Depuis quelques mois, la Ligue 1 est devenue le réceptacle d'entraîneurs ambitieux dans le jeu mais aussi le carrefour de coaches étrangers qui aiment quand leurs équipes penchent vers l'avant. Ce dimanche, deux d'entre eux s'affrontent dans l'une des plus grosses affiches de l'année. L'OM et l'OL ont confié leur destin à des influences venues d'Argentine et des Pays-Bas mais qui parlent, a priori, le même langage. "Sampaoli, j’adore, c’est vraiment spécial ce qu’il propose", confiait Peter Bosz dans les colonnes de L'Equipe. Il va le retrouver pour un match qui déterminera un peu de leur avenir.
Les deux hommes se réclament de la même chapelle, celle de Johann Cruyff et Pep Guardiola, construite autour du pressing et de la sacro-sainte possession. "Il n'y a pas que Johan Cruyff et Pep Guardiola, prévenait Bosz sur Canal Plus dans un nouvel hommage au coach de l'OM. J'ai également été inspiré par Jorge Sampaoli, notamment lorsqu'il était au Chili. Je regardais les matches et c'était très intéressant à voir." Avant leur affrontement, où en sont-ils dans leur projet, alors que leurs clubs visent la même chose : le podium ?
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Déséquilibre vs pragmatisme de circonstance

En quatre mois, Peter Bosz est confronté à un problème majeur : l'équilibre de son équipe. Un problème déjà aperçu lors de la campagne de matches amicaux et qui a trouvé son prolongement dans un début de saison moyen au vu des standards de l'OL. Huitième au classement de Ligue 1, Lyon est encore loin de ses ambitions de podium, la faute à une défense transpercée de toutes parts. Lyon n'avait plus encaissé autant de buts en 13 journées (21) depuis près de quarante ans et aucun club du top 5 européen n'a subi autant de tirs (81) que les Gones.
Sans un excellent Anthony Lopes, la facture serait plus salée encore pour le coach néerlandais et la claque reçue à Rennes (4-1) symbolise l'égarement d'un collectif qui manque encore de solidarité pour appliquer les principes de sa nouvelle tête pensante (pressing très haut). Mais, pour le moment, Bosz, qui a la confiance de ses hommes et de sa direction, veut garder le cap coûte que coûte. "Cela fait partie de notre volonté d'installer une autre façon de jouer. Cela demande du temps, je ne sais pas combien", a-t-il simplement jugé. Pas question de mettre de l'eau dans son vin.

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Ce n'est pas toujours faire du beau jeu pour faire du beau jeu
Disciple de Bielsa, Sampaoli se veut résolument plus pragmatique depuis quelques semaines. Débarqué à l'OM en février, l'ancien sélectionneur du Chili a eu le temps de s'adapter aux exigences et aux spécificités de la Ligue 1. Marseille est beaucoup plus solide que Lyon, plus structuré et encaisse quasiment deux fois moins de buts (12). Plus rationnel et pas si "loco" ? L'équipe de Sampaoli, depuis le début de son mandat, traverse des séquences très distinctes. Il faut se souvenir des bribes de football total entrevues face à Montpellier (3-2), Lens (2-3) et Monaco (2-0).
Mais, aujourd'hui, Sampaoli est confronté au manque de réalisme de ses attaquants et à une animation qu'il faut repenser avec le retour de Milik. Son pragmatisme, et son retour à la rigueur après un début de saison un peu fou, semble lui être imposé aujourd'hui par les circonstances. L'OM a moins d'occasions, prend moins de risque avec des milieux qui compensent sur les côtés. "Ce n'est pas toujours faire du beau jeu pour faire du beau jeu, parfois, les victoires à l'arrache font du bien, concédait Saliba après la victoire poussive à Clermont (0-1). Il y a de la fatigue, on a enchaîné beaucoup de matches."

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L'état de grâce, jusqu'à quand ?

Accueillis en héros, Bosz et Sampaoli constatent aujourd'hui que leur état de grâce ne sera pas éternel. D'abord parce que ni l'un ni l'autre ne sont pour le moment dans les clous des objectifs de début de saison (le podium) après un début d'exercice irrégulier. Le Vélodrome se rend bien compte depuis quelques semaines que Sampaoli est bien moins dogmatique de Bielsa. Sa popularité reste grande mais les dernières semaines ont commencé à l'écorner.
Même chose pour Bosz. Après un Bruno Génésio qui a dû affronter la fronde du Groupama Stadium, un Sylvinho jamais au niveau et un Rudi Garcia jamais adopté, le Néerlandais est apparu comme le Messie. L'humiliation subie face au Stade Rennais (… de Génésio) a fragilisé le projet. C'est dire si cette confrontation face au grand ennemi des dix dernières années va valoir cher pour l'un comme pour l'autre. Car le contraste entre les attentes et les résultats ne pourra pas durer éternellement.
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