mais cela a toujours suffi à le faire sortir de manière durable. Je pense que c'est frustrant pour lui. Et pas bon pour nous."
La blessure est toujours le fruit d'un déséquilibre
À force, le club de la Mersey avait fini par se lasser. "Nous travaillons à le remettre sur pied, avait renchéri Klopp à la même époque. Nous ne voulons pas répéter des situations où cela se produit constamment mais jusqu'à présent, nous n'avons pas trouvé la solution qui fonctionne à 100%." Les Reds ne l'ont donc pas retenu, acceptant de céder le joueur pour un montant très inférieur à celui qu'ils avaient déboursé pour l'arracher à Stoke City en 2018, environ 15 millions d'euros.

Navas-Donnarumma : Un poison pour le PSG, les gardiens et Pochettino

Au vu de ce passif, faut-il s'inquiéter pour l'OL ? "Si Shaqiri a de telles qualités du point de vue de la force et de la musculature, c'est peut-être qu'il a des défauts dans d'autres domaines, et que ce sont ces défauts qui causent les blessures, analyse Paolo Rongoni. La blessure est toujours le fruit d'un déséquilibre. C'est peut-être lié à sa façon de travailler également. Mais je ne m'inquiète pas pour son passage à Lyon. Le club a un excellent staff médical qui a traité des cas relativement compliqués. Ils ont réussi à trouver des solutions pour remettre en jambes des joueurs souvent blessés." Au staff de l'OL donc de faire des miracles. Pour que Shaqiri ne soit plus seulement l'un des très bons coups du mercato sur le papier. Mais aussi sur le terrain.
Ligue 1
La patte Bosz : comment l’OL a redéfini son milieu
21/09/2021 À 21:46
Ligue 1
Du jamais vu depuis… 2010 : Messi, l'homme qu’on ne remplace presque jamais
20/09/2021 À 15:18