Un destin singulier pour un joueur atypique. Islam Slimani n’a pas la finesse technique des esthètes du football, il n’a plus le sens du but des meilleurs renards de surfaces, il n’a pas la vivacité des flèches modernes ni la régularité des machines les plus implacables d’Europe. Et pourtant, son CV aurait de quoi rendre jaloux beaucoup d’attaquants de L1. A 33 ans, Slimani atterrit en janvier dernier à Lyon, pour une ultime pirouette inattendue.
Huit mois - et seulement cinq buts - plus tard, l’Algérien se retrouve face à un défi dont l’OL se serait bien passé : remplacer le scoreur Moussa Dembélé au profil si éloigné du sien. Touché au péroné, le Français va manquer plusieurs semaines de compétition et laisse le champ libre à ses "concurrents". Problème : ils sont rares. Tino Kadewere blessé, Karl Toko Ekambi plus utilisé comme ailier, Peter Bosz n’a guère le choix. Foi en Islam et sa capacité à assumer la charge de finisseur. Pourtant, face à Lorient, il va utiliser l'international algérien en sortie de banc, laissant la place à Toko Ekambi en pointe.
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"Dans notre système, l'avant-centre court beaucoup, avec ou sans le ballon, a résumé le coach lyonnais à l’évocation de l’importance de Dembélé. Avec Moussa et Islam, on a deux bons attaquants. On va voir comment on fait, on va trouver une solution. Moussa c'est notre meilleur buteur jusqu'ici, il compte beaucoup pour l'équipe".

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Bosz, meilleure chance de le rendre utile

S’il est moins visible sur le tableau d’affichage, l’apport de Slimani n’en est pas forcément moins précieux, surtout depuis l’arrivée de Peter Bosz et la nouvelle donne tactique. Car l’Algérien donne sans compter et presse sans s’économiser. Au Celtic Park, au Parc des Princes et face à Troyes, le même constat : le numéro 20 lyonnais aura été précieux dans son travail de l’ombre, entre mobilisation de l’axe central adverse et courses effrénées pour gêner la relance adverse.
"Ce que je préfère avec le nouveau coach ? Le pressing, a-t-il répondu du tac au tac en conférence de presse vendredi. Car il demande de presser tout le temps, ce sont mes qualités. Quand on a le ballon, l'équipe s'appuie sur moi et j'aime ça. On a changé notre style avec ces pressings, notre manière de préparer nos matches. C'est même totalement différent. On a plus de possibilités que l'an passé mais chaque entraîneur a son style. Ce style nous convient bien".
"Islam peut très bien garder le ballon comme sur le but qu'on a marqué contre Paris, lui a répondu son coach. C'est un joueur intelligent avec beaucoup d'expérience, il peut marquer des buts aussi, c'est important pour un avant-centre. Ce ne sont pas les mêmes caractéristiques que Moussa, mais la philosophie de jeu reste la même, offensive".

Islam Slimani (Lyon) dans la défense de Troyes

Crédit: Getty Images

Se défaire du rôle de second attaquant

Pour autant, l’hommage de son coach cache une inquiétude palpable. Dans son schéma de jeu, Dembélé était l’homme en bout de chaîne, le tueur au sang-froid. Tout ce que n’est plus Slimani depuis un bon bout de temps. Le goleador du Sporting s’est reconverti, et épanoui, dans un rôle de second attaquant qui sied à merveille à ses qualités, un peu moins aux besoins actuels de l’OL. A Monaco, c’est dans le rôle de passeur qu’il avait fait scintiller Wissam Ben Yedder à ses côtés. Depuis son arrivée dans le Rhône, c’est avec le costume de supersub qu’il a su débloquer des situations.
Alors, Slimani a-t-il l’étoffe d’un 9 égoïste qui n’aura que l'obsession du but en tête ? Face à cette question, il n’a pas semblé surpris. "C'est normal, un attaquant veut toujours marquer mais je suis un joueur d'équipe, a-t-il détaillé. Que je marque ou que je fasse marquer, ça m'est égal. Le plus important, c'est l'équipe. Je préfère presser, récupérer et qu'un autre marque plutôt que de perdre un match".
Entre un Houssem Aouar encore maladroit dans le dernier geste, la preuve étant son match face à Troyes (3-1), un Lucas Paqueta qui ne pourra décemment pas garder ce rythme toute l’année, un KTE en mode alternatif face au but et un Shaqiri qui cherche encore sa carburation optimale, l’OL aurait pourtant bien besoin d’un buteur racé, indépendant et plus économe en courses mais moins avare en pions. Voilà la tâche de l’Algérien. Se défaire d’une réputation qui n’est plus à faire pour se réinventer, encore, à 33 ans. Il paraît que les fennecs sont des chasseurs rusés, habiles, qui ratent rarement leur proie. A Slimani d’en faire la démonstration désormais.

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