Le jeu : une attaque-défense

Mené au score après un coup de tête de Botman (15e), en supériorité numérique dès la demi-heure de jeu après l'exclusion d'André (32e), l'Olympique de Marseille a été conforté dans sa position habituelle : celle de l'équipe qui a le ballon. Peut-être un peu trop. Car le jeu phocéen a cruellement manqué de rythme pour faire (complètement) craquer des Dogues qui ont nettement reculé après la pause, jusqu'à ne presque plus ressortir aucun ballon. Le danger est presque systématiquement de phases arrêtées et c'est sur un corner rapidement joué par Payet qu'Ünder a égalisé d'une belle frappe enroulée.
En face, Lille, très solide, a raté la balle de break à 11 contre 11, puis a fait ce qu'il a pu pour piquer en contres. Mais Yilmaz a comme souvent manqué de rigueur dans ses appels, étant trop souvent pris au piège du hors-jeu (26 depuis le début de saison), quand ce ne sont pas ses coéquipiers qui ont trop tardé à le servir.
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Les joueurs : Ünder a aussi un pied droit, Sanches décisif puis soldat

Actif à droite en première période, Cengiz Ünder a d'abord souffert de son repositionnement à gauche au retour des vestiaires, mais a finalement trouvé la faille d'une frappe enroulée… du droit, son mauvais pied. Devant lui, Arkadiusz Milik a traversé le match comme un fantôme ou presque, alors que Dimitri Payet a gagné en influence lorsqu'il s'est rapproché de l'axe après la pause. William Saliba, lui, a été coupable de complètement lâcher le marquage sur le but de Botman.

Cengiz Under

Crédit: Getty Images

En face, la défense nordiste a mis corps et âme pour défendre sa surface avec brio suite à l'expulsion évitable de Benjamin André. Renato Sanches était parti sur de très belles bases avant de se réaxer suite au second carton jaune de son coéquipier – non sans poursuivre ses nombreux efforts, puisqu'il a bouclé son match avec 11km parcours - alors que Jonathan David s'est sacrifié en défendant à droite.

Le facteur X : André a tout gâché

Un carton jaune pour contestation. Puis, deux minutes plus tard, un second pour une intervention en retard. En quelques secondes, Benjamin André a perdu le fil, alors qu'il était prévenu : Amaury Delerue avait averti Mattéo Guendouzi après seulement quatre minutes pour contestation. Le milieu des Dogues a ainsi non seulement plombé les siens, condamnés à défendre pendant une heure, mais en plus la rencontre, qui était partie sur des bases très intéressantes. Le club nordiste n'était clairement pas venu, à l'origine, pour défendre toute la rencontre, passant même tout proche de faire le break dès la 22e minute, sur une tête de Yilmaz à bout portant repoussée par Pau Lopez.

Benjamin André exclu contre l'OM

Crédit: Getty Images

La stat : 1/6

Troisième de Ligue 1 à deux points de Nice, le tout avec un match de retard, Marseille n'a pas à s'inquiéter – pour le moment – dans la course à la Ligue des champions. Mais le club phocéen va devoir se réveiller à domicile, où il ne présente que le 9e bilan du championnat. La formation de Jorge Sampaoli ne s'est imposée qu'à une reprise sur ses six derniers matches au stade Vélodrome.

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77% de possession de balle, 22 tirs à 5, 15 corners à 2… La feuille statistique de ce Marseille – Lille est sans appel. Du moins, si l'on saute la ligne des buts, celle sur laquelle s'affiche 1-1. A 11 contre 10 pendant une heure, l'Olympique de Marseille a quelque peu manqué de réalisme. Mais ce n'est même pas le principal problème phocéen de ce dimanche. Après tout, ne marquer qu'une fois en six tirs cadrés n'a rien de dramatique. En fait, Marseille a eu un principal tort : celui de trop ronronner.

L'OM pousse face à Lille

Crédit: Getty Images

Si le LOSC a continué d'exister jusqu'à la pause, il a totalement abandonné le ballon à son adversaire au retour des vestiaires. Dès lors, la formation de Jorge Sampaoli a eu tout le loisir d'apporter d'innombrables ballons devant le but, en passant beaucoup par les côtés. Mais elle ne l'a pas fait en imprimant le tempo d'une formation qui cherche à renverser une situation. Les Phocéens ont trop rarement changé de rythme, trop rarement trouvé des passes verticales, des décalages très nets. Trop peu trouvé Milik, aussi. Pour, à l'arrivée, se reposer sur les phases arrêtées, sur l'égalisation comme sur une majeure partie de leurs occasions franches.
En résumé, l'OM a manqué de folie. Un constat de l'instant dû au scénario d'un match particulier ? Loin de là. D'abord, manquer de tranchant en supériorité numérique lui est déjà arrivé, rappelez-vous contre Paris. Ensuite, le troisième de Ligue 1 n'est, de manière générale, pas habitué à emballer significativement ses matches, préférant une possession lente à des transitions rapides. Ce n'est pas pour rien qu'il a déjà remporté cinq matches par un but d'écart cette saison. Mais aussi, quand cela ne veut pas tourner, qu'il a déjà perdu 16 points au Vélodrome.
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