Le métier d'entraîneur est loin d'être de tout repos. C'est peut-être encore plus vrai pour celui qui occupe le banc du PSG. Un club qui nourrit les plus hautes ambitions avec des moyens exceptionnels. En poste depuis un peu plus d'un an, Mauricio Pochettino a pu se rendre compte du phénomène. Si sa formation est solidement installée en tête du classement de Ligue 1, elle essuie une vague importante de critiques à chacune de ses sorties, ou presque. Ce paradoxe n'est pas une nouveauté. De Carlo Ancelotti à Thomas Tuchel en passant par Unai Emery et Laurent Blanc, tous les prédécesseurs de l'Argentin qui ont duré au moins un an sous l'ère QSI y ont été confrontés.
L'exigence peut sembler démesurée quand il est question du PSG. Elle concerne autant les résultats que la manière. Pour faire dans la caricature, ce club est censé gagner tous ses matches en proposant le jeu le plus attractif. C'est le défi de Pochettino, comme celui de tous les entraîneurs passés à Paris avant lui sous l'ère QSI. Mais l'Argentin est probablement celui qui suscite le plus d'attentes tant son effectif semble encore supérieur à ce que le club de la capitale a connu jusqu'ici. Pourtant, son PSG est peut-être le pire depuis l'arrivée du propriétaire qatari. A tous les niveaux.
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03/01/2022 À 22:02

Bilan comptable

  • 1. Unai Emery
    2,42 points / match
    2,74 buts marqués / match
    0,81 buts encaissés / match
D'un point de vue purement statistique, c'est bien sous la direction de l'Espagnol que le PSG a été le plus performant. Toutes compétitions confondues, Emery affiche la meilleure moyenne de points pour un entraîneur parisien sous l'ère QSI, et partage la meilleure moyenne de buts marqués avec Thomas Tuchel. Cela peut paraître paradoxal pour un coach qui avait abandonné le titre de champion à Monaco en 2017 et qui n'a jamais dépassé le stade des 8es de finale de la Ligue des champions avec Paris. Les données purement chiffrées le placent en tête des entraîneurs sous l'ère QSI, mais pas son bilan en Ligue 1 et en C1.

Unai Emery sur le banc du PSG - 2017

Crédit: Panoramic

  • 2. Laurent Blanc
    2,36 points / match
    2,26 buts marqués / match
    0,73 but encaissé / match
Le bilan comptable du Président assez proche de ceux d'Emery et de Thomas Tuchel. S'il faut voir des différences marquantes avec l'Espagnol et l'Allemand, c'est sur la moyenne de buts marqués, inférieure sous la direction du Français, et celle des buts encaissés, la meilleure pour entraîneur sous l'ère QSI. L'ancien sélectionneur des Bleus a, surtout, quasiment fait main basse sur tous les titres domestiques possibles à Paris. Seule la Coupe de France 2014 lui a échappé. Blanc a par ailleurs systématiquement qualifié le PSG pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Mais il n'a jamais dépassé ce stade.
  • 3. Thomas Tuchel
    2,35 points / match
    2,74 buts marqués / match
    0,9 but encaissé / match
Le bilan du technicien allemand est très légèrement inférieur à ceux d'Emery et Blanc sur la moyenne de points par match, mais son cas illustre parfaitement la limite des chiffres. Car Tuchel est celui qui a réussi la saison la plus aboutie parmi les entraîneurs du PSG sous l'ère QSI en 2020, en atteignant la finale de la Ligue des champions, une première dans l'histoire du club, après avoir remporté le titre de champion de France, la Coupe de France et la Coupe de la Ligue. Passé à un match de la saison parfaite, Tuchel avait cependant connu une première année plus délicate malgré le titre, avec une élimination en 8e de finale de C1 et une défaite en finale de la Coupe de France.

Thomas Tuchel lors de PSG-Leipzig en Ligue des champions.

Crédit: Getty Images

  • 4. Mauricio Pochettino
    2,21 points / match
    2,22 buts marqués / match
    0,98 but encaissé / match
Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose pour plaider en faveur de l'Argentin. Seul Carlo Ancelotti fait moins bien que lui à la moyenne de points et de buts inscrits par match, et c'est sous sa direction que Paris enregistre sa moyenne la plus élevée de buts concédés par match. La perte du titre au profit de Lille la saison passée ternit encore un peu plus son bilan. Mais il est rehaussé par la qualification pour les demi-finales de la Ligue des champions au printemps dernier, après avoir éliminé le Barça et le Bayern, et sa première place actuelle en L1. En attendant les prochains mois qui définiront la réussite, ou non, de son parcours au PSG s'il devait partir l'été prochain.
  • 5. Carlo Ancelotti
    2,13 points / match
    2,03 buts marqués / match
    0,94 but encaissé / match
C'est totalement logique de retrouver l'Italien à la dernière place sur le bilan statistique des entraîneurs parisiens sous l'ère QSI. Le PSG était un vaste chantier quand il a été nommé pour remplacer Antoine Kombouaré en janvier 2012. L'actuel entraîneur du Real Madrid ne disposait pas de la qualité et de la profondeur d'effectif de ses successeurs. Il a d'ailleurs apporté une nette contribution à leur réussite en haussant le niveau d'exigence et de professionnalisation d'un club qui partait de (très) loin dans ces deux domaines. Ce qui ne l'a pas empêché d'être champion et quart de finaliste de la C1 pour sa seule saison pleine au club, en 2012-13.

Expression collective

  • 1. Laurent Blanc
C'est sous sa direction que le PSG a eu un style vraiment marqué. Un jeu de possession incarné par le trio Motta-Verratti-Matuidi dans l'entrejeu, qui garantissait à la fois la maîtrise du ballon et la solidité défensive du club de la capitale. Un schéma de jeu parfaitement clair dans un système immuable en 4-3-3 que l'entraîneur français a manifestement eu tort d'abandonner pour le quart de finale retour de Ligue des champions face à Manchester City en 2016. L'ère Blanc n'en reste pas moins celle où les succès du PSG reposaient aussi sur sa supériorité collective, au-delà de la qualité de ses individualités.

Laurent Blanc lors de PSG - Chelsea - 2016

Crédit: Panoramic

  • 2. Thomas Tuchel
Comme Blanc, Tuchel a une philosophie de jeu très marquée, même si elle différente de celle du Français. L'Allemand a tenté de mettre en place son fameux contre-pressing à Paris malgré les contraintes, notamment d'attaquants pas suffisamment concernés par le travail défensif et le déséquilibre d'un effectif dépeuplé au milieu de terrain. Pour cela, il a dû jongler avec les différents systèmes et le profil des hommes, alignant souvent un 4-4-2 pour mettre en valeur ses individualités offensives et replaçant Marquinhos au milieu pour équilibrer son équipe. Tuchel n'a pas vraiment été en mesure d'aller au bout de ses idées, mais son PSG dégageait quand même une identité de jeu.
  • 3. Carlo Ancelotti
L'Italien est dans un registre totalement différent de Blanc et Tuchel, beaucoup plus pragmatique. Ce style de jeu peut paraître plus facile à mettre en place mais le chantier de l'Italien était finalement bien plus vaste que celui de ses successeurs. Après avoir légitimement tâtonné, il a finalement réussi dans son entreprise sur la deuxième moitié de la saison 2012-13, avec en point d'orgue le quart de finale retour de Ligue des champions à Barcelone (1-1), où Paris a rivalisé dans le jeu avec l'une des références du moment malgré son élimination, due essentiellement à son manque de réalisme.

Carlo Ancelotti PSG 2012-2013

Crédit: AFP

  • 4. Unai Emery
L'Espagnol avait des intentions, mais il les a fait passer au second plan après une première saison marquée par la perte du titre au profit de Monaco en Ligue 1, et le cataclysme vécu à Barcelone en 8e de finale retour de la Ligue des champions. Avec les arrivées de Neymar et Kylian Mbappé les saisons suivantes, il a surtout cherché à mettre en place un système pour valoriser le trio formé par le Brésilien, le Français et Edinson Cavani plutôt que d'imposer la philosophie de jeu qui avait fait son succès à Séville. Emery a ainsi davantage "subi" son effectif qu'il n'a agi dessus.
  • 5. Mauricio Pochettino
L'Argentin est en place depuis un an mais son PSG est toujours aussi illisible. C'est d'autant plus flagrant que Pochettino s'était imposé en Premier League par le style de jeu qu'il avait su donner à Southampton puis à Tottenham. Pour l'instant, il n'y arrive pas à Paris. De toutes les équipes de l'ère QSI, la sienne est la plus brouillonne dans les sorties de balles, la plus en difficulté pour résister au pressing adverse, la moins cohérente dans le positionnement des joueurs pour quadriller le terrain et la plus dépendante de ses individualités. C'est quasiment un néant collectif avec le meilleur effectif de l'ère qatari. Mais au moins, son PSG ne peut que progresser…

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